‹ Le livre des jeunes mères [electronic resource]Chapitre 18 sur 61 · LE LITRE DES JEUNES MÈRES · texte numérisé non relu

LE LITRE DES JEUNES MÈRES

sache bien que ce préjugé ne repose sur rien de sérieux et écartons-le absolument.

Est-il nécessaire de dire que les vêtements, pendant la grossesse, doivent être assez larges pour ne pas gêner le développement du ventre ? A cet égard, il n*y a pas de conseil à donner à la femme de la campagne, qui porte généralement des vêtements assez souples, et qui ne serre pas sa taille dans un corset. Aux femmes de la ville, il faut conseiller un corset sans baleines, à élastiques, peu serré, devant soutenir les seins et l'abdomen sans les comprimer.

A mesure que la taille grossit, il devient nécessaire d'élargir la ceinture de la robe. Le meilleur moyen, sans défaire le corsage, est de découdre seulement le dessous du bras et de rapporter de chaque côté une petite bandelette à laquelle on fait des œillets. On lace avec un lacet de la même couleur que la robe ; on fronce la jupe au bas des bandelettes de telle sorte qu'elle s'étend à mesure qu'on serre moins le lacet.

On peut aussi placer un gilet de même étoffe ou d'une étoffe de soie assortie, si la robe est en laine. Ce gilet permet d'élargir autant qu'on le veut le corsage et les basques. Pour la jupe, on place une coulisse par derrière, de façon à pouvoir serrer et desserrer la ceinture à volonté.

La femme enceinte devra se tenir la poitrine couverte, et éviter avec soin les refroidissements.

Tous les soins de propreté sont aussi nécessaires pendant qu'avant la grossesse. Seulement les bains et les ablutions devront être préparés avec de l'eau

dégourdie, ni froide ni trop chaude. Dans les premiers mois, les bains tièdes seront rarement employés, et ne devront avoir qu'une courte durée, 10 à 15 minutes ; on pourra mettre dans Teau du bain un sachet de son, ou 500 grammes d'amidon, ou 200 grammes de carbonate de soude du commerce , sel qui nettoie la peau rapidement. Après le quatrième mois, les bains peuvent être pris plus souvent et, à la fin, ils sont une excellente préparation à une heureuse délivrance. Mais la femme devra être surveillée pendant le bain parce que son état de grossesse la dispose, plus qu'à l'ordinaire , aux syncopes.

Troubles do la santé pendant la grossesse.

La grossesse cause dans tout l'organisme une perturbation dont les effets varient d'une personne à l'autre, et quelquefois aussi chez la même personne d'une grossesse à l'autre.

Au début, on observe souvent des symptômes plus ou moins prononcés d'anémie ou de diminution des globules rouges du sang : d'où la pâleur si fréquente pendant les premiers mois de la grossesse. Les troubles de la digestion [manque d'appétit y nausées, vomissements) j les douleurs de tête, les vertiges, les palpitations de cœur, la constipation et l'amaigrissement accompagnent d'ordinaire cette modification du sang.

Plus tard, du cinquième au huitième mois, quand les troubles digestifs ont cessé, l'appétit revient,

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et la femme enceinte se nourrit plus abondamment qu'à l'ordinaire, la proportion des globules sanguins augmente, la circulation est active, le pouls fort et fréquent, et l'on observe parfois un véritable état de pléthore qui pourrait^ s'il devenait excessif, occasionner des accidents locaux de congestion et d'hémorragie du côté du poumon, du cerveau, et particulièrement de la matrice.

Les troubles des organes digestifs ne sont pour la plupart que des incommodités passagères. Nous ne saurions parler ici des accidents qui, compromettant gravement la santé de la mère et de son enfant, exigent l'intervention d'un médecin. Nous devons nous borner à donner quelques conseils pratiques à propos des indispositions les plus communes et les moins sérieuses.

Les nausées au sortir du lit, le matin à jeun^ peuvent être combattues en ayant la précaution d'avaler une tasse de café, de chocolat, de lait ou de bouillon, une heure ou deux avant de se lever. Si le malaise se produit de nouveau , quelques gorgées d'eau gazeuse ou d'eau glacée auront chance de le faire cesser.

