LE LIVRE DES JEUNES MÊÎ5ES
malaises (une semaine environ après le moment de la contagion), la scarlatine s'annonce par une forte fièvre, de la chaleur à la peau avec accélération du pouls, de l'agitation, des nausées et parfois des vomissements. En même temps, l'enfant éprouve quelque douleur en avalant, et l'examen de sa gorge, (que ^'on peut pratiquer en lui ouvrant la bouche et en appuyant sur la base de la langue avec le doigt ou le manche d'une cuillère), y fait voir une rougeur plus ou moins intense. Très rapidement, dès le premier jour, au plus tard dans le courant du deuxième, apparaît l'éruption caractéristique ; d'abord au cou et au sommet de la poitrine, bientôt sur tout le corps. La peau prend une teinte rouge et se couvre de points plus foncés, comme si elle avait été barbouillée avec du jus de framboise.
Pendant trois ou quatre jours, l'éruption s'étend et augmente ; parfois il s'y ajoute par places, au cou, à la poitrme, à la partie inférieure de l'abdomen, de petites vésicules transparentes qui deviennent opalines et se dessèchent pendant que le pointillé rouge pâlit, s'efface et disparaît. En général, il ne reste plus guère trace de l'éruption de la scarlatine après le sixième ou le septième jour. Il n'y a plus de fièvre alors^ à moins de compHcation ou d'anomalie.
Pendant cette période aiguë de la maladie^ il s'est fait à la surface de la muqueuse de la bouche et de la gorge une éruption analogue à celle de la peau et qui suit la même marche. La rougeur générale et uniforme de la bouche, des amygdales
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et du pharynx, constatée au début de la maladie, a augmenté d'intensité ; il s'y est produit par places une sécrétion blanchâtre, molle, peu adhérente ; la déglutition est devenue pénible et on a constaté sous la mâchoire, de chaque côté du cou, un gonflement des ganglions. Cette angine scarlatineuse s'atténue ensuite et disparaît du cinquième au dixième jour.
L'éruption disparue, la peau et les muqueuses qui en ont été le siège se dépouillent de leur épiderme , Ce renouvellement de l'épiderme est ce qu'on appelle la desquamation. La langue^ qui s'était garnie d'un enduit blanchâtre, prend une teinte rouge et un aspect velouté dû à la saillie des papilles.
Au cou et à la face, ce renouvellement de l'épiderme, cette desquamation se fait par petites écailles; plus tard, sur la poitrine, l'abdomen et les membres, l'épiderme s'enlève par lambeaux.
La période de desquamation est toujours plus longue que la période d'éruption. Elle varie de 15 à 30 jours. Quelquefois les démangeaisons à la peau sont assez vives. C'est surtout à ce moment que la contagion est à craindre.
L'isolement complet, empêchant tout contact des enfants avec les scarlatineux, est le seul moyen de les préserver de cette maladie, qui dans la grande majorité des cas se termme heureusement, mais qui quelquefois aussi peut devenir grave, par suite de complications qui, elles, sont toujours sérieuses.
Si quelquefois l'éruption de la scarlatine est très légère et éphémère, d'autres fois elle est extrêmement intense, très foncée, s'accompagne
de petites taches hémorrhagiques {purpura)^ de saignements de nez et d'hémorrhagies internes. Ailleurs, l'angine prend un caractère de gravité exceptionnelle ; le gonflement des ganglions du cou, au lieu de se résoudre simplement, augmente jusqu'à la suppuration {bubon scarlalineux). L'angine peut également devenir couenneuse; les fausses membranes qui ont envahi le pharynx peuvent atteindre le larynx et l'enfant risque alors de succomber au croup qui est venu compliquer la scarlatine.
Mais, parmi les complications de la scarlatine, il en est une qui survient le plus souvent pendant la période de desquamation, quand on néglige de prendre contre le refroidissement toutes les précautions qui peuvent la prévenir. Nous voulons parler de la néphrite albumineuse ou inflammation des reins, dont le premier signe est bouffissure du visage et des pieds, causée par une infiltration de sérosité sous la peau. Cette infiltration envahit bientôt tout le corps et prend alors le nom d'anasarque. Des épanchements de sérosité peuvent aussi se faire dans la poitrine et l'abdomen. L'urine, fournie alors en petite quantité, est trouble, sanguinolente, et contient de l'albumine. C'est là un état des plus sérieux dans lequel des convulsions sont très à redouter.
La possibilité de ces complications doit engager à toujours bien soigner un enfant atteint de scarlatine même d'apparence légère. Sans entrer dans le traitement même de la maladie, nous ferons à la mère les recommandations générales suivantes :
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Tant que durera Téruption et la fièvre, il faudra maintenir le petit malade au lit, convenablement couvert dans une chambre aérée à la température de 18 à 20 degrés centigrades, et lui donner à boire fréquemment une infusion chaude de mauve, de violette, de bourrache ou de tilleul ; pour nourriture, un peu de lait ou de bouillon. Pour calmer les démangeaisons qui poussent le malade à se gratter, on emploiera de la poudre de riz ou d'amidon.
Tant que la desquamation ne sera pas terminée^ on prendra les précautions les plus sévères contre le froid ; on tâchera de garder le convalescent au lit, en satisfaisant son appétit et en le distrayant le mieux possible, et dans tous les cas on ne lui permettra pas de quitter la chambre avant cinq ou six semaines.
Les récidives de la scarlatine sont très exceptionnelles.
Nous avons dit que la scarlatine était contagieuse ; nous devons ajouter qu'elle peut se transmettre non seulement immédiatement de la personne malade à une autre, mais même par les intermédiaires. Si donc vous avez de jeunes enfants, vous ferez bien de vous abstenir, autant que possible, d'aller visiter les enfants atteints de la scarlatine. Ne poussez pas la prudence jusqu'au ridicule, comme nous l'avons vu faire quelquefois à déjeunes femmes qui n'osaient plus monter l'escalier d'une maison où elles connaissaient l'existence d'une scarlatine ! Mais ne tombez pas dans l'excès contraire, et n'oubliez pas qu'en allant visiter et em-
brasser les petits enfants de vos amies, malades de la scarlatine, vous risquez en rentrant chez vous de la rapporter aux vôtres, sans en être vous-mêmes atteintes.
Rougeole.
Comme la scarlatine , la rougeole est une fièvre éruptive et contagieuse ; tout ce que nous avons dit des précautions à prendre pour éviter la contagion de la scarlatine s'applique à la rougeole.
La rougeole peut survenir isolément, mais le plus souvent elle a un caractère épidémique.
