‹ Le livre des légendesChapitre 1 sur 32 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

lumières jaillissent des deux éléments opposés qui forment ces récits, le vrai et le faux. L'homme s'y retrouve tout entier, c'est-à-dire : la vie matérielle, agissante, peut être étudiée dans les actions véritables ; dans celles au contraire que créa l'imagination , on peut saisir la vie de l'àme et de l'esprit. Le premier élément de tous ces récits, c'est le merveilleux, le merveilleux si puissant, qui donne à l'homme tout ce que le Créateur lui a refusé. Pris en lui-même, ce merveilleux n'existe pas, puisque généralement nous appelons ainsi ce qui est extraordinaire et indigne de toute croyance ; mais considéré comme création de Tesprit, le merveilleux existe et jette en nous des racines d'autant plus profondes qu'il a une de ses premières sources dans nos passions diverses. Non content d'avoir exercé sa puissance sur les monuments de l'histoire, le merveilleux s'est attaqué aussi au monde physique. Dieu , en créant ce monde , l'avait fait si beau; il y avait dans sa magnificence tant de mystère, dans sa marche tant d'ordre et d'harmonies, mais tant de lois cachées, impénétrables, que l'on trouva plus facile d'ajouter aux opérations de la nature des prodiges monstrueux et bizarres, que de chercher à connaître ce que le Tout-Puissant a laissé entrevoir et comprendre aux hommes, après des siècles d'étude et d'incalculables efforts. C'est pourquoi, attribuant au monde physique une puissance que son auteur lui avait refusée, l'imagination de l'homme se plut à douer chacim des objets qui le composent de vertus surnaturelles et chimériques : l'arbre des forêts et la plante de nos campagnes, les rochers du rivage et les pierres qui se mêlent aux sables de la

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