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LE LIVRE DES JEUNES MEIŒS

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L'inflammation simple du larynx, qnand elle est grave, présente quelques points de ressemblance avec le croup, qui a pour siège le même organe. Mais le croup, dont on a observé quelques exemples chez des nouvean-nés, est heureusement rare dans la première année.

Le croup est une inflammation de la muqueuse du larynx avec production, sur la surface enflammée, de membranes grisâtres qui, après s'être détachées, se reproduisent facilement^ mettent par leur présence obstacle à la respiration et peuvent causer l'asphyxie du malheureux petit malade.

Le croup est essentiellement contagieux. Souvent, sa gravité ne s annonce pas brusquement, comme beaucoup de mères se l'imaginent ; mais il y a des cas où son évolution est extrêmement rapide ; sa durée totale varie de deux jours à deux semaines.

Le premier jour l'enfant paraît légèrement indisposé ; il est pâle, abattu, triste, est un peu enrhumé, éternue, a un peu de fièvre et pas d'appétit. On remarque, quand il avale, qu'il ne le fait pas aussi librement que d'habitude. L'attention étant attirée de ce côté, si on vient à examiner le fond de la gorge, on voit en général, sur une surface un peu rouge, un semis de points blancs ou, sur l'une des amygdales, une tache opaline semblable à du blanc d'œuf cuit, tache membraneuse qui, un peu plus tard, s'épaissit et s'étend. En même temps, sous la mâchoire, on découvre des ganglions tuméfiés. C'est là le début de

Vangine couenneuse^ qui précède souvent et doit toujours faire craiudre le croup, angine dont la nature est la môme que celle du croup et qui en diiïère seulement par le siège du mal.

Sans attendre davantage, on appellera un médecin qui soignera cette angine, tâchera de s'opposer à sa propagation au larynx, pourra la guérir et éviter ainsi le grave danger du croup.

Dans certaines inflammations de la gorge, analogues à rinflammation de l'angine couenneuse, il se forme sur les amygdales un dépôt blanc, d'apparence membraneuse, mais de nature bien différente et de bien moins sérieuse gravité. Ceè différents dépôt 8 ne sauraient être distingués que par un œil très exercé, et dans tous les cas dont nous parlous, qu'il s'agisse réellement d'une angine couenneuse ou seulement d'une angine pultacée ou d'une angine herpétique, ravis et le secours d'un médecin sont indispensables.

Qu'on sache bien que, quelque légère et bornée à la gorge que paraisse cette angine, elle peut, jusqu'à son entière guérison, se propager au larynx.

Propagée au larynx ou développée d'emblée dans cet organe, ce qui arrive dans un tiers des cas de croup, l'inflammation avec fausses membranes se manifeste par de l'enrouement, de la toux rauque et quinteuse, de l'agitation. Bientôt la respiration devient difficile. L'enfant est pris d'un premier accès de suffocation ; il se lève en sursaut, eflaré, la face pâle et violacée ; l'inspiration est laborieuse et sifflante, l'expiration est moins pénible ; l'enfant rejette en toussant des mucosités et des débris de fausses

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membranes ; quelques minutes après, le calme renaît, la respiration cesse d'être bruyante et laborieuse, le visage reprend sa teinte rosée, — jusqu'à l'apparition d'un nouvel accès de suffocation. Si l'on ne parvient pas à arrêter les progrès du mal, la respiration devient ainsi de plus en plus difficile, et le croup arrive bientôt à sa dernière période, caractérisée par l'asphyxie progressive.

Parmi les belles découvertes de Pasteur et de son école, l'une des plus précieuses a été celle du sérum anti-diphtérique du docteur Roux, dont l'action contre la diphtérie, et en particulier contre le croup, est heureusement prouvée. Les injections de ce sérum, préparé par l'Institut Pasteur, ne peuvent être pratiquées que par un médecin, et devront être faites sans tarder. Grâce à ce nouveau traitement, les guérisons du croup sont aujourd'hui beaucoup plus nombreuses qu'autrefois.

Nous avons déjà dit qu'au moindre symptôme, au moindre mal de gorge de son enfant^ la mère aura dû appeler le médecin ; et si malheureusement il s'agit du croup, elle aura été prévenue par lui de la gravit^ du mal ; elle saura qu'arrivé à la dernière période de la maladie, l'enfant peut succomber en très peu d'heures, et qu'alors la seule chance de salut est dans une opération chirurgicale, la trachéotomie^ qui peut très vite devenir urgente.