La rougeole débute, du dixième au quinzième jour après le moment de la contagion, par de la fièvre, du larmoiement, de l'éternument, du coryza ou rhume de cerveau, parfois un saignement de nez. Le visage semble boursouflé. L'enfant est assoupi et courbaturé, ou au contraire agité. Il tousse; sa toux sèche, fatigante, a un timbre particulier {toux fériné). Il se plaint parfois de douleurs vives dans une oreille ou dans les deux à la fois. Dans la rougeole, la fièvre est moins intense et moins continue que dans la scarlatine. Cet état dure deux ou trois jours.
Le quatrième jour, la fièvre augmente, elle peut s'accompagner de délire ou de convulsions. L'éruption se montre alors au visage, puis se généralise en un ou deux jours sous- forme de petits points et de taches rosées légèrement saillantes, irrégulières, tendant à s'unir en plaques arrondies, mais en laissant entre elles des intervalles de peau
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sans éruption. Les taches pâlissent et disparaissent au bout de quatre à sept jours, dans l'ordre de leur apparition; une desquamation farineuse de l'épiderme leur succède.
Pendant l'évolution de la rougeole, la congestion des jeux, le coryza, la bouffissure de la face et la toux augmentent, la voix est enrouée ; on observe souvent de la bronchite avec sécrétion de mucosités. Souvent aussi, une irritation catarrhale de l'intestin cause de la diarrhée. Dès que la fièvre est tombée, que l'éruption s'est effacée, l'enfant entre en convalescence et se rétablit ordinairement assez vite.
Mais comme la scarlatine, la rougeole peut présenter des anomalies et des complications qu'il est bon de connaître. Le début peut être violent sans que pour cela la suite de la maladie soit plus grave. L'éruption peut être très forte ou très discrète, et disparaître brusquement sans qu'il se produise après rien de sérieux, à moins de complication interne.
Ce qu'il y a surtout à redouter dans la rougeole, c'est l'extension aux petites bronches et aux poumons du catarrhe bronchique habituel, ou en d'autres termes, le développement d'une bronchite capillaire ou d'une broncho-pneumonie. Dans ce cas, la fièvre et la toux redoublent d'intensité, la respiration s'accélère et devient très difficile.
L'inflammation catarrhale des yeux (conjonctivile) persiste parfois longtemps après la guérison de la rougeole ; il en est de même de l'inflammation des oreilles (otite) chez des enfants affaiblis. Ces
affections, mal soignées et devenues chroniques» pourraient avoir les plus graves conséquences pour les organes malades.
Il faudra donc soigner les rougeoles même légères {comme nous l'avons dit pour la scarlatine) par crainte des complications possibles. Sans parler des prescriptions spéciales que le médecin pourra juger nécessaires, la mère devra garder le malade dans une chambre chauffée à 18 ou 20 degrés, sans le surcharger de trop de couvertures dans son lit, à l'abri du bruit et d'une lumière trop vive ; on lui donnera à boire par petites tasses de la tisane de fleurs pectorales ou de bourrache, et pournourriture du lait ou de légers potages. On aura soin pendant la convalescence de préserver l'enfant du froid, et surtout on ne le laissera pas sortir pour la première fois par un temps froid et humide.
L'isolement est le seul moyen préservatif de la contagion, et encore à la condition d'être appliqué à temps. Or, cette condition est bien rarement remplie quand il s'agit de frères et sœurs. Nous appellerons à ce sujet l'attention de nos lectrices sur une pratique quelquefois employée, mais parfaitement inefficace : quand un enfant tombe malade de la rougeole, on croit bien faire, pour préserver ses frères et sœurs, de les envoyer, quand on le peut, chez une parente ou une amie dévouée. Presque toujours les enfants ainsi séparés emportent avec eux les germes de la maladie, qui se déclare bientôt dans le nouveau domicile où on les a conduits, sans qu'il soit alors possible de les ramener à la maison
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paternelle. Nous n'avons pas besoin d'insister sur les inconvénients, les difficultés et les soucis que cette situation ne manque pas de créer à la mère.
Nous ne conseillerons pas, comme nous l'avons vu faire quelquefois, quand un enfant tombe malade de la rougeole, dans une famille, de faciliter la contagion pour les autres, sous prétexte que la rougeole est en somme une maladie bénigne, et que tôt ou tard les enfants l'auront et ne l'auront qu'une fois: bénigne pour l'un, la rougeole pourrait être grave pour l'autre, et la mère qui aurait agi ainsi pourrait avoir en cas de malheur de cruels reproches à se faire.
Mais nous ne conseillerons pas non plus, à moins que l'épidémie ne présente un caractère exceptionnel de gravité, d'envoyer chez une parente les enfants non encore atteints.
A notre avis, le mieux sera que la mère isole dans une chambre à part l'enfant malade, en gardant les autres à la maison, près d'elle.
Roséole.
L'enfant, principalement à l'époque de la dentition, sous forme épidémique et sous l'influence de causes diverses, de la chaleur, de la transpiration, etc., est sujet aune affection éruptive, la roséole, ayant tout à fait l'apparence d'une rougeole très légère ; elle s'en rapproche par Faspect de l'éruption et en diffère par l'absence des symptômes du catarrhe muqueux et aussi par sa courte durée.
La roséole paraît être contagieuse et peut réci-
diver. Elle débute sans fièvre ou par un mouvement de fièvre léger et passager, accompagné de malaise, de chaleur à la peau, de démangeaisons. L'éruption se montre d'abord à la face, puis sur tout le corps. Ce sont de petites taches rouges arrondies qui disparaissent promptement sans laisser de trace.
La roséole peut naître et disparaître en vingtquatre heures. Sa durée totale habituelle ne dépasse pas quatre ou cinq jours. On tiendra l'enfant à la chambre, on diminuera la quantité de nourriture et on donnera une boisson chaude.
Variole, varioloïde««t varicelle.
Variole. — La petite vérole ou variole^ autrefois très meurtrière dans le jeune âge, est devenue beaucoup moins redoutable et moins fréquente depuis la pratique de la vaccination. C'est une affection essentiellement contagieuse et épidémique, qui atteint tous les âges. Les récidives sont exceptionnelles.
