‹ Le livre des jeunes fillesChapitre 47 sur 56 · LA C031TESSE DE ROCHEBRLNE A MADAME DE MIZERAY · texte numérisé non relu

LA C031TESSE DE ROCHEBRLNE A MADAME DE MIZERAY

Rochebrune.

Oh! ma chère, quelle objection me faites-vous là ? Vous serez différente, il est vrai, des châtelaines que vous rencontrerez ici ; mais cette différence même fera votre succès. Et quant au comte, il est digne de vous apprécier tous les trois, si le monde qu il voit n'a pas dénaturé ses sentiments. Pensez donc que votre présence m'aiderait à passer sans tiraillements, sans récriminations, de ma vie actuelle à celle que je veux mener désormais. Ne sera-ce pas pour vous fêter que j'aurai invité du monde? chose qui semblera toute naturelle à M. de Rochebrune que votre présence rendra plus assidu chez lui.

A bienlôt donc, mon ange sauveur,

Bertrade.

Amenez-moi Mme Vernet : je Taccepte les yeux iermés.

MADAME VERNET A MADAME DU RINCEAU

Paris.

Ma chère tante,

J'ai glorieusement subi mon examen, grâce à la bonne direction que mon oncle a donnée à mes études, et me voici munie d'un diplôme en même temps que d'un emploi d'institutrice; car, bien que j'aie maintenant le droit d'ouvrir un pensionnat de hautes études, je suis trop jeune pour diriger une telle maison.

Eve me place dans une opulente famille pour y faire l'éducation d'une petite fille de sept ans, je crois. Je tremble à l'idée d'une telle responsabilité. J'aurai plus d'une fois recours à vos bons avis> chère tante, pour me diriger dans la carrière scabreuse où je vais m'engager.

Mon oncle a placé les débris de notre chétif avoir dans une excellente entreprise, et nous engage à n'y pas toucher, certain que ce petit capital nous

' assurera une honnête indépendance pour nos vieux jours.

Vous répondrez à mes lettres, n'est-ce pas, ma bonne tante ? Jamais je n'eus plus besoin de vos lumières.

Votre nièce respectueuse et affectionnée, Georgine Vernet.

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