Faux croup.

Une autre espèce de laryngite, qui a reçu le nom de faux croup^ affection spéciale à l'enfance, quoique

bien connue aujourd'hui, est souvent encore conr indue avec le croup. Elle n'a, du croup qu'une apparente ressemblance ; elle en diffère aussi bien par sa nature et ses symptômes que par son heureuse terminaison habituelle.

Elle est assez commune chez les enfants à la mamelle, et surtout fréquente entre deux et cinq ans. Elle se montre à la suite d'un refroidissement, sous Finfluence d'une dentition laborieuse, à la suite de pleurs et de cris prolongés, ou bien au début de la rougeole, de la coqueluche et de la grippe. C'est une inflammation catarrhale de la muqueuse du larynx, compliquée de constriction spasmodique de cet organe, qui rétrécit tellement le passage de l'air que ie malade es^ pris tout à coup de suffocation.

Le faux croup survient ordinairement pendant la nuit chez un enfant qui s'était endormi bien portant, ou avec un léger rhume auquel on n'avait pas fait grande attention. Il s'éveille alors en sursaut, avec un ensemble de symptômes très pénibles et en apparence très alarmants. Il est pris d'une touxrauque et éclatante ressemblant à l'aboiement d'un chien, sa respiration est gênée et sifflante, la suffocation paraît imminente. Le pauvre petit se tient assis dans son berceau, les yeux hagards, le visage rouge ou violacé. La voix reste claire ou est seulement un peu enrouée.

On voit que l'attaque de faux croup est infiijin]Gnt plus brusque que n'est ordinairement le véritable croup. Si donc l'enfant a été gai pendant la journée, s'il a joué et mangé comme à l'ordinaire^ lorsque

surviennent tout à coup, pendant la nuit, les symptômes que nous venons de décrire, quelque effrayants qu'ils paraissent, la mère pourra cependant ne pas trop s'inquiéter, en songeant que très probablement il ne s*agit pas du véritable croup .

L'accès de faux croup ne dure souvent que quelques minutes, puis le calme reparaît, la respiration redevient paisible et l'enfant se rendort. Souvent aussi l'accès de faux croup se prolonge pendant plusieurs heures avec de courtes rémissions.

La maladie se termine quelquefois après un seul accès. Habituellement, un second accès, toujours moins violent que le premier, se produit la nuit suivante ; et, si de nouveaux accès se produisent encore par la suite, ils sont de moins en moins intenses et prolongés. Les accès passés, le rétablissement est complet, ou bien si le malade conserve un peu de toux, ce rhume est sans caractère important.

Le faux croup, affection fort grave en apparence, se termine par une guérison rapide. Très violent à son début, sa marche est décroissante ; tandis que le croup véritable s'aggrave progressivement.

Le faux croup ne nécessite pas l'emploi de moyens énergiques ; mais comme l'accès survient en général brusquement pendant la nuit, la mère appliquera tout de suite le traitement que nous allons indiquer.

Elle mettra un sinapisme (feuille de papier Rigollot ou autre) ou une éponge imbibée d'eau chaude sur le devant et à la base du cou ; elle administrera un vomitif (le sirop d'ipécacuanha est de beaucoup le plus facile à faire prendre à Tentant et le plus

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simple; on le donne par cuillerée à café toutes les 3 minutes jusqu'à ce que le vomitif ait produit son effet) ; puis, comme calmant, elle fera prendre une ou deux cuillerées à café de sirop d'éther dans un peu d'eau de fleur d'oranger.

On veillera à ce que l'enfant ait les pieds bien chauds, pn pourra les mettre dans de la ouate

Après un accès de faux croup — ou, pour être plus précis, lorsqu'un enfant aura eu la nuit un accès présentant les caractères du faux croup — il sera toujours prudent de faire venir le médecin, qui pourra, après avoir examiné l'enfant, rassurer complètement la mère.

Bronchites et Broncho-pneumonie.

Bronchite simple. — La bronchite^ ou inflammation de la muqueuse des grosses bronches, atteint les plus jeunes enfants, ceux qui sont trop légèrement vêtus et que l'on expose sans précaution au froid pendant les saisons où la température est sujette à de brusques variations.

La bronchite est souvent une complication de la rougeole et de la coqueluche. Ce n'est souvent aussi qu'un simple rhume dont les symptômes sont les suivants :

Après un léger malaise avec une fièvre très légère qui peut ne pas être reconnue, ou après un coryza^ survient, surtout au réveil, une toux de courte durée ; cette toux, d'abord sèche, devient ensuite humide et grasse, mais sans expectoration (les petits

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enfants ne crachent pas). La respiration est un peu accélérée, le cri est naturel ou un peu voilé. L'appétit est conservé, les fonctions digestives se font bien. Il y a de l'abattement vers le soir ; et la peau, qui était dans la journée sans chaleur anormale, devient brûlante.

Cette bronchite simple des grosses bronches guérit ordinairement en peu de jours et ne réclame que des soins très simples. L'enfant sera placé dans une atmosphère tiède, et, sans exagérer la chose, sera couvert plus chaudement que d'habitude. Le lait de sa nourrice ou le lait de son biberon sera à la fois sa seule nourri*Lure et sa meilleure tisane.

Mais dès que la toux se prolonge, et surtout dès que les symptômes de fièvre, d'accélération de la respiration^ et de chaleur à la peau, deviennent plus manifestes, il faut consulter le médecin.

Grippe. — La grippe est une bronchite simple qui se déclare sous une influence épidémique. Elle produit un grand abattement, un grand malaise, une oppression quelquefois très prononcée, et se dissipe lentement après une convalescence que le défaut d'appétit prolonge.

Bronchite capillaire. — La bronchite n'envahit pas seulement les grosses bronches, elle peut s'étendre aux plus petites, se généraliser et présenter alors une réelle gravité. Cette forme grave de la bronchite, ou bronchite capillaire, s'annonce par une toux très fréquente et très fatigante, quinteuse, par une accélération très marquée de la respiration, et une grande fièvre. La respiration est quelquefois

haletante, les pulsations dépassent le nombre de 120 à 130^ la peau est chaude, les 'yeux rouges et larmoyants, cernés ; Fenfant est inquiet, chagrin, agité ; il a perdu l'appétit et refuse le sein : son état réclame sans tarder les secours du médecin.

Broncho-pneumonie. — Chez les jeunes enfants, l'inflammation des bronches n'a pas seulement une grande tendance à s'étendre à toute la surface muqueuse des plus petites bronches; elle envahit aussi fréquemment toute l'épaisseur même des poumons, et la bronchite passe ainsi à l'état de broncliopneumonie occupant une portion plus ou moins circonscrite de l'un des deux poumons, le plus souvent des deux poumons à la fois.

La broncho-pneumonie des enfants à la mamelle correspond à la fluxion de poitrine îr^nche des adultes. Son invasion est marquée par une augmentation de la fièvre. La peau est très chaude et devient brûlante à des intervalles irréguliers, la soif est vive; la toux devient plus fréquente et douloureuse, la respiration accélérée, saccadée, gémissante, accompagnée de dilatation des ailes du nez. L'agitation est grande et augmente le soir avec la fièvre, ou bien au contraire, chez les nourrissons qui restent couchés sur le dos, c'est l'assoupissement qui prédomine et Ton doit s'en inquiéter.

Même bien soignée, la maladie ne guérit que lentement ; les enfants restent longtemps faibles et irritables, la convalescence est souvent interrompue par des rechutes. C'est une affection d'autant plus grave que l'enfant est plus jeune.

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Il est bien évident qu'un médecin seul peut distinguer par l'auscultation la bronchite simple, l:i bronchite capillaire et la broncho-pneumonie ; mais toutes CCS maladies commencent par un rlaimc^ et c'est là-dessus que nous voulons appeler l'attention de nos lectrices, (^ui tireront elles-mêmes cette conclusion quilne faut pas négliger les rhumes des enfants^ et qu'on doit y veiller d'autant plus que les enfants sont plus jeunes.

Dès qu'un nourrisson sera enrhumé, on diminuera un peu son alimentation, on le couvrira chaudement, on le gardera dans une atmosphère tiède, et on le tiendra assis sur les bras le plus longtemps qu'il sera possible (la position couchée dans le berceau est mauvaise).

Si le rhume, au lieu de céder rapidement à ces premiers soins, augmente d'intensité, et pour peu que l'on remarque quelques-uns des symptômes que nous avons décrits à propos de la bronchite capillaire ou de la bronche -pneumonie, il ne faut pas hésiter à prendre l'avis du médecin. Prise à temps, la bronchite peut être facilement arrêtée ; négligée, elle peut faire des progrès rapides.

Les convalescences des bronchites demandent beaucoup de soins et de ménagements ; il faut d'une part éviter les rechutes, et d'autre part fortifier les enfants ; le quinquina et l'huile de foie de morue produisent de bons résultats.

Coqueluche.

Maladie spasmodique, catarrhale, contagieuse et souvent épidémique, la coqueluche est caractérisée par des accès de toux quinteuse plus ou moins fréqu;ents, plus ou moins prolongés. Chaque quinte de toux comprend plusieurs mouvements brusques, saccadés et bruyants d'expiration suivis d'une inspiration longue, sifflante et sonore appelée reprise; elle s'accompagne d'une congestion de la face et se termine, en général, par le rejet de mucosités, parfois d'aliments.

La coqueluche est surtout fréquente au printemps et en automne ; elle coïncide quelquefois avec des épidémies de rougeole. Rare chez les enfants à la mamelle avant le sixième mois, elle se montre plutôt de un à sept ans.

Elle commence comme un simple rhume. L'enfant est inquiet, capricieux, a un peu de fièvre, avec une toux fréquente et opiniâtre. Bientôt, la toux devient quinteuse et prend le caractère convulsif avec inspiration sonore. Chaque quinte se compose de plusieurs reprises de toux successives, et dure de quelques secondes à une ou deux minutes et même davantage. La toux de la coqueluche est si caractérisée qu'il suffit de l'avoir entendue une ou deux fois pour la reconnaître ensuite facilement.

Dans les cas d'intensité moyenne, on peut compter vingt ou trente quintes dans les vingt-quatre heures ; elles sont plus fréquentes la nuit que le jour, le

matin et le soir que dans la journée. Dans les cas très violents, le nombre des quintes peut s'élever à quatre-vingts.

Dans l'intervalle des accès, l'enfant se remet à jouer, mange et, à moins de complications bronchiques, il ne semble pas que sa santé générale soit troublée.

Après avoir augmenté pendant les deux ou trois premières semaines, le nombre des quintes reste stationnaire pendant quelques jours, puis diminue; elles deviennent en même temps moins violentes, elles ne sont bientôt plus suivies du rejet de mucosités et, le pJus ordinairement, cessent tout à fait au bout de quatre à cinq semaines. Mais la coqueluche peut se prolonger pendant des mois. S'il est bien reconnu qu'elle ne frappe d'habitude qu'une seule fois la même personne, on doit savoir que les enfants qui en ont été atteints conservent pendant longtemps, quelquefois pendant plusieurs années, une grande disposition à s'enrhumer et, au moindre rhume, à tousser par quintes rappelant celles de la coqueluche passée.

La coqueluche d'intensité moyenne n'est pas dangereuse chez un enfant de bonne constitution et qui a dépassé les premiers mois de l'allaitement; mais il n'en est pas de même chez un nourrisson jeune et délicat. Cette maladie d'ailleurs peut être singulièrement aggravée par la fréquence des vomusements qui suivent les quintes ; par les ]iémorrlia{jics sous forme de saignements de nez, de crachements de sang, d'ecchymoses, qui peuvent se produire à la

suite des violents efforts de toux ; par les convulsions qui peuvent survenir à la suite de la congestion produite par la toux, dans les intervalles des quintes ou pendant les quintes ; enfin par la bronchite et la broncho-pneumonie qui ^ chez les petits enfants, sont fréquemment une complication très grave de la coqueluche.

Le seul moyen préventif de la coqueluche, affection épidémique et contagieuse, est d'interdire toute relation avec les enfants qui en sont atteints et de s'éloigner, si la chose est possible, du siège de l'épidémie.

Les premiers soins à donner seront ceux que nous avons indiqués pour la bronchite simple.

Il faut surveiller attentivement les petits malades, leur soutenir la tête pendant les accès de toux et leur faciliter le rejet des mucosités ; un vomitif sera souvent reconnu nécessaire pour les en débarrasser. Il faut allaiter les enfants ou les faire manger suivant leur âge, immédiatement après les quintes, car c'est à ce moment que le retour d'une nouvelle quinte suivie de vomissement est le moins à craindre. Si le malade n'a pas de fièvre, on le promènera au grand air souvent, quand la température le permettra.

Nous ne ferons pas ici, bien entendu, l'énumération de tous les remèdes préconisés contre la coqueluche. Nous voulons seulement mettre nos lectrices en garde contre la multitude des conseils qui leur seront certainement donnés par leurs amies et les amies de leurs amies. Nous avons vu de jeunes femmes, pour tâcher de soulager leur enfant, es-

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