La variole débute par de la fièvre, des vomissements, de la douleur dans les reins, de l'agitation, du délire ou des convulsions; chez les nourrissons, le refus de téter. Le second ou le troisième jour, on distingue à la face puis à la poitrine et aux membres des taches rouges, arrondies, bientôt saillantes, qui en un ou deux jours deviennent des vésicules blanches entourées d'un cercle rouge; du second au quatrième jour de l'éruption, les vésicules s'aplatissent et s'enfoncent à leur centre, elles suppurent et deviennent pustuleuses; du sixième au neuvième,
ies pustules commencent à se dessécher. Quand réruption est disséminée, la variole est dite discrèie. Quand elle est abondante et forme sur tout le corps une croûte épaisse, la variole est dite confluente.
L'intérieur de la bouche et du nez, les yeux, la gorge, le larynx et les bronches, aussi bien que la peau, peuvent être envahis par les pustules.
La succion, la déglutition sont douloureuses, la respiration est gênée, la voix éteinte et Tenfant peut succomber asphyxié.
D'autres fois, les pustules se remplissent de sang noir, des hémorrhagies se font par le nez et l'intestin (variole noire) ^ et l'enfant épuisé s'éteint en un ou deux jours.
Les complications les plus graves de la variole sont la formation des pustules dans le larynx, sur les yeux, Ja broncho-pneumonie, les accidents hémorrhagiques et les abcès.
La variole est d'autant plus grave que l'enfant atteint est plus jeune. Au-dessous d'un an, si l'enfant; n'a pas été vacciné comme cela a lieu malheureusement encore trop souvent, les chances de guérison sont peu nombreuses. Il est donc très imvor^ tant de vacciner les enfants de bonne heure. Dan? toutes les épidémies, on a constaté une très grande différence dans la gravité des symptômes et la mortalité entre les enfants vaccinés et ies non-vaccinés. En trois années, sur 609 varioleux soignés dans uu hôpital d'enfants, 269 succombèrent; la mortalité a été de 232 sur les 400 qui n'avaient pas été vaccinés^ et de 37 seulement sur les 209 vaccinés ; en
d'autres termes, la proportion de la mortalité a été de 58 pour 100 pour les non-vaccinés, tandis qu'elle n a été que de 18 pour 100 pour les enfants vaccinés.
La vaccination est le meilleur moyen préservatif ; de la variole. Pratiquée en pleine épidémie, au i moins cinq jours avant l'apparition des premiers symptômes de la maladie, pour qu'elle ait le temps d'agir, elle l'atténuera d'une façon notable.
Bien entendu, même pour les sujets vaccinés, la ' séparation absolue d'avec les varioleux est la pre- : mière précaution à prendre.
Pendant le cours de la maladie, la mère tâchera d'empêcher l'enfant de se gratter ; des lavages avec | j de la décoction de guimauve, une infusion de mauve tiède, des onctions avec le glycérolé d'amidon ou du cérat diminueront les démangeaisons et favori- I seront la chute régulière des croûtes. On nourrira I le mieux possible le petit varioleux. Le reste est l'affaire du médecin.
Varioloide. — La varioloïde est une variole très j atténuée. Elle débute comme la variole régulière, | l'éruption est discrète, les vésicules ne présentent | qu'un cercle inflammatoire peu apparent et se dessèchent rapidement sans donner lieu à la fièvre de I suppuration. Les croûtes se détachent du huitième au quinzième jour sans laisser de cicatrices. La varioloïde est contagieuse et peut même transmettre la variole.
Varicelle. — La varicelle, nommée aussi petite vérole volante, a une certaine analogie *vec la va-
rioloïde, mais en diffère par certaines particularités importantes à signaler. C'est une affection pour ainsi dire spéciale à l'enfance dès la première année, contagieuse, épidémique, récidivant rarement. Les enfants qui ont eu la varicelle peuvent avoir la variole et la varioloïde ; ces deux dernières maladies ne les préservent pas non plus de la varicelle.
L'éruption se montre parfois presque en même temps que la fièvre de début qui est faible, ou seulement après un ou deux jours de malaise. On observe de petites taches rouges arrondies , saillantes, d'abord sur le milieu du corps et plus tard sur la face (c'est le contraire dans la variole et la varioloïde) ; quelques heures après, ces boutons présentent à leur centre une petite vésicule qui s'élargit ensuite, s'arrondit et se remplit d'un liquide transparent. Le troisième jour, le liquide des vésicules se trouble et prend une teinte légèrement jaunâtre sans devenir purulent ; le quatrième, elles se dessèchent, s'affaissent; il se forme de petites croûtes minces qui tombent vers le huitième jour si l'enfant ne les a déjà enlevées avec ses ongles. L'éruption n'a bientôt plus laissé aucune trace.
Vaccine. — La vaccine est le résultat de l'inocu' lation d'un virus appelé vaccin emprunté soit aux pustules développées sur le pis des vaches atteintes d'une maladie éruptive ispéciale (cow-pox), soit sur un enfant ou une génisse inoculés eux-mêmes quelques jours auparavant.
Le quatrième jour qui suit la vaccination apparaît à chacun des points inoculés une petite tache rouge
saillante ; le cinquième jour cette tache est devenue un bouton vésiculeux; les trois jours suivants le bouton s'élargit, s'aplatit, se déprime au centre, où il prend une teinte blanchâtre ; le dixième jour, sa largeur est de deux centimètres, sa base est rouge, dure et saillante, l'inflammation peut s'étendre dans le voisinage.
Les jours suivants le bouton se dessèche, se transforme en croûte noirâtre, épaisse, qui se détache vers la troisième ou la quatrième semaine en laissant une cicatrice connue de tout le monde.
L'éruption vaccinale ne cause, le plus ordinairement, qu'un très léger mouvement de fièvre et de la démangeaison. Très exceptionnellement, elle provoque un érjsipèle ou un abcès des ganglions lymphatiques voisins.
Parfois il se produit, au point d'inoculation du vaccin, au lieu de la vraie pustule vaccinale, une inflammation locale avec saillie vésiculeuse ne présentant aucun caractère spécial et qui se dessèche dès le deuxième ou le troisième jour. C'est là une fauàse vaccine j qui ne saurait avoir aucun effet préservatif.
Le septième ou le huitième jour de l'inoculation est le moment favorable pour recueillir sur un enfant le vaccin qui servira à la vaccination. On pratiquera cette opération, autant que possible, de bras à bras. En temps d'épidémie de variole, on la fera quel que soit l'âge de l'enfant ; autrement ou pourra attendre le deuxième mois. Si on n'obtient pas de résultat, on recommencera jusqu'à ce qu'on ait atteint le but
désiré. Il est très peu d'enfants rebelles à la vaccine. Bien faite, la vaccination produit la vaccine 98 fois sur 100.
Au bout d'un temps variable, l'immunité conférée par la vaccine peut s'affaiblir et se perdre. On fera donc bien de revacciner les enfants tous les sept ou huit ans.
