CHAPITRE X
n nous reste à parler des maladies, des indispositions et des accidents qui peuvent atteindre l'enfant pendant la première période de son existence. Sachant quelles sont les particularités de la vie normale chez l'enfant, la mère attentive se rendra beaucoup mieux compte de la nature et de l'importance des troubles que malheureusement elle aura sans doute quelquefois l'occasion de constater dans la santé de son enfant, malgré tous les soins dont elle aura su l'entourer.
Avant de commencer l'examen des diverses maladies de l'enfance, nous devons faire à nos lectrices quelques observations d'une importance exceptionnelle, sur lesquelles nous appelons leur plus scrupuleuse attention.
En parlant des maladies du premier âge, il n'entre point dans notre pensée d'en donner la description complète pas plus que d'indiquer les traitements à employer pour les combattre. Nous l'avons déjà dit au commencement de notre livre : nous voulons seulement que la mère soit capable de reconnaître, dès le début, que la santé de son enfant s'altère et surtout qu'elle soit attentive aux symptômes qui ap-
pellent, sans tarder, les secours du médecin. Souvent, on attend trop longtemps; chez les enfants, le mal progresse avec une rapidité quelquefois effrayante, il faut agir vite et agir en connaissance de cause.
Une autre pensée nous a aussi engagés à donner è ce chapitre des Maladies de l'enfant un certain développement. Nous avons vu souvent de jeunes femmes, bien trop prudentes pour avoir jamais songé à soigner elles-mêmes leurs enfants, être cependant désireuses d'avoir quelques renseignements généraux sur les maladies les plus communes du premier âge, et ausisï sur celles, plus rares, dont elles avaient vu des exemples autour d'elles. Nous voulons que ces jeunes femmes puissent trouver dans leur livre la réponse aux questions qu'elles se posent à ce sujet.
Un exemple vous fera bien comprendre notre pensée :
Supposons qu'un jour vous remarquiez des \ geurs à la peau de votre nourrisson. Vous faites venir votre médecin qui examine l'enfant et prescrit le traitement. Au moment où le médecin se retire, n'allez-vous pas lui demander : Eh bien ! docteur, qu'est-ce qu'il a? — Ce n'est rien, Madame, vous répond-il, c'est un peu d'éry thème. . , ou bien, une autre fois : c'est un peu d'eczéma ... Et après son départ, ne vous demandez-vous pas en vous-même ce que c'est que l'éry thème ou l'eczéma f Nous Toulons simplement que votre livre vous le dise.
n faut donc qu'il ne reste aucun doute sur le but que nous poursuivons, et, pour nous résumer — nous serions | resque tenté, si la chose n'était pas si importante, de demander pardon à nos lectrices d'y revenir encore ! — nous dirons :
Notre but n'est fos d'apprendre à la mère à soigner elle-même son enfant malade; rien ne serai plus dangereux.
Nous voulons seulement deux choses .
1° Donner quelques renseignements sur les symptômes les plus ordinaires des maladies de l'enfant, afin que la mère attentive prenne aussitôt l'avis de son médecin, sans attendre que le mal ait fait des progrés inquiétants ;
S'* Donner quelques reiiseignements sur ces maladies elles-mêmes et sur la manière dont elles se comportent le plus ordinairement^ afin de satisfaire la légitime curiosité des mères désireuses de s'instruire^ et en même temps les rendre plus capables, le cas échéant, de suivre avec un dévouement plus éclairé les prescriptions de leur médecin.
Si, dans certains cas d'indisposition légère, ou dans certains cas urgents, nous croyons devoir indiquer un traitements il sera toujours tel que la mère puisse r appliquer sans danger, en attendant l'arrivée du médecin.
Enfin, nous ne saurions trop engager les mères à repousser la multitude de conseils et de remèdes qu'on s'empressera de leur offrir à la moindre indisposition de leur enfant. Qu'elles restent sourdes à tous ces avis de l'ignorance donnés à tort et à tra-
vers, qu'elles se dégagent de la foule des préjugés dont l'enfance est trop souvent victime, et qu'elles s'en rapportent exclusivement au médecin qu'elles auront choisi.
Faisons remarquer, en terminant, que la liste des maladies que nous allons rapidement décrire, tout en étant déjà longue, a dû cependant rester encore incomplète, sous peine de sortir du cadre que nous nous étions tracé.