ACCESSION DE LA REINE MARIE ET LES PERSÉCUTIONS PENDANT SON RÈGNE
Il est affirmé par des catholiques romains, ‘ Que ceux qui ont souffert la mort, pendant le règne de Marie avaient été coupables de haute trahison en désirant la succession de Jane Grey à la couronne.” Il est, toutefois, facile de prouver le contraire. Qui a jamais entendu parler de queïqu'un étant brûlé vif pour trahison ? Même en supposant que ces hommes et ces femmes des classes pauvres qui soffrirent la torture ou la mort, avaient été coupables d'essayer de priver Marie de ses droits légaux, la punition que la loi infligeait était la pendaison ou la décapitation et non pas ces terribles tortures dont le récit, fait glacer le sang dans nos veines. S'ils étaient des traîtres, pourquoi étaient-ils menés devant les évêques pour être examinés eux qui certainement n’était pas les juges ordinaires dans de tels cas ? et si la haute trahison était leur crime, comment se fait-il qu'on n’en fit jamais mention à leurs procès? Ayant dit ceci pour en faire une sorte d'introduction, nous procèderons à traiter des Actes et des Monuments des Martyrs anglais.
A la mort du roi Edouard, la couronne devait échoir légalement à sa sœur aînée Marie qui n’était qu’à une demie journée de chemin
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de Londres. Elle recut avis par le comte de Arundel, de la mort de son frère et de la lettre patente pour la succession de lady Jane. Sur cela elle se retira à Framlingham en Suffolk pour se trouver près de la mer afin de pouvoir échapper en Flandre si c'était nécessaire, Le 9 juillet elle écrivit au conseil leur disant que ‘‘elle avait appris que son frère était mort, qu'ainsi elle succédait à la couronne mais était surprise qu'elle ne recevait pas de leurs nouvelles ; qu’elle comprenait bien les consultations séditieuses qu'ils entretenaient, mais qu’elle pardonnerait à tous ceux qui rentreraient sous l'obéissance et proclameraient son titre à la couronne.”
On trouva alors que la mort du roi ne pouvait pas être gardée secrète : en conséquence quelques-uns des membres du conseil privé allèrent trouver Jane, et la reconnurent comme leur reine, La nouvelle de la mort du roi l’affligea beaucoup, et être élevée au trône accrut plutôt sa peine que de la diminuer. C'était une personne de talents, de connaiïssances et de vertus extraordinaires, Elle connaïssait le latin et le grec et se plaisait à l’étude, Comme elle n'était pas affectée de l'humeur volage qu’on rencontre ordinairement à son âge et dans sa position, elle ne fut pas exaltée par la perspective d’une couronne et aussi peu abattue quand son palais devint une prison. La seule passion qu’elle montra fut dans le souci qu'elle exprima pour son père et son mari qui périrent avec elle et en apparence à cause d'elle; quoiqu’en réalité l’ambition de Northumberland et la faiblesse de son père causèrent sa ruine,
Elle rejeta la couronne quand elle lui fut d’abord offerte; elle dit, qu’elle savait qu’en justice elle appartenait aux sœurs du roi défunt, et ne pouvait en bonne conscience la porter ; mais on lui dit que les juges et les conseillers privés avaient déclaré qu’elle lui était échue suivant la loi, Ceci, joint aux instances de son mari, de son père et de son beau frère, la fit accepter. Là-dessus, vingt-et-un conseillers privés signèrent une lettre adressée à Marie lui disant que la reine Jane était maintenant leur souveraine, et que comme le mariage entre son père et sa mère avait été déclaré nul, ainsi elle ne pouvait pas succéder à la couronne ; ils exigèrent qu’elle se soumit aux arrangement maintenant faits, et, si elle s’y soumettait volontiers ils lui promirent de grandes faveurs. Le jour suivant ils proclamèrent Jane,
L’inimitié reconnue de Northumberland pour le défunt duc de
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Histoire des Martyrs, par Foxe, 141
Somerset et les soupçons qu'il était l’auteur de la mort prématurée d'Edouard créa au sein de la nation une grande aversion contre lui et sa famille et la disposa en faveur de Marie, qui pendant ce temps était bien active à lever des troupes pour maintenir sa prétention, Pour attacher les protestants à sa cause, elle promit de ne rien changer à la religion réformée telle qu’établie sous son frère, et avec cette assurance un corps considérable de soldats de Suffock joignit ses étendards.