Oreillons.
Rares dans les premières années de la vie, les oreillons sont fréquents dans la seconde enfance. C'est encore une affection contagieuse, épidémique et ne récidivant habituellement pas. L'apparition des oreillons, c'est-à-dire d'une tuméfaction plus ou moins prononcée et douloureuse dans le voisinage de la mâchoire inférieure près de l'oreille, cause du malaise, un peu de fièvre, de l'inappétence, un peu de douleur dans les mouvements de la mâchoire, et de gêne dans la mastication et la déglutition. Le gonflement augmente pendant plusieurs jours, puis diminue et disparaît du sixième au dixième jour. Limité quelquefois à un seul côté de la face et du cou, le mal envahit le plus souvent les deux côtés, en commençant par le côté gauche.
Les oreillons ne se compliquent presque jamais d'accidents sérieux. Très exceptionnellement ils se terminent par la formation d'îïn abcès. Dès que les symptômes des oreillons seront remarqués, la mère devra, en attendant le médecin, garder l'enfant à la chambre, lui donner des boissons chaudes, faille des onctions avec l'huile de camomille camphrée ou
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le baume tranquille et lui mettre ensuite une couche de ouate avec un bandeau ; parfois, si la douleur et le gonflement sont prononcés, un cataplasme de farine de lin ; si la langue est chargée, on donnera une cuillerée d'huile de ricin. A la suite des oreillons les enfants restent affaibhs ; on leur donnera du vin de quinquina et une nourriture tonique.
Fièvre intermittente.
Cette fièvre est plus fréquente qu'on ne le croit chez les enfants, même chez les plus jeunes. On la reconnaîtra en observant avec un peu d'attention. Elle est presque toujours quotidienne^ les accès ne reviennent pas très exactement aux mêmes heures et souvent se produisent la nuit.
On appelle fièvre tierce celle dont les accès se produisent tous les deux jours, et fièvre quarte celle dont les accès ne surviennent que tous les trois jours. Chez les enfants, lo. fièvre intermittente est très rarement tierce ou quarte.
L'enfant atteuit de fièvre intermittente est maussade, pâle, abattu, sans appétit. Au moment de l'accès, on observe chez le petit enfant une pâleur générale, une sorte d'engourdissement avec refroidissement et léger tremblement des extrémités ; puis au bout d'un temps plus ou moins long, quelquefois au bout de quelques minutes, d'autres fois au bout d'un quart d'heure ou même au bout d'une heure, la chaleur reparaît, le malade manifeste un malaise extrême, il vomit, quelquefois a des convulsions,*
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la chaleur fébrile sans être très accusée s'accompagne de moiteur, mais n'amène pas de transpiration abondante comme chez Fadulte. L'accès se termine graduellement.
Dans rintervalle des accès, l'enfant reste visiblement souffreteux, grognon, sans force, sans appétit, ayant souvent de la diarrhée ; il s'affaiblit bien vite, si la maladie méconnue n'est pas soignée convenablement, tandis qu'il se remettra pi'esque toujours promptement si le médicament par excellence de la fièvre intermittente, le sulfate de quinine, lui est donné.
La mère ne devra donc pas négliger ces petits accès de fièvre, qui très légers au début, passent souvent sans attirer l'attention. Au contraire, il faudra qu'elle les surveille avec soin, qu'elle note les jours et les heures où ils se produisent, et qu'elle communique au médecin ses remarques.
Fièvre typhoïde.
Rare dans les deux premières années de la vie, la fièvre typhoïde est plus fréquente dans la seconde enfance. Lorsque la fièvre typhoïde est légère, on lui donne habituellement le nom de fièvre muqueuse.
L'enfant est fatigué, courbaturé, assoupi, il a la tête lourde, de la diarrhée, parfois des saignements de nez; il n'a ni appétit, ni entrain ; son ventre est tendu et un peu sensible à la palpation ; la fièvre est continue, plus accentuée le soir, avec agitation et délire pendant la nuit. Après s'être accrus pendant
la première semaine, les symptômes restent stationnaires ou diminuent la semaine suivante. A ce moment, la fièvre semble disparaître le matin pour revenir le soir pendant quelques jours encore; dans le courant de la troisième semaine, la fièvre cesse tout à fait et le malade affaibli et amaigri entre en convalescence. L'appétit lui est revenu et il se rétablit assez vite.
Dans la forme grave de la fièvre typhoïde, dès le début ou seulement à la fin de la première semaine, tous les symptômes sont très accentués. On voit apparaître de petites taches rosées sur le ventre, la diarrhée est persistante et fréquente, la langue rouge et collante, les lèvres sèches, la fièvre intense et continue sans diminution le matin. L'enfant paraît hébété, indifî'érent à ce qui se passe; son sommeil est interrompu, accompagné de cauchemars, de rêvasseries, de délire, parfois de convulsions. La convalescence ne commence pas avant la quatrième semaine et est toujours lente; les rechutes sont communes.
Chez l'enfant à la mamelle, la fièvre typhoïde est toujours une maladie fort grave; plus tard, jusqu'à dix ans, les chances de guérison augmentent et sont nombreuses.
Nous n'avons rien à dire ici, bien entendu, au sujet du traitement de la fièvre typhoïde ; mais nous devons appeler l'attention des mères sur la convalescence et sur les dangers des rechutes, et à ce propos nous avons un point important à signaler.
Les enfants ne supportent pas la diète comme
Fadulte ; la fièvre typhoïde ayant toujours une longue durée et étant une affection très débilitante, on les fortifiera de bonne heure, le mieux possible, avec précaution ; mais, en même temps qu'il faudra faire suivre à l'enfant, aussitôt après la période aiguë de la maladie, un régime réconfortant, il ne faudra pas oublier que l'une des causes les plus fréquentes des rechutes est une alimentation trop substantielle, mal appropriée à l'état des organes digestifs du convalescent. Que la mère suive donc avec la plus scrupuleuse exactitude les instructions précises qu'elle aura reçues du médecin à cet égard, qu'elle s'en tienne à la dose et à la nature d'aliments qu'il aura permises, et qu'elle sache résister, s'il le faut, aux supplications du petit convalescent, qui parfois demande à manger avec insistance, et montre un appétit qu'il pourrait être dangereux de satisfaire.
Rhumatisme.
Le rhumalisme atteint rarement les enfants audessous de cinq ans ; ceux qui ont des parents rhumatisants y sont prédisposés. Le rhumatisme a pour cause déterminante principale l'action du froid humide ; il peut se montrer aussi comme complication dans la scarlatine.
