‹ Le livre des martyrs [microforme]Chapitre 21 sur 27 · LA · texte numérisé non relu

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80 Histoire des Marty:s, par Foxe.

ment et d'accorder à Standish sa protection. Le roi, étant en grande perplexité, demanda à Versey, ci-après évêque de Exeter, de déclarer sur sa conscience la vérité à ce sujet. Son opinion fut contre l’immunité; ainsi une autre audience étant appointée, Standish fut accusé d’enseigner que—les ordres inférieurs n'étaient pas sacrés ; que leur exemption n'était pas fondée sur un droit divin, mais que les laïques pouvaient les punir ; que les canons de l'église ne ies liaient pas jusqu’à leur consécration ; et que l’étude du droit canon était inutile. De ces opinions, il en nia quelquesunes et justifia les autres. Veney étant requis de donner son opinion, allégua que les lois de l’église n’obligeaient que où elles étaient reçues ; ainsi l'exemption des clercs n’étant pas reçue n'était pas obligatoire en Angleterre. Les juges donnèrent comme leur opinion que ceux qui poursuivaient Standish avaient tort, Ainsi la cour fut dissoute. Mais dans une autre audience, en présence du parlement, le cardinal dit, au nom du clergé, que quoiqu'ils ne comptaient rien faire contre les prérogatives du roi, cependant faire le procès des clercs semblait contraire à ia liberté de l'église, qu'ils étaient tenus par leurs serments de maintenir, Ainsi ils demandèrent que l'affaire fut référée au pape.

Le roi répondit qu’il croyait que Standish leur avait répondu suffisamment ; l’évêque de Winchester répondit qu’il ne voudrait pas se ranger à son opinion, à son risque, Standish demanda sur cela ‘Qu'est-ce qu’un pauvre moine peut faire contre le clergé d'Angleterre.” L’archevêque de Canterbury répondit, ‘* Quelques-uns des pères de l’église ont souffert le martyre à ce sujet ; ” mais le juge en chef répondit, ‘‘ plusieurs saints rois ont maintenu cette loi, et plusieurs saints évêques lui ont abéi.”’ En conclusion, le roi déclara qu'il maintiendrait ses droits et ne les soumettrait pas aux décrets de l'église, antrement que n'avaient fait ses ancêtres, Horsey fut assigné de paraître dans son procès pour le meurtre de Hunne ; et comme il plaida non coupable, aucun témoin ne fut amené et il fut déchargé. Le mécontentement du peuple s'accrut par cela, et beaucoup de choses les préparèrent à renverser la tyrannie ecclésiastique.

Ce fut le premier trouble dans ce règne jusqu’à ce que le procès pour le divorce commença. Dans tous les autres points il était constamment dans les bonnes grâces du pape, qui lui envoya les compliments ordinaires des roses et telle autre bagatelle par lesquelles ce

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Histoire des Martyrs, par Foæe. 91.

siècle traita les princes si longtemps comme des enfants. Mais aucune faveur ne flatta davantage la vanité du roi comme le titre de ‘ défenseur de la foi” que lui envoya le pape Léon pour le livre qu'il avait écrit contre Luther. Ce livre, outre le titre ci-dessus, attira sur le roi tout ce que la flatterie pouvait inventer pour l'exalter ; tandis que Luther, nullement intimidé pas un tel antagoniste, y répondit et traita Henri avec aussi peu de respect dû à un roi que ses flatteurs en avaient trop montré, La traduction du Nouveau Testament par Tyndal, avec notes, attira sur elle une sévère condamnation du clergé, qui désirait cacher ce livre au peuple, Cela montre l’état des affaires dans l'église et dans l’Etat, quand le procès du divorce du roi fut d’abord commencé, De cet évènement commenca la fortune de Cranmer et la chute de Wolsey. Le grand sceau fut ôté à celui-ci et donné à Sir Thomas More; et il fut poursuivi pour avoir tenu des cours de légat par une autorité étrangère aux lois d'Angleterre. Wolsey 8e reconnut ccupable de l'acte d’accusation et se soumit au bon vouloir du roi ; ainsi on passa jugement sur lui, et son magnifique palais et ses meubles furent saisis pour l’usage du roi. Toutefois le roi lui remit les revenus temporels des sièges de York et de Winchester, et plus de £6000 en vaisselle et autres objets ; ce qui le transporta tellement que l’on dit qu’il tomba à genoux dans un chenil devant le messager qui lui apporta les nouvelles. Des chefs d’accusations furent portés contre lui dans la chambre des lords pour obtenir un bill pour haute trahison, où il n'avait que peu d'amis ; dans la chambre des communes, Cromwell, qui avait été son secrétaire, conduisit si bien l'affaire, qu’il se réduisit à rien. Cela ayant échoué, ses ennemis le firent envoyer à Yorshire ; il y alla en grande pompe avec 162 chevaux et 72 voitures dans sa suite et il y demeura quelque temps. Mais le roi étant informé qu'il concertait avec le pape et l’empereur, il envoya le comte de Northumberland pour l'arrêter pour haute trahison et l’amener à Londres, En chemin il tombe, malade et mourut à Leicester, faisant de grandes protestations de constante fidélité au roi, particulièrement dans l’affcire du divorce; et désirant d’avoir servi Dieu aussi fidèlement qu’il avait servi le roi, car alors il ne l’aurait pas rejeté dans sa vieillesse ; mots sur lesquels les favoris en baisse ont coutume de réfléchir dans l’adversité, quoique rarement ils s’en souviennent au comble de leur bonne fortune.

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