Northnmberland était maintenant dans la perplexité, hésitant entre son désir de se mettre à la tête d’une armée levée pour s'opposer à Marie et la crainte de laisser Londres au gouvernement du conseil dont la fidélité lui inspirait des doutes sérieux. Il fut, toutefois, enfin obligé d'adopter ce dernier procédé ; et awant son départ de la métropole, il adjura les membres du conseil et toutes personnes en autorité de demeurer fermes dans la cause de la reine Jane sur le succès de laquelle dépendait la durée de la religion protestante en Angleterre. Ils promirent tout ce qu’on leur demandait et il partit encouragé par leurs protestations et leur zèle apparent.
Le parti de Marie, cependant continuait tous les jours à croître. Hasting se rangea de son côté avec 4,000 hommes provenant de Buckinghamshire, et elle fut proclamée reine en plusieurs endroits. Enfin le conseil privé commença à voir son danger ; et outre ses craintes pour son danger personnel, d’autres motifs influencèrent plusieurs de ses membres. Pour s'échapper de la Tour, où ils étaient détenus, ostensiblement pour donner dignité à la cour de la reine Jane mais réellement comme prisonniers, ils prétendirent qu’il était nécessaire de donner audience aux ambassadeurs étrangers et la maison du comte Pembroke fut choisie dans ce but.
Là, ils résolurent de déclarer Marie comme reine. Ils envoyèrent chercher le lord maire et les aldermen et gagnant leur adhésion, Marie fut proclamée reine le 19 juillet. Ils envoyèrent alors à la Tour exigeant que le duc de Suffolk quittât le gouvernment de cette place et que lady Jane déposât le titre de reine, Elle s’y soumit avec beaucoup de grandeur d’âme et son père avec abjection.,
Le conseil envoya ensuite l’ordre à Northumberland de se soumettre à la reine, Là-dessus il débanda ses forces, se rendit au marché à Cambridge et proclama Marie comme reine, Le comte de
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Arundel fut envoyé pour l'arrêter ; quand Northumberland fut amené devant lui, il tomba à ses pieds pour lui demander grâce. Il fut envoyé à la Tour avec trois de ses fils et Sir Thomas Palmer.
Chacun alors se rendit pour implorer la faveur de la reine, et Ridley parmi ie reste, mais il aussi fut envoyé à la Tour; la reine ayant résolu de mettre Bonner de nouveau dans le siège de Londres, Quelques-uns des juges et plusieurs nobles y furent aussi envoyés et parmi eux le duc de Suffolk ; qui fut, toutefois trois jours après remis en liberté,
Marie vint à Londres le 3 août. Sur son chemin elle rencontra sa sœur Elisabeth, avec mille cavaliers qu’elle avait rassemblés pour venir à son secours, Ainsi Marie fut établie sur le trône d'Angleterre, Elle fut couronnée à Westminster dans la forme habituelle ; mais les conséquences qui en résultèrent furent terribles, La première chose qu'elle fit fut de tirer vengeance de tous ceux qui avaient appuyé le titre de lady Jane Grey. Le duo de Northumberland fut décapité sur la hauteur @e la Tr et mourut sans être regretté. Les autres exécutions qui su w furent nombreuses. Le parlement fut assez docile pour accorder toutes les demandes de la reine, et il passa un acte établissant la religion . papiste. C'était ce qu’elle voulait, Ayant maintenant le pouvoir en main elle se mit à l'exercer de la manière la plus arbitraire, Il parut bientôt évident qu’elle était privée de toute compassion humaine et pouvait sans aucune répugnance tyranniser les consciences,
Rébellion de Wyatt—Conduite de Lady Jane Grey et son Exécution.