La fièvre rhumatismale est continue, avec recrudescence le soir. Une ou plusieurs articulations sont le siège d'une vive douleur avec rougeur et tuméfaction modérées. Les jointures des membres infé-
rieurs sont ordinairement prises les premières. Il n'j a en général qu'une ou deux articulations prises à la fois.
Le caractère le plus remarquable du rhumatisme c'est sa mobilité; d'un jour à l'autre, il peut quitter une articulation pour en atteindre une autre ou envahir des organes internes, le cœur principalement, et devenir ainsi l'origine d'affections organiques persistantes. En outre, il récidive très fréquemment.
Lorsqu'il reste articulaire, la durée du rhumatisme est de huit à quinze jours ; elle peut être prolongée par des rechutes ; le rhumatisme peut aussi passer à l'état chronique.
Le rhumatisme pe^it aussi atteindre les muscles, spécialement ceux du cou {torticolis) chez les enfants.
Le médecin seul a qualité pour prescrire le traitement à suivre, mais nous devons avertir la mère que l'enfant qui a eu une attaque de rhumatisme est sujet à des rechutes fréquentes. // faudra donc y penser conslamment^ et approprier son hygiène à son état spécial : le vêtir chaudement, éviter avec soin le refroidissement et l'humidité, et se méfier surtout des fraîches soirées de l'été, à la campagne, sous les arbres ou au bord de la mer. Dès qu'une petite atteinte de rhumatisme se fera sentir, frictionner les parties malades avec de l'huile de camomille camphrée, envelopper les articulations atteintes avec de la ouate, et faire prévenir le médecin s'il survient un peu de fièvre.
MALADIES DE L'ENFAiNT
Rachitisme.
Nous avons dit au commencement de ce chapitre pourquoi nous voulions que cet exposé sommaire des maladies de l'enfant ne fût pas trop incomplet. En parlant des trois maladies générales que nous allons décrire, le rachitisme, la scrofulose et la tuberculose, nous avons encore obéi à une autre pensée. Nous sommes bien sûrs que nos lectrices, assez heureuses pour avoir pu donner près d'elles à leurs enfants tous les soins que nous avons indiqués, n'auront pas à redouter l'invasion de ces maladies; mais que de fuis n'auront-elles pas l'occasion d'en remarquer les symptômes dans les pauvres familles où elles vont elles-mêmes porter quelque soulagement et quelque consolation ! C'est alors qu'un bon conseil donné à temps peut quelquefois servir à arrêter les progrès du mal. Nous avons voulu que les jeunes mères qui nous liront fussent capables non seulement d'épargner à leurs propres enfants toutes ces maladies générales, dues le plus souvent à une mauvaise hjgiène, mais encore de reconnaître chez les enfants moins bien soignés les caractères du mal, et d'appeler l'attention des parents sur sa gravité. Il y a là pour elles une mission élevée à remplir ; elles nous pardonneront, nous en sommes sûrs, tous les détails dans lesquels nous serons forcés d'entrer.
Quand un enfant est élevé dans de mauvaises conditions hygiéniques, quand il manque d'air et de
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soleil, quand il est mal nourri ou sevré prématurément, quand il reçoit une alimentation insuffisante ou disproportionnée à sa puissance de digestion et d'assimilation, — on constate bientôt que son développement est entravé, qu'il pâlit, maigrit et prend un air maladif, que sa dentition est retardée et que son petit corps se courbe et se déforme. Il est alors atteint de rachitisme^ maladie sérieuse, assez fréquente dans les trois premières années de la vie, mais que Ton évitera toujours en donnant à T enfant des soins hygiéniques convenables et une alimentation rationnelle.
Au début du rachitisme les enfants ont des digestions laborieuses, de la constipation, ils vomissent ; leurs selles ont une odeur aigre, une couleur grisâtre et contiennent des débris d'aliments non digérés. Ils ont le visage pâle et souffreteux, sont chagrins, grognons et crient dès qu'on les touche. Ils ont de la fièvre et transpirent la nuit. Leur ventre grossit et se ballonne. Puis on observe que les os ramollis se déforment. Les extrémités articulaires des os des membres, aux poignets, aux pieds, etc., se renflent (on dit alors que les enfants se nouent). Les jambes et les bras se courbent. A la tête, les fontanelles ne s'ossifient pas et restent larges ; la sortie des premières dents est tardive, le travail de la dentition est même complètement nul ou interrompu. Le crâne, comparé au reste du corps, paraît volumineux. La poitrine, saillante en avant et enfoncée sur les côtés, se rétrécit et prend la forme d'une poitrine d'oiseau. La colonne vertébrale peut se dévier.
La durée et la terminaison du rachitisme diffèrent suivant les cas et les conditions dans lesquelles le petit malade sera placé. Combattu de bonne heure, le rachitisme guérira complètement sans laisser de trace au bout d'un an ou deux. Autrement, le développement des os ayant été très entravé, les membres resteront grêles, courts et même déviés, la poitrine mal conformée. L'enfant affaibli restera prédisposé aux convulsions, à la méningite, à la tuberculose.
Contre le rachitisme l'essentiel, est de prescrire une bonne hygiène et une alimentation assimilable, ainsi que nous l'avons déjà suffisamment expliqué. L'usage de l'huile de foie de morue est excellent (par cuillerées à café, cuillerées à dessert ou par grandes cuillerées, suivant l'âge des enfants : une seule d'abord le matin, puis une le matin et une autre le soir au moment des repas).
Les bains d'eau salée ou les bains de mer, les frictions avec de l'eau-de-vie camphrée ou aromatisée, produiront de bons résultats.
On évitera de faire marcher les petits rachitiques qui ne marchent pas encore, on les portera avec précaution à plat sur le bras pour leur soutenir le dos, et non assis, et on les couchera sur un matelas résistant fait avec de la fougère ou du varech. Quand les enfants marchent déjà, on les tiendra le plus possible couchés.
Telles sont les règles générales d'hygiène qu'on appliquera; les traitements spéciaux regardent le médecin.
Scrofulose.
Tontes les causes de dépérissement qui existent chez les parents, peuvent se traduire héréditairement chez les enfants par la scrofule ou scrofulose dès la première année de leur existence, mais k plus souvent vers Tâge de cinq ans.
C'est un vice constitutionnel qui peut être aussi acquis par une mauvaise alimentation, dans un milieu pauvre, un air humide et froid, et dont les manifestations se localisent sous forme d'inflammations chroniques dans les ganglions lymphatiques, à la peau et aux muqueuses, dans les os et les articulations.