Les vomissements ne commencent ordinairement que vers la fin du premier mois de la grossesse et durent pendant deux, trois ou quatre mois. Il est rare de les A'oir persister plus longtemps. Quelquefois, par leur fréquence et leur durée, ils deviennent une cause d'affaiblissement excessif et appellent l'intervention du médecin. Le plus souvent les vomissements faciles et non douloureux seront

atténués, diminués ou empêchés par l'usage d'une boisson aromatique légère, l'infusion de feuilles d'oranger, de tilleul, de thé, un peu d'eau de mélisse, etc. Mais s'ils se font avec secousses et efforts, s'ils ont lieu après les repas et amènent le rejet des aliments, on se trouvera bien des aliments froids et des boissons glacées, de l'eau de Seltz, du vin mousseux; on peut aussi prendre quelques gouttes d'éther sur du sucre.

La constipation est une incommodité très ordinaire pendant la grossesse. Il convient de la combattre d'abord par les moyens les moins actifs et d'un emploi facile. Si les plus simples, les lavements d'eau tiède, ne suffisent pas, on ne craindra pas de recourir aux légères purgations.

La constipation, en même temps que la pression «xercée sur les vaisseaux internes par la matrice, cause souvent la formation de grosseurs hémorroïdales plus ou moins douloureuses, et la dilatation des veines superficielles des jambes (varices).

Contre les hémorroïdes, il faut faire usage de lavements, de lotions émollientes , de compresses d'eau froide, de suppositoires au beurre de cacao.

Les varices doivent être légèrement maintenues par un bas élastique peu serré. On évitera de rester longtemps debout à la même place , de se couvrir trop chaudement la nuit; on supprimera les corsets serrés et les jarretières. Il est utile que la femme qui a des varices un peu grosses et douloureuses se

couche plusieurs fois dans la journée. Le matin, au réveil, la dilatation des veines est moins considérable, et Tenflure des pieds et des jambes, qui se produit aussi dans la journée, chez certaines femmes enceintes, disparaît pendant la nuit.

Les membres inférieurs peuvent aussi être le siège de crampes très pénibles. Dans ce cas, des frictions immédiates, et le massage pratiqué aussitôt, soulageront beaucoup.

Choix de l'accoucheur ou de la sage-femme.

Une femme enceinte doit faire à l'avance le choix de son accoucheur ou de sa sage-femme, et voir l'un ou l'autre plusieurs fois avant ses couches.

A moins qu'elle n'ait à sa disposition une sagefemme d'un mérite reconnu, nous préférons un accoucheur. Tout d'abord, généralement il a plus de savoir, et il garde au milieu de cette crise naturelle un calme que pourrait ne pas conserver une femme; mais de plus, un accoucheur est aussi médecin, et il peut remédier aux accidents qui réclament les secours de l'art.

Cependant, aujourd'hui, on exige que les sagesfemmes aient toutes les connaissances nécessaires à leur profession; elles font de sérieuses études dans les facultés de médecine, et ne peuvent exercer que lorsqu'elles ont été diplômées. Il y en a même de très capables dans de petites localités, où elles sont retenues par leurs intérêts personnels ou leur famille. Elles ont quelquefois un défaut, que nous ne pou-

vons passer sous silence, mais contre lequel il est facile de se mettre en garde: il arrive que, même dans un cas difficile ou exceptionneU elles hésitent à faire venir le médecin, et courent ainsi le risque d'exposer la mère à des accidents que le savoir plus étendu d'un docteur aurait pu éviter.

Choix de la garde -malade.

Si les soins qu'exigeront, après l'accouchement, la mère et Tenfant, ne peuvent être donnés par une personne de la famille, il faut songer, quand la grossesse est avancée, à s'assurer au moment nécessaire le concours d'une garde.

Nous nous bornerons à appeler l'attention de nos lectrices sur la nécessité de s y prendre à l'avance, et sur l'importance du choix qu'elles feront. Il y aurait beaucoup à dire sur cette question des gardesmalades, mais tout ce qu'on pourrait dire serait plus théorique que véritablement utile. Ce qu'il faut avant tout, c'est que, d'une part, la garde ait l'habitude de soigner les femmes en couches et les enfants, et que d'autre part elle suive ponctuellelement les indications du médecin. Et pour arriver à ce résultat, si l'on n'a pas à sa disposition une garde qu'on connaisse tout particulièrement, le mieux sera de charger de ce choix l'accoucheur luimême ou la sage-femme.

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