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CHAPITRE III

La manière dont se passe un accouchement n'a rien qui doive effaroucher la pudeur d'une jeune femme. Il faut donc rejeter bien loin ces craintes et ces timidités dont quelques jeunes femmes ont peine à se défendre, à la fin do leur première grossesse, et qui sont cependanl bien déplacées en de pareils moments.

Il ne faut pas non plus qu'une jeune femme s'effraje de son accouchement ; sans doute, ce moment est pénible, douloureux, mais c'est une épreuve naturelle, et presque toutes les femmes la subissent sans accident. Quelques heures de souffrances sont bientôt passées; les douleurs cessent au moment même où l'enfant naît,' et s'oublient dès lors avec une bienheureuse facilité.

Une jeune femme doit penser qu'en devenant mère, elle acquiert un titre de plus à la tendresse de son mari, un droit à la considération des hommes, et qu'elle se prépare une source intarissable de jouissances qui lui étaient inconnues. L'impression de bonheur qu'elle éprouvera au premier cri de son enfant est inexprimable, comme celle qu'elle a déjà éprouvée la première fois qu'elle l'a senti remuer en elle.

Les avant-coureurs de la délivrance.

Lorsqu'une femme sent les avant-coureurs de la délivrance, il convient de faire préparer à Finstant tout ce qui est nécessaire pour elle et pour son enfant.

Nous avons d'ailleurs une observation à faire à ce sujet. Ordinairement, pour une première couche, la jeune femme commence à ressentir de petites douleurs (qu'on appelle vulgairement des mouches) plusieurs jours avant la délivranca. Ce sont de petits frissons quelquefois assez douloureux, mais de courte durée, et ne ressemblant en rien aux véritables douleurs de l'accouchement. Si nous en parlons ici, c'est simplement pour rassurer la jeune femme, qui souvent, si elle n'est pas prévenue, craint d'accoucher aux premiers frissons qu'elle ressent. Qu'elle sache qu'elle ne sera pas ainsi prise à l'improviste et qu'elle a tout le temps, surtout pour une première couche, de faire tout à loisir ses préparatifs.

Il n'en est pas de même de la seconde ou de la troisième couche. Les véritables douleurs viennent assez vite, quelquefois sans avant- coureur, et comme la délivrance est alors souvent très prompte, il faut se tenir sur ses gardes.

Disposition des lits.

H faut disposer d'une façon toute spéciale le lit sur lequel l'accouchement doit avoir lieu, et celui

qui est destiné à recevoir raccoucliée après sa délivrance.

Il n'est pas nécessaire d'ailleurs d'avoir deux lits à sa disposition ; si l'on n'a qu'un seul lit, ou si l'on veut épargner à la mère la fatigue d'un changement de lit, il faudra préparer un lit tout à la fois pour l'accouchement lui-même, et pour le repos de Taccouchée.

Nous indiquerons les dispositions spéciales à prendre dans ces deux cas ; elles ont pour but unique la propreté, mais elles sont par cela même très importantes.

Cas où l'on a deux lits.

Le lit le plus convenable pour l'accouchement est un lit de fer garni d'un sommier et d'un matelas. On se sert souvent d'un lit de sangle, mais il a l'inconvénient de ne pas offrir toujours toute la stabilité nécessaire. On peut aussi se servir d'un lit en bois ordinaire, mais il est important que le bois de lit ne dépasse guère, aux pieds, la hauteur de la literie.

On adoptera les dispositions suivantes pour le lit que nous appellerons lit n° 1 :

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