Les petits scrofuleux ont les chairs molles, plus ou moins grasses, la peau blanche, les lèvres épaisses ; leur développement est lent, leur activité affaiblie. Au moment de la dentition ou pendant la croissance, on voit apparaître sur la figure des éruptions connues vulgairement sous le nom de gourmes^ dont la sécrétion séreuse et purulente, en se desséchant , forme des croûtes épaisses et brunâtres, et qui ne causent pour ainsi dire ni douleurs ni démangeaisons.
En prononçant ici ce mot de gourmes, il ne faut pas que nos mamans s'effraient : Les gourmes ne sont pas à elles seules un signe de scrofulose et 1res souvent elles sont purcinent accidentelles; cependant elles indiquent toujours chez l'enfant une prédominance du tempérament lymphatique à laquelle il convient de faire attention.
Au cuir chevelu, ces éruptions chroniques, dont le
vrai nom est impétigo et eczéma ^ se compliquent souvent d'abcès superficiels. Des abcès se forment aussi sur les membres.
Nous reviendrons d'ailleurs sur ce sujet quand nous parlerons des maladies de la peau.
Les ganglions lymphatiques du cou, à la base de la mâchoire, à la nuque, etc., sont engorgés, isolément ou groupés par masses, et lentement arrivent à suppuration. La peau de la région engorgée rougit, s'amincit et s'ulcère ; il s'établit ainsi des fistules, des plaies, qui ne se ferment qu'au bout de plusieurs mois, et avec peine, en laissant des cicatrices très apparentes {humeurs froides^ écrouelles).
Les yeux sont souvent atteints. Les paupières deviennent rouges, épaisses, la surface des yeux s'en- ÛSimme {ophthalmie scrofiileuse); la lumière est alors très difficilement supportée.
Le nez se gonfle et se remplit de croûtes. Les oreilles sont le siège d'un écoulement purulent (ptorrhée)^ parfois le tympan se perfore et les os voisins se carient.
Plus tard, dans la seconde enfance, on observera des inflammations chroniques des os des membres et des articulations (^w/newr5 blanches^ coxalg le, etc).
L'affection scrofuleuse même la plus légère dure toujours longtemps ; avec de bons soins, peu à peu la constitution de l'enfant se fortifie au point de ne plus présenter trace de la maladie. Quand elle est grave, la scrofulose se prolonge pendant une ou plusieurs années ; elle se localise successivement à diverses parties du corps ; ces localisations, superfi-
cielles d'abord, deviennent profondes, accompagnées d'interminables suppurations qui finissent par épuiser le malade.
Comme hygiène générale, il faudra une alimentation appropriée à l'âge de l'enfant et fortifiante, une habitation aérée et ensoleillée, la campagne ou mieux les bords de la mer pendant l'été ; l'huile de foie de morue, le vin de quinquina, pris alternativement et longtemps continués, produiront de bons résultats ; les parties malades seront tenues dans le plus grand état de propreté.
Le traitement spécial de la scrofulose sera, bien entendu, dirigé par le m.édecin, mais il ne faut pas oublier qu'il importe de prendre ses conseils dès le début de la maladie, car le traitement toujours long, aura d'autant plus de chances de réussite qu'il aura été commencé plus tôt.
Tuberculose.
De même que la scrofulose, la tuberculose est une maladie générale qui peut être acquise sous l'influence de toutes les causes débilitantes, la misère, une mauvaise alimentation, le sevrage prématuré, le travail trop précoce (dans les manufactures en particulier), et qui peut être transmise des parents aux enf^uits par hérédité. Les causes de ces deux maladies sont les mêmes, leurs manifestations sont différentes.
Rare au-dessous d'un an, la tuberculose se rencontre plus fréquemment chez les enfants au-dessus de cet âge.
Les marAfestations de Ja tuberculose sont beaucoup plus généralisées chez Tenfant que chez l'adulte, elles ne sont que très rarement bornées à un seul organe. Les organes respiratoires et les organes digestifs sont ordinairement envahis à la fois.
La maladie suit quelquefois une marche aiguë ; le plus souvent elle se développe lentement et sa durée est- longue. Les enfants deviennent pâles, amaigris, languissants ; cependant ils ont conservé leur appétit qui, parfois, est même vorace.
Les intestins et les ganglions voisins peuvent être alors le siège d'inflammations accompagnant le dépôt d'un produit tuberculeux, matière grisâtre, de^itransparente , qui s'agglomère en grumeaux plus ou moins gros, puis se ramollit et donne lieu à des ulcérations, qui se révèlent par une diarrhée abondante prolongée. Cette maladie chronique a reçu le nom de carreau.
La tuberculisation peut envahir la surface interne de l'abdomen, le péritoine [péritonite tuberculeuse) ; les enfants vomissent parfois, ont des coliques sourdes avec constipation alternant avec du dé- Yoiement, leur ventre est dur, douloureux, et il acquiert un volume qui contraste avec l'amaigrissement général.
La tuberculisation des bronches et des poumons (phtisie) s'annonce par une toux sèche, une respiration courte et précipitée. Les forces du petit malade déclinent de semaine en semaine, au point qu'il ne peut plus bouger de son lit ; pourtant
son intelligence reste vive. U est miné par de la
fièvre et des sueurs , et succombe après quelque? mois de souffrances.
Les soins généraux de la tuberculose sont semblables à ceux de la scrofulose. Ils devront le plus possible être préventifs, c'est-à-dire être appliqués avant toute localisation manifeste. Ainsi on ne permettra pas à une mère phtisique d'allaiter son enfant. L'enfant né d'un père phtisique et d'une mère bien portante pourra être nourri par cette dernière SI. en même temps qu'elle a une bonne santé, elle possède toutes les qualités d'une excellente nourrice ; autrement, on préférera une bonne nourrice au sein, car dans ce cas il est important que l'allaitement se fasse dans les meilleures conditions et puisse être longtemps continué.
IW — - Maladies du système nerveux Convulsions.
Nous Tavons déjà dit, les jeunes enfants sontd'un-er impressionnabilité et d'une mobilité extrêmes; en même temps, l'organe des mouvements volontaires, le cerveau, est encore peu développé, mais en voie d'accroissement actif. D en résulte que, dans les deux premières années de la vie, toutes les causes d'excitation, les impressions les plus légères (une piqûre d'épingle) comme les maladies les plus sé->
rieuses provoquent aisément des troubles dans les ton étions du système nerveux. Ces troubles se traduisent surtout par des secousses involontaires et spasmodiques dans les muscles, avec perte plus ou moins complète de connaissance, — par ce qui est ia terreur de toutes les mères : des convulsions.