Le premier mois de 1554 commença par la persécution. Le Dr. Crome fut enfermé à la Fleet pour avoir prêché sans licence le jour: de Noël ; et Thomas Wotton, Ecr. par rapport à la religion,
La publication du mariage projeté de Marie avec Philippe d’Espagne fut très bien vue du peuple et par plusieurs des nobles; et peu de temps après il s’éleva une rébellion dont Sir Thomas Watt était l’un des chefs. Il dit que la reine et le conseil amèneraient, par ce mariage sur le pays cet esclavage et despotisme civil et religieux qui est l’un des résultats de la papauté développée,
Aussitôt que la nouvelle fut reçue à Londres de l'insurrection dans Kent et que le duc de Suffolk avait fui dans Warwickshire et Leicestershire pour lever des troupes dans ces comtés, la reino les
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fit proclamer traîtres tous les deux avec Carews de Devonshire ; elle envoya aussi des forces, sous Thomas, duc de Norfolk, dans Kent ; mais en atteignant Rochestwr-Bridge il se trouva si abandonné qu'il lui fallut revenir à Londres,
Suffolk s'étant sauvé dans le Warwickshire, le comte de Huntingdon fut envoyé contre lui, qui, entrant dans Coventry avant le duc, déjoua ses desseins, Dans sa détresse, le duc se fia à l’un de ses serviteurs dans le parc Astley ; mais étant trahi, il fut pris, envoyé à Londres et renfermé dans la Tour, De bonne heure en février, Wyatt s’avança vers Londres quand la reine, se rendant à Guildhall, fit un violent discours contre lui.
A la conclusion de son discours, Gardiner cria tout haut dans un élan d’admiration, ‘‘ Oh, que nous sommes heureux nous à qui Dieu a donné une reine si sage et si instruite.”
Le 3 février lord Cobbam fut enfermé dans la Tour, Wyatt, avec 4,000 soldats, vint à Southmark mais ne put s'emparer du pout de Londres. Il fut informé que la ville se soulèverait s’il venait à son aide ; mais il ne put trouver des bateaux pour le conduire à Essex, ainsi il fut forcé d’aller au pont de Kingston. Le 4 février il s’y rendit, mais il était brisé ; ses hommes le réparèrent et il atteignit Hyde Park le matin suivant, Ses troupes étaient fatiguées et découragées et ne s’élevaient pas maintenant à plus de 500; de sorte que quoique les forces de la reine auraient pu aisément les disperser, cependant elles les laissèrent avancer pour leur permettre de se jeter dans leurs mains. Wyatt marcha donc à travers le Straud et Ludgate Hill. Revenant de là, il fut opposé au Temple Bar et se rendit à Sir Clément Parson qui l’amena à la cour. Avec lui le reste de son armée fut aussi pris, environ 100 hommes ayant été tués. Un grand nombre furent pendus et Wyatt fut exécuté sur Tower Hill.
On résolut bientôt après de procéder contre lady Grey et son mari, Elle avait vécu six mois avec la perspective journalière de la mort, de sorte qu’elle ne fut pas beaucoup surprise de sa réalité, Fecknam, qui fut envoyé pour la préparer reconnut qu'il était étonné de sa conduite calme, de son grand savoir et de son jugement extraordinaire sur les questions religieuses. Ce qui suit est une partie de leur conversation :—
Fecknam—Madame, je déplore votre cas malheureux et cependant
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je ne doute pas que vous supportiez ce chagrin d’un esprit constant et patient,
Jane—Vous êtes le bienvenu, monsieur, si votre visit: est pour donner un exhortation chrétienne, Quant à mon malheureux cas, je remercie Dieu de le déplorer si peu que je le considère être une déclaration plus évidente de la faveur divine envers moi qu'il ne l’a jamais fait. C'est pourquoi il n’y a pas de raison pour que toute personne bien disposée envers moi soit affligée d’une chose si profitable au bien-être de mon âme.
Fecknam—Je viens à vous de la part de la reine et de son conseil pour vous instruire dans la vraie foi, quoique j'aie une si grande confiance en vous que, comme je l'espère, je n’aurai pas grand chose à y ajouter,
Jane-—En vérité, je remercie cordialement son altesse royale qui ne néglige pas son humble sujet ; et j’espère que vous également ne ferez pas moins votre devoir véritablement et fidèlement,
Fecknam--Qu'est-ce, alors, que l’on demande du chrétien ?
Jane—Qu'il croit en Dieu le Père, le Fils et le Saint Esprit ; trois personnes en un seul Dieu.
Fecknam—Quoi ! n’y a-t-il rien de requis pour le chrétien que de croire en lui,
Jane--Oui ; nous devons l’aimer de tout notre cœur, de toute notre âme et ‘le tout notre esprit ; et notre prochain comme nousmême,
Fecknam—Quoi, alors la foi ne justifie pas ni ne sauve ?
Jane—Oui, vraiment ; la foi, comme le dit St, Paui, seule justifie.
Fecknam—Mais St. Paul dit, ‘‘ Si j'ai la foi sans les œuvres, cela n’est rien,”
Jane—C'est vrai, car comment puis-je aimer celui à qui je ne puis me confier ? Ou comment puis-je me fier à celui que je n’aime pas ? La foi et l'amour vont ensemble et toutefois l'amour est compris dans la foi,
Fecknam—Combien y a-t-il de sacrements ?
Jane—Deux : l’un le sacrement du baptême, et l’autre le sacrement de la cène,
Feclnar—1 y à sept sacrements,
Jane—Dans quelle écriture trouvez-vous cela ?
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Histoire des Mariyrs, par Foxe. 145
Fecknam—Eh bien, nous parlerons de cela ci-après. Mais que signifie vos deux sacrements ?
Jane —Par le sacrement du baptême je suis lavée avec de tone et régénérée par l'Esprit ; et cette régénération est pour moi un gage que je suis enfant de Dieu. Le sacrement de la cène qui m’est offert et reçu avec foi, est un sceau et un témoignage assuré que je suis
fait participante du royaume éternel par le sang de Christ qu'il répandit pour moi sur la croix.
Fecknam—Quoi, que recevez-vous dans ce sacrement ? Ne recevez-vous pas le vrai corps et le sang de Christ.
Jane—Non, assurément ; je ne le crois pas. Je crois que, à la cène je ne reçois ni chair ni sang, mais le pain et le vin ; que ce pain quand il est rompu et ce vin quand il est bu, me font rappeler que pour mes péchés le corps de Christ fut rompu et que son sang fut répandu sur la croix ; et avec ce pain et ce vin je recois les avantages qui proviennent de son corps rompu et de son sang versé,
Fecknam—Est-ce que Christ ne prononce pas ces mots : ‘ Prenez et mangez, ceci est mon corps ?” Demandez-vous des mots plus clairs? Ne dit-il pas que c’est son corps ?
Jane—Je l’admets ; et il dit aussi, ‘Je suis la vigne,” ‘‘ Je suis la porte ; ” mais il n’est pas cependant la porte ou le vin. Est-ce que St. Paul ne dit pas. ‘‘Il appelle les choses qui ne sont pas comme si elles étaient ?”” Que Dieu me garde de dire que je mange le vrai corps naturel et le sang de Christ, car alors j’annule ma rédemption ou autrement il y aurait deux corps et deux Christs. Un corps fut tourmenté sur la croix, et s'ils ont mangé un autre corps alors, il avait deux corps ; ou si son corps était mangé alors il n’a pas été brisé sur la croix; ou s’il a été rompu sur la croix, il n’a pas été mangé par ses disciples,
C'est donc en vain qu’il s’efforça de pervertir sa foi. Ils discutère..t longtemps ; mais elle, étant bâtie sur une base solide, demeura inébranlable contre ses sophismes,
Elle fut d’abord beaucoup affectée quand elle vit son mari, lord Guildford Dudley, mené à l'exécution, mais elle se remit quand elle considéra que bientôt elle devait le suivre ; et, quand il exprima le désir de se dire adieu l’un à l’autre, elle le refusa, car elle pensa que cela accroitrait leur chagrin. Elle continua hprès à être si parfaite
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ment calme que quand elle vit le corps inanimé de son inari porté à la chapelle dans la Tour elle n’en montra aucune émotion.
En montant sur l'échafaud elle fit l'adresse suivante aux spectateurs : ‘* Bonnes gens, je viens ici pour mourir et par une loi j'y suis condamnée, L'action tentée contre son altesse la reine était illicite ainsi qne mon consentement ; mais quant à l’avoir procuré et favorisé dans mon intérêt je m'en lave aujourd’hui les mains dans l'innocence devant Dieu et en votre présence vous gens chrétiens, Je vous prie tous de me rendre témoignage que je meure en vraie femme chrétienne et que je n’espère être sauvée que par la miséricorde de Dieu par le sang de son fils unique, Jésus-Christ. Je confesse que quand je connaissais la parole de Dieu, je l’ai négligée, aimant et moi-même et le monde et en conséquence ce châtiment et cette punition me sont justement arrivés pour mes péchés. Toutefois je remercie Dieu que dans sa bonté il m’a donné le temps et le délai pour me repentir. Et maintenant mes bonnes gens pendant que je suis en vie, je vous prie de m'’assister de vos prières.” Alors s’agenouillant, elle se tourna vers Fecknam, disant, ‘ Dirai-je ce spaume ? ” et il lui dit, ‘‘ oui.”
Alors elle répéta le 51 psaume en anglais très dévotement, Elle se leva alors et donna à sa servante ses gants et son mouchoir et son livre à M. Burges. Après cela elle détacha sa robe, quand l’exécuteur s’avanca pour l'aider, mais, elle désirant qu’il la laissât seule, se tourna vers ses deux gentilsfemmes qui l’aidèrent à s’en débarasser et aussi de ses fronces, ses Paa/fts et son fichu, lui donnant un beau mouchoir pour lui bander les yeux.
Alors le bourreau s’agenouilla et lui demanda pardon, ce qu’elle lui accorda volontiers. Alors il désira qu’elle se tint sur la paille, quand elle vit le billot elle lui dit, ‘ Je vous prie de m’expédier promptement.” Elle s’agenouilla alors, disant, ‘* Voulez-vous l’ôter avant que je me baisse?” Le bourreau dit, ‘* Non, madame.” Elle attacha alors le mouchoir sur ses yeux et cherchant le billot, elle dit, ‘‘ Que dois-je faire? Oùest-il? Oùest-il” Un des assistants la conduisant auprès elle mit la tête dessus et alors étendant son corps elle dit: “Seigneur, dans tes mains je remets mon esprit !” Ainsi cette noble, savante et pieuse lady finit sa vie le 12 février, 1554, à l’âge d'environ dix-sept ans.
Sa mort fut aussi lamentée que sa vie avait été admirée, Elle
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affecta le juge Morgan qui avait prononcé sa sentence tellement qu’il en devint fou et croyait qu’elle le suivait. La reine ellemême en fut troublée puis que c'était plutôt des raisons d'Etat qu’un ressentiment privé qui l'avait induite à ordonner cette tragédie.
Son père, le duc de Suffolk, fut bientôt après jugé par ses paires, condamné et exécuté. Il fut d'autant moins regretté que ce fut par son moyen que sa fille souffrit une mort prématurée,
Martyre de John Rogers et de Laurence Saunders.
John Rogers, vicaire du St. Sépulcre et lecteur à l'église St Paul, reçut son éducation à l’université de Cambridge et fut enfin choisi chapelain à la manufacture anglaise à Anvers. Là il fit la connaissance de Tyndal, qu’il assista dans sa traduction du Nouveau Testament ; et avec Myles Coverdale, qui avait été expulsé d'Angleterre à cause des cinq articles vers la fin du règne de Henri VIII. En conversant avec ces intrépides et pieux serviteurs de Dieu, M. Rogers devint instruit dans les Ecritures ; et trouvant, d’après ces oracles sacrés, que le mariage est honorable entre tous, il entra dans cet état et il alla avec sa femme à Wittemberg en Saxe. Là en étudiant et en s'appliquant il acquit dans très peu de temps, une telle connaissance de la langue hollandaise qu’il put prendre la direction d’une congrégation chrétienne dans cette partie de l’Europe.
Quand Edouard monta sur le trône d'Angleterre, M. Rogers retourna dans son pays pour prêcher l'Evangile et ayant travaillé vec un grand succès le Dr. Ridley, alors évêque de Londres lui donna une prébende dans sa cathédrale de St. Paul. Il fut après cela choisit par le doyen et le chapitre comme un des lecteurs de cette église.
Quand Marie était dans la Tour recevant les pernicieux conseils de Gardiner, M. Rogers prêchait à Paul’s Cross, confirmant ces doctrines que lui et d’autres avaient enseignées au temps du roi Edouard et exhortant le peuple à y demeurer ferme et de se méfier des fausses doctrines qu'on devait introduire, Pour ce sermon le prédicateur fut cité devant le conseil ; et alors il plaida sa propre cause d’une manière si pieuse et si hardie quoique prudente qu’il détourna leur mécontentement pour cette fois. Il fut donc renvoyé, Mais après la proclamation de Marie contre les doctrines de l’église
réformée, M. Rogers fut de nouveau cité devant un conseil des évêques qui lui ordonnèrent de rester prisonnier ne parlant à personne dans sa maison. Ji y demeura un temps considérable jusqu’à ce qu’à l'instigation du sanguinaire Bonner, évêque de Londres il fut transporté à Newgate et placé parmi les criminels.
Après que M. Rogers eut été longtemps emprisonné à Newgate parmi les voleurs, souvent examiné, traité très peu charitablement et enfin injustement et cruellement condamné par Gardiner, il fut, le 4 février soudainement averti par la femme du gardien de Newgate de se préparer à être brûlé. Elle le trouva endormi et il ne fut éveillé qu'avec difficulté. Enfin, étant réveillé, il fut conduit à Bonner pour être dégradé ; ceci étant fait il lui fit une demande ; celle de pouvoir dire quelques mots à sa femme avant d’être brûlé. Mais cela lui fut refusé. ‘ Ainsi” dit-il, ‘‘ vous montrez ce que vaut votre charité,”
Quand vint le temps de le mener à Smithfield, le shérif vint à lui et lui demanda s’il voulait révoquer ses abominables doctrines, M. Roger lui répondit, ‘Ce que j'ai prêché je le scellerai de mon sang.” Alors dit le shérif, “Tu es un hérétique. ‘On saura cela ” dit Rogers ‘‘ au jour du jugement.” ‘‘ Eh bien ” dit le shérif, ‘‘ Je ne prierai jamais pour toi.” ‘Mais je prierai pour vous ” répondit Rogers. Il fut amené le même jour qui était un lundi le 4 février vers Smithfield, répétant le psaume, Miserere en chemin, le peuple se réjouissant de sa fermeté. Là, en presence de Rochester, intendant de la maison de la reine, de Sir Richard Southwell, tous deux shérifs et de bien des gens, le feu fut allumé. Quand ses jambes et ses épaules commencèrent à brûler, lui, comme quelqu'un qui ne sentait aucune douleur, il lava ses mains dans les flammes, comme si c’eut été de l’eau froide. Après avoir levé les mains au ciel et ne les baissant pas jusqu'à ce que le feu dévorant les eut consumées, cet heureux martyr rendit très doucement l'esprit entre les mains de son Père céleste. Un peu avant de brâûler on lui offrit le pardon s’il voulait se rétracter ; il refusa absolument, Il fut le premier de tous les martyrs qui souffrirent sous le règne de la reine Marie ; ceux qui avaient été précédemment mis à mort ayant souffert comme traitres. Sa femme et ses enfants le rencontrèrent en s’en allant à Smithfield. Mais cette triste rencontre ne l’affecta pas ; il donna joyeusement sa vie en défense de l'Evangile de Christ,
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Alors suivit le révd. Laurence Saunders, Il fut martyrisé à Coventry le mois suivant. Etant d’une bonne famille il fut placé
‘de bonne heure à Eton, d'où, à un âge convenable, il se rendit au King's college, à Cambridge. Là il continua pendant trois ans et il
acquit beaucoup de connaissances 2t de savoir ; bientôt après il quitta l’université et d’après l'avis de ses parents devint marchand. Venant à Londres il fut engagé comme apprenti chez Sir William Chester, qui se trouva être shérif de Londres quand Saunders fut
‘brûlé à Coventry.
Il arriva que le maître, étant un homme bon et en entendant Saunders se lamenter dans ses prières secrètes lui demanda la cause de sa solitude et de ses lamentations. Trouvant qu’il n’aimait pas ce genre de vie et remarquant aussi qu'il était enclin à l'étude et à la contemplation spirituelle, il écrivit à ses amis et lui remettant son contrat le laissa libre. Ainsi Saunders, étant rempli de l'amour des connaissances et surtout de la lecture de la parole de Dieu ne
‘resta pas longtemps dans le trafic des marchandises r. is revint a
Cambridge où il commenca à ajouter à la connaissance du latin celle de la langue grecque dans laquelle il fit de grands progrès. Il y joignit aussi l'étude de l’hébreu. Alors il se donna entièrement aux Ecritures pour se préparer pour l'office de prédicateur.
Au commencement du règne d'Edouard il commença à prêcher et il fut tellement aimé de ceux qui étaient en autorité qu'il fut nummé pour donner une conférence au collège de Fotheringhay où, par sa doctrine et sa vie, il édifia les personnes pieuses et amena plusieurs ignorants à la connaissance de Dieu et ferma la bouche des adversaires, Il se maria vers ce temps-là et mena uné vie irréprochable devant tous les hommes. Le collège de Fotheringhay étant dissous if fut appointé lecteur dans le monastère à Lichfield où il se conduisit de telle sorte dans son enseignement et dans sa vie que même ses adversaires portèrent témoignage en faveur de son savoir et de sa piété. Après un temps il entra dans un bénéfice en Leicestershire appelé Churchlanton, où il enseigna diligemment et tint une maison ouverte, De là il fut appelé à Allhallows, Breadstreet, dans la ville de Londres, Il désira alors résigner sa cure à la campagne ; et après avoir pris possession de son bénéfice à Londres, il revint à Churchlanton pour s’en décharger.
Le dimanche 15 octobre, dans l’avant midi, il prononça un sermon
150 Histoire des Martyrs, par Foxe,
dans sa paroisse traitant ces paroles de St. Paul aux Corinthiens, ‘Je vous ai joints à un seul époux pour vous présenter à Christ comme une vierge chaste, Mais je crains que, comme le serpent séduisit Eve par sa ruse, vos pensées ne se corrompent aussi de la simplicité qui est en Christ.” L'après midi il était prêt à donner dans son église une autre exhortation à son peuple. Mais l’évêque de Londres s’interposa et envoya un officier pour l'arrêter, Cet officier le somma sous peine de contumace de se présenter incontinent à l’évêque. Etainsi Saunders fut amené devant Bonner qui l’accusa de trahison pour avoir enfreint la proclamation de la reine et d’hérésie et de sédition dans son sermon.
Après beaucoup de pourparler, l’évêque lui demanda d'écrire ce qu'il croyait de la transubstantiation. C’est ce que fit Saunders et l'évêque garda cet écrit pour son dessein, Bonner l’envoya au grand chancelier qui, incapable de résister à ses arguments s’écria, ‘“ Emportez ce fou frénétique en prison.” Saunders y demeura un an et trois mois et pendant ce temps il écrivit des lettres touchantes à Cranmer, Ridley et Latimer et aussi à sa femme et à d’autres,
Après son examen les officiers le conduisirent hors de la cour et restèrent pour attendre le reste de ses camarades prisonniers afin de les conduire ensemble à la prison. M. Saunders se tenait parmi les officiers, voyant une grande multitude de gens il parla librement, les avertissant des dangers qu’ils couraient en abondonnant Jésus-Christ pour l’antechrist. Cette fidèle conduite ne produisit pas, naturellement, une diminution dans la cruauté de ses adversaires ou un retard de ses souffrances mortelles, Elle ne fit qu’augmenter plutôt l’une et hâta l'autre. Presque immédiatement il fut livré au pouvoir séculier et amené par les shérifs de Londres au modérateur comme prisonnier dans sa propre paroisse de Bread-street, Il s’en réjouit grandement parce qu'il y trouva un prisonnier comme lui M. Cardmaker avec lequel il put entretenir des conversations chrétiennes et agréables; et parce que hors de prison, comme auparavant hors de la chaire il put avoir une occasion de prêcher à ses paroissiens, |
Le 4ème jour de février Bonner vint à la prison pour le dégrader et quand il eut fini M. Saunders lui dit, ‘‘ Je remercie Dieu que je ne sois pas de votre église.” Le jour suivant, dans la matinée, le shérif de =ondres le livra à quelques-uns des gardes de la reine qui
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° à Histoire des Martyrs, par Foæe. 151
thiens, étaient choisis pour le mener à Coventry pour y être brûlé. A son Christ arrivée, un pauvre ccrdonnier qui avait habitude de le servir vint à # serpent lui et dit ; O mon bon maître que Dieu vous fortifie et vous console.” À i de la ‘€ Bon cordonnier,” réprit-il, ‘ je désire que tu pries pour moï car É. donner je suis l’homme le moins compétent pour cet important office qu’on 7 évêque ait jamais choisi; mais mon Dieu qui est gracieux et mon cher À , Cet Père peut me rendre assez fort, La même nuit il fut mis dans la 1 ntinent prison commune parmi d’autres prisonniers où il dormit peu mais 4 ’accusa passa la nuit dans la prière et à instruire les autres. k. eine et Le jour suivant étant le 8 février il fut mené au lieu de l’exécution ÿ dans le parc, hors de la ville, vêtu d’une vieille robe et d'une Lil. d'écrire chemise, nu-pieds et tombant souvent par terre pour prier. Quand 4 aunders il fut arrivé sur le lieu, l’officer dit à M. Saunders qu'il était l’un 4 oya au de ceux qui corrompaient le royaume de la reine par une fausse 4 s’écria, | doctrine et l’hérésie, c’est pourquoi il méritait la mort ; mais toute- F. eura un fois s’il voulait révoquer ses hérésies la reine lui pardonnerait ; à chantes sinon, le feu qu'il voyait était préparé pour lui. M. Saunders lui . 1 res, répondit, “‘ Ce n’est pas moi ni mes compagnons prédicateurs de la 3 cour et = vérité divine qui ont fait du mal au royaume de la reine ; mais c’est L s afin de vous-même et de tels que vous qui ont résisté à la Sainte Parole de En. armi les Dieu; c’est vous qui corrompez le royaume de la reine, Je ne F nent, les maintiens aucune hérésie mais la doctrine divine, le Saint Evangile à 8-Christ du Christ, c’est elle que je maintiens, c’est elle que je crois, c’est 4 aturelle: elle que j’enseigne et que je ne révoquerai jamais.” En entendant 1 n retard cela son bourreau cria. ‘* Emmenez-le.” On emmena donc au 4 ôt l’une bûcher M. Saunders qui se montra courageux et joyeux. Il tomba À pouvoir par terre encore une fois et pria; il prit alors le poteau auquel il F. comme devait être enchaîné dans ses bras, l’embrassa et dit ; ‘O croix de 4 a réjouit Christ, tu es la bienvenue, toi la vie éternelle, tu es la bienvenue ; 4 lui M. ‘et étant attaché au bûcher et le feu y ayant été mis il s’endormit ns chré- doucement au Seigneur.
er Martyre de Jean Hooper, évêque de Worcester et Gloucester, 4 Jean Hooper, étudiant et gradué de l'université d'Oxford du iégrader temps de Henri VIII. encourut le déplaisir de certains docteurs u que je d'Oxford qui montrèrent bientôt leur inimitié contre lui jusqu’à tinée, le ce qu’enfin, par le moyen du Dr. Smith, il fut forcé de quitter
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152 Histoire des Martyrs, par Foxe. ° e
Peu de temps après, comme la malice produit toujours du mal, on avertit, M. Hooper de prendre garde à lui, cr il y avait du danger ; en conséquence il partit en route pour le bord de la mer pour aller en France, M. Hooper arriva à Paris, mais il retourna bientôt en Angleterre, et il fut retenu par M. Sentlow, jusqu’à ce qu’il fut de nouveau inquiété et recherché ; quand il fut forcé, sous la prétention d