V. — Objets divers et de toilette
Nous terminerons ce chapitre par Ténumération de divers objets dont on aura certainement besoin, soit le jour même de l' accouchement, soit un peu plus tard, et que nous engageons vivement à se procurer à Tavance. Rien n'est plus désagréable que de se trouver pris au dépourvu ; si l'on habite la ville, le mal n'est pas très grand, parce qu'on peut facilement réparer l'oubli; à la campagne, la chose pourrait avoir plus d'inconvénient.
Deux éponges sont nécessaires : une très fine pour la figure, une autre plus grosse pour le reste du corps. Il faut aussi une brosse de chiendent, ayant un côté dur et un côté mou ; une boîte contenant de la poudre d'amidon avec une petite houppe pour ia répandre.
On devra auss^ avoir un tablier d'une étoffe imperméable ou de caoutchouc, pour placer sous une couche, sur les genoux de la personne qui fait la toilette de l'enfant ou sur ceux de la mère, lorsqu'elle donne à téter. Nous engageons à ne rechercher aucune économie dans cette acquisition ; un bon tablier peut durer tout un allaitement ; un mauvais dure huit jours. Tl faut, si on le prend au mètre, le border avec soin tout autour; sans cette précaution, il se déchirerait promptement.
Le petit colUer qu'on met aux enfants, sans réelle
utilité, pour éviter le contact des chairs dans les plis que forme leur embonpoint, peut être en perles d'ambre ou de corail, ou tout simplement en os ou en ivoire. Il est ridicule de lui attribuer la vertu d'un préservatif contre les convulsions.
on se procurera un petit bassin en zinc (fig. 28) ; à son défaut, la cuvette d'un bidet suffirait pour les
Fig. 29. — Baignoire.
premiers jours. Plus tard, il faudra avoir une petite baignoire (fig. 29), également en zinc.
Pour la toilette de l'accouchée, il est indispensable de proscrire 'rigoureusement l'usage des vases m porcelaine, sujt;Cs à se casser et pouvant causer
à la mère des blessures graves. On trouve dans le commerce des vases en étain très plats (fig. 30), allongés et à rebords assez larges. Sur la moitié du pourtour, un certain nombre de petits trous permettent d'j fixer un coussin en varech ou en crin ordinaire, recouvert de cuir ou de moleskine. Ces vases coûtent assez cher, mais c'est une dépense qui nous parait absolument nécessaire. Les soL.s de propreté sont si indispensables, et doivent être si souvent répétés, que les chances d'accident sont nombreuses ; et comme la situation même de l'accouchée rendrait
Fig. 3l) . — Vase de toilette en étain.
difficile le traitement des blessures qui pourraient en résulter, il faut éviter ces blessures à tout prix.
Pour sécher les langes mouillés par l'enfant, car il est réellement impossible de ne pas en faire séchbr, et il en est de même des couches quand elles n'ont été qur légèrement mouillées, un séchoir est utile. On en fait de plusieurs sortes ; la figure 31 représente l'un des modèles les plus usités; tous d'ailleurs se trouvent chez tous les marchands de meubles.
Les paniers à -îhauffer le linge (fig. 32) rendront des services ; ils sont en paille roulée et reliée par de petites lanières de châtaignier, comme on fait
les ruches ; ils n'ont pas de fond, et sont renflés vers le haut, qui est fermé par un couvercle ; celui-ci ne tient pas au panier, il s'ajuste seulement sur le dessus. Au milieu du renflement, à la partie A, se trouve un grillage intérieur en bois sur lequel on dépose les objets à chauffer, après l'avoir garni toutefois d'un mauvais morceau de linge dont le sort est de roussir. On pose par terre un petit fourneau
Fig. 31. — Séchoir.
de charbon allumé, et le panier par dessus ; comme le panier est sans fond, le fourneau n'y touche d'aucune part. Son tissu étant épais et très serré, il conserve parfaitement la chaleur.
Les fourneaux qui conviennent le mieux sont de petits fourneaux en fer, semblables à ceux sur lesquels on brûle le café; comme ils ont une porte, on peut modérer le feu à volonté.
Nous engageons les femmes qui nourrissent à <ïonserver une veilleuse allumée pendant la nuit, tant
que les enfants sont très jeunes ; cela est peu coûteux et facilite beaucoup les soins que demande un
Big. 32. — Panier pour laire chauffer le linge.
enfant. La figure 33 donne le modèle le plus ordinaire et en même tempsle plus commode.
Fig. 33. — Veilleuse.
La veilleuse porte un vase dans lequel on entretient de l'eau chaude ; l'eau conserve ainsi très bien sa chaleur, et peut servir à faire chauffer au
bain-marie, dans une timbale, des boissons pour la mère ou pour l'enfant. Cette veilleuse, posée sur la table de nuit, permet à la maman de prendre la timbale sans dérangement.
Enfin, pendant Fallaitement, une mère a souvent besoin de faire chauffer rapidement un peu d'eau, un peu de lait, alors qu'il n'y a aucun feu allumé : il est utile d'avoir une bonne lampe à esprit-de-vin et un trépied sur lequel on peut poser une casserole. Il faudra prendre garde de ne jamais remplir la lampe à esprit-de-vin près d'une bougie allumée. Nous avons connu de graves accidents, dus à l'oubli de cette précaution: si Ton s'approche d'une lumière pour verser l'alcool dans la lampe, l'alcool peut s'enflammer, la bouteille et la lampe éclater ; il en résulte des brûlures toujours dangereuses.