Toutes les convulsions sont bien loin d'avoir la même gravité , Les convulsions causées par une peur, une colère, une piqûre, une indigestion, ou celles qui surviennent au début d'une fièvre éruptive légère, bien qu'elles dénotent chez Tenfant une prédisposition fâcheuse qui devra être surveillée, ne sauraient avoir l'importance des convulsions qui éclatent dans le cours des maladies graves.
Quant aux caractères des convulsions, celles qui sont violentes et prolongées ou celles qui se produisent à des intervalles rapprochés, seront évidemment plus à craindre que les convulsions dont l'accès est passager et dure peu. Cela tient à ce que pendant les accès convulsifs la respiration est entravée^ et que la suffocation brusque ou Tasphyxie lente en sont les deux conséquences possibles.
Il faut donc bien distinguer les circonstances dans lesquelles se produisent les convulsions, bien observer la durée et la marche de l'accès, pour donner à cet accident, qui effraye toujours, son importance réelle.
L'attaque de convulsions peut éclater brusquement ou être annoncée par quelques phénomènes précurseurs tels que de l'insomnie, de l'irascibilité, de Fagitation, ou au contraire de l'assoupissement avec
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tressaillements et cauchemars. Le regard de l'enfant devient fixe, exprime la terreur, les yeux pris de mouvements saccadés se dirigent en haut sor3 la paupière supérieure où ils se fixent un moment en ne laissant paraître que leur partie blanche, pour être ensuite entraînés "d'une façon désordonnée indifféremment à gauche et à droite. Les muscles de la face se contractent, les angles de la bouche sont tirés en dehors, les lèvres violacées se couvrent souvent d'une salive mousseuse ou un peu sanguinolente, les mâchoires se serrent en faisant entendre des grincements de dents. La tête est rejetée en arrière ou de côté. Les doigts sont fléchis avec force, les poignets se retournent de dehors en dedans et de dedans en dehors alternativement, les avant-bras se replient sur les bras, les bras se tortillent en divers sens. Les membres inférieurs sont le siège de contractures analogues, mais en général moins fortes. Le torse est raidi.
En même temps, la connaissance et la sensibilité sont toujours abolies d'une façon plus ou moins complète. Le pouls est très accéléré et très petit, la respiration fréquente et bruyante, la peau est moite, chaude à la tête, froide aux extrémités.
Les mouvements convulsifs restent parfois limités à une partie ou à un côté du corps, mais se généralisent souvent. Ils se propagent de la face, qui est le siège des premières secousses, aux membres supérieurs, puis en dernier lieu aux membres inférieurs et au tronc quand l'attaque est violente et complète. On lui donne alors le nom à'écla7npsie.
La durée de l'accès convulsif varie suivant les causes qui le produisent. Il cesse au bout de quelques minutes pour ne plus reparaître, ou il se prolonge pendant des heures entières pour disparaître tout à coup ou diminuer peu à peu, de telle sorte que les régions envahies les dernières sont abandonnées les premières et que c'est toujours à la face qu'on l'observe le plus longtemps. On en voit se prolonger pendant des journées entières avec de courts intervalles de calme.
Les convulsions liées à une indigestion, à la présence de vers dans l'intestin, à la sortie laborieuse d'une dent, à une piqûre ou à une brûlure, etc., sont en général partielles et passagères. Elles ne reparaissent pas et le malade revenu à lui retrouve sa santé habituelle.
Les convulsions que l'on observe quelquefois au début des fièvres éruptives et de la broncho-pneumonie, quoique intenses et générahsées, sont ordinairement bornées à un seul accès et n'ont pas par elles-mêmes de gravité. Les convulsions qui éclatent dans le cours de ces mêmes maladies, comme celles qui surviennent dans la coqueluche et le croup, ont au contraire une très fâcheuse signification.
Les convulsions, mêhie partielles et incomplètes, mais qui se produisent par accès multipliés, coup sur coup, chez un enfant affaibli par de la diarrhée, une mauvaise alimentation ^ une hémorrhagie, etc., sont toujours redoutables.
Les convulsions qui restent limitées à un seul côté du corps ou à un seul membre, et à la suite
desquelles persiste quelque trouble nerveux, sont le plus souvent un des symptômes d'une lésion cérébrale et ont par cela même beaucoup de gravité.
On doit chercher, en présence d'un enfant atteint de convulsions, à combattre l'intensité et les effets immédiats de l'accès convulsif, à en supprimer la cause et par suite à en prévenir le retour. Pendant Taccès on desserrera bien vite les vêtements de l'enfant, on renouvellera l'air de la chambre, on maintiendra le malade dans son lit près de la fenêtre ouverte, mais abritée du jour, on lui mettra des compresses d'eau froide sur la tête et on lui appliquera sur la poitrine et les extrémités des cataplasmes sinapisés, des sinapismes ou des compresses trempées dans de l'eau chaude. On fera préparer un bain tiède dans lequel on le plongera tout en lui arrosant la tête d'eau froide.
En même temps, on tâchera de lui faire avaler un peu de sirop d'éther à l'aide d'une cuillère à café introduite sur le côté des mâchoires et sur la langue et versé avec attention (la déglutition est bien rarement impossible même dans les crises violentes).
La mère doit pouvoir donner au médecin tous les renseignements capables de l'éclairer sur la cause de la convulsion. Comment était l'enfant immédiatement avant la convulsion ? Et la veille ? Etait-il constipé ? Avait-il au contraire un peu de diarrhée ? A« t-il eu de la fièvre ? A.-t-il eu une indigestion ? S'il est en train de faire des dents, comment sa dentition s'est-elle passée jusqu'alors? — Et la convulsion elle-même, à laquelle le médecin n'assistait
pas, comment s'est-elle produit? A-t-elle été locale, c'est-à-dire s'est-elle produite sur une seule partie du corps, et sur quelle partie ? A-t-elle au contraire été générale 2 Combien de temps a-t elle duré? N'y a-t-il eu qu'un accès? — Et la nourrice r N'a-t-on à se plaindre ni do son lait, ni de son caractère, ni de ses habitudes ?
Une mère attentive et soigneuse doit être capable de fournir au médecin tous ces renseignements, lorsque celui-ci les lui demande, pour apprécier la cause probable et la nature de la convulsion, et par conséquent prescrire le traitement approprié.
Cet exemple mieux que tout ce que nous pourrions dire, fera comprendre à nos lectrices le but que nous avons cherché à atteindre, en donnant au chapitre des maladies de l'enfant le développement qu'il nous semblait mériter.
Spasme de la glotte.
La face, les membres et le torse ne sont pas toujours le seul siège des convulsions ; les organes internes en sont aussi quelquefois atteints. C'est même ce qui a fait diviser les convulsions en convulsions externes et convulsions internes; les premières sont de beaucoup les plus communes. Les convulsions internes sont au contraire assez rares, et c'est à tort que des personnes inexpérimentées donnent ce nom à de simples malaises, toutes les fois que la cause de ces malaises leur semble inconnue
Le spasme de la glotte est une convulsion interna
qui frappe les muscles du larynx (glotte); elle n'atteint guère que des enfants âgés de quatre à dix mois, et parmi eux ceux qui sont chétifs, mal nourris et menacés de rachitisme. C'est une maladie sérieuse, mais heureusement assez rare.
Le froid extérieur, les quintes de coqueluche prolongées^ les cris violents, sont les causes occasionnelles ordinaires de cette maladie.
Le spasme de la glotte se traduit par un accès de suffocation, qui vient brusquement surprendre au milieu du calme le plus parfait le nourrisson qu'un état d'appauvrissement prédispose à cet accident. La respiration s'interrompt, la face s'injecte, la physionomie est anxieuse, la tête se renverse en arrière, les yeux sont fixes, l'enfant présente tous les caractères d'une asphyxie commençante. Cet arrêt de la respiration dure quelques secondes, et une suite d'inspirations sonores et brèves sans expiration intermédiaire annonce la fin du spasme de la glotte; la respiration redevient normale.
Pendant cet accès, les battements du cœur sont tumultueux, le pouls précipité et très petit, la peau violacée se couvre d'une sueur froide, et des évacuations involontaires ont lieu.
Le spasme de la glotte peut se borner à un accès ; ordinairement il donne lieu à une série d'accès revenant à intervalles variables pendant quelques jours.
La brièveté des accès et leur éloignement sont des particularités favorables à la guérison de cette maladie, qui est toujours grave.
Il y a certain rapport entre la constriction con-
MALADIES DE ï 'ENFANT
vulsive du faux croup et le spasme de la glotte; mais ce dernier se reconnaît à l'absence des symptômes inflammatoires, à ce qu'il n'y a ni enrouement, ni coryza, ni toux aboyante, et à la série d'inspirations sonores qui le caractérise.
La première médication à employer contre ce spasme est semblable à celle des autres convulsions ; ensuite on suivra les instructions du médecin. Contre le retour des accès, une bonne hygiène, une bonne alimentation, et des préparations toniques, quinquina, huile de foie de morue, conviendront avant tout.
Méningite.
La méningite qu'on appelle souvent aussi fièvre cérébrale, est une inflammation des membranes qui enveloppent le cerveau (méninges). C'est une maladie toujours grave, mais qui heureusement est rare pendant la première année de la vie, et peu commune aussi à partir de la sixième année.
Quelquefois la méningite est franchement aiguë; elle peut être le résultat d'une insolation, ou compliquer une autre maladie ; dans ce cas le début est brusque, la marche de la maladie est rapide, et continue.
Très ordinairement, la méningite des enfants est une manifestation de la tuberculose, c'est une méningite tuberculeiÀse, dont les petites victimes sont principalement les enfants nés de parents tuberculeux.
Les enfants prédisposés à cette maladie ont une
constitution frêle ; quelques-uns ont de l'embonpoint, un teint frais, mais leurs chairs sont molles ; leur caractère est très impressionnable. Toujours est-il qu'on les voit maigrir sans motif apparent, devenir tristes, apathiques, irascibles, inquiets ; ils se plaignent parfois de mal de tête et leur sommeil est agité. Ces premières modifications de la santé générale durent quinze jours, un mois, trois mois; après quoi, Fenfant est pris d'une fièvre modérée, de vomissements alimentaires et bilieux, en même temps que d'une constipation opiniâtre.
Bientôt, la seconde période de la méningite s'annonce par du délire nocturne, des grincements de dents, des cris inconscients. L'enfant répond encore aux questions, mais d'un air ennuyé, pour retomber aussitôt dans un état de somnolence à peu près continuelle ; il est pâle avec des rougeurs subites au visage. Son ventre est aplati et enfoncé. On trouve à ce moment qu'il a le pouls ralenti (les pulsations de 120 ou 130 descendent à 90 et 60) et irrégulier dans sa force et son rhytme.
A cet état qui persiste en général pendant deux ou trois jours, succède la troisième période de la maladie : reprise de la fièvre avec chaleur et accélération du pouls, assoupissement profond interrompu par des convulsions partielles ou au contraire par des apparences de mieux. Les convulsions sont suivies de paralysies tantôt passagères, tantôt permanentes ; si malgré les soins donnés à l'enfant, la méningite atteint cette troisième période, les chancea de guérison sont alors devenues bien faibles.
MALADIES DE L'ENFANT m
On combattra la prédisposition à la méningite tuberculeuse par une bonne hygiène, on développera les forces physiques de l'enfant et on ménagera longtemps ses facultés intellectuelles.
Paralysie spinale.
Cette maladie, assez rare d'ailleurs, n'est guère à craindre chez les enfants que de neuf mois à deux ans ; elle peut frapper également les enfants robustes et les chétifs. Elle consiste dans une inflammation partielle de la moelle épinière amenant peu à peu l'atrophie des muscles et des os des membres.
Ldi paralysie spinale débute, sans cause appréciable, chez un enfant en pleine santé et se manifeste la nuit par de la fièvre, de l'agitation, parfois des convulsions, des raideurs et des douleurs dans les membres ; et le matin, on remarque qu'il a perdu l'usage d'un ou de plusieurs de ses membres, le plus souvent des deux membres inférieurs, et, dans les cas les plus violents, des bras et des jambes à la fois . La fièvre et l'agitation cessent au bout de vingtquatre ou quarante-huit heures, tandis que la paralysie subsiste; elle a atteint d'emblée son maximum d'intensité. Les membres paralysés prennent une teinte bleuâtre et se refroidissent ; la sensibilité est conservée.
Après un nombre de jours variable (de trois à quinze), la paralysie se localise exclusivement dans un membre ou dans une partie d'un membre, qui reste alors frappé d'inertie définitive et s'atrophie
tandis que les autres muscles primitivement frappes recouvrent leur fonction.
La santé générale de l'enfant se conserve bonne. La paralysie locale a pour conséquences incurables l'atrophie, la déformation, l'arrêt de développement du membre lésé.