II. — Maladies des organes de la respiration Coryza
Le rhume de cerveau, le coryza^ ou inflammation de la muqueuse des fosses nasales, s'observe fréquemment chez les petits enfants, soit isolément, soit comme affection secondaire dans le cours de la rougeole, de la grippe, de la coqueluche et du croup.
Insignifiant pour les grandes personnes, un simple rhume de cerveau peut avoir pour un nourrisson une sérieuse importance.
En effet, il ne faut pas que le gonflement inflammatoire de la muqueuse nasale soit très fort pour obstruer le nez chez le jeune enfant ; ne pouvant plus respirer librement que par la bouche, il est très gêné pour téter.
Le nourrisson atteint de coryza, dès qu'il est mis au sein, après quelques tentatives infructueuses de succion, l'abandonne en exprimant par son agitation et ses cris sa contrariété, son impatience et sa douleur. Il y aurait alors pour lui un véritable danger, si, en attendant qu'il puisse respirer par les narines, on ne le nourrissait avec du lait à la cuillère.
m LE LIVRE DES JEUNES MÈRES
En outre, il est obligé de dormir la bouche ouverte, et son sommeil est alors interrompu par la toux que provoquent les mucosités du nez en tombant en arrière dans la gorge. Il éternue souvent et rejette par les narines ces mêmes mucosités d'abord claires, filantes, puis jaunes et verdâtres.
Il faut donc éviter tout ce qui peut occasionner le coryza au nourrisson, en le couvrant et l'habillant suffisamment, en le préservant de l'action de l'air froid et de l'humidité.
Mais, la maladie produite, on cherchera à désobstruer les narines en les nettoyant fréquemment avec une décoction de guimauve ou de graine de lin, ou en appUquant sur le nez, pendant quelques instants, une éponge imbibée d'eau chaude, ce qui vaut mieux que le lait de la nourrice projeté sur le nez du nourrisson^ comme la routine le conseille quelquefois. Les pieds de l'enfant seront tenus chaudement. Un bain de pied légèrement sinapisé aura un bon effet. Enduire le nez de suif est un vieux remède qui a son utilité.
Saignement de nez.
Le saignement de nez est aussi commun vers la fin de la seconde enfance qu'il est rare chez les tout jeunes enfants, où il se montre d'habitude comme un symptôme passager de la rougeole et de la coqueluche. On l'arrêtera en appHquant un linge imbibé d'eau très froide, et en introduisant dans le nez une petite boulette de charpie ou un peu
d'amadou. Si les saignements de nez sont abondants ou fréquents, il faut prendre l'avis du médecin.
Laryngite.
L'inflammation de la muqueuse du larynx, ou
laryngite simple , débute souvent par du coryza et est aussi la conséquence d'un refroidissement.
Cette maladie est annoncée par de l'enrouement ; la toux et le cri prennent un timbre rauque plus ou moins prononcé. Quand la laryngite est légère, la respiration ne paraît pas gênée et la guérison a lieu après quelques jours de soins très simples.
Mais, si la laryngite augmente d'intensité, la respiration devient pénible, sifflante, les quintes de toux rauque sont douloureuses, l'aphonie complète. L'enfant a de la fièvre, parfois des convulsions, et il risque alors de succomber rapidement, par suite du gonflement de la muqueuse enflammée qui met obstacle à la respiration e-t peut amener l'asphyxie.
Si le médecin aussitôt prévenu tarde à venir, on pourra toujours combattre les premiers symptômes de laryngite par l'application d'un cataplasme sinapisé au devant du cou qui sera ensuite entouré d'une cravate de ouate, par des bains de pied sinapisés, les pieds étant ensuite enveloppés de ouate et pardessus de toile gommée ou de baudruche. Un vomitif sera nécessaire (une ou deux cuillerées de sirop d"ipécacuanha) si la respiration est très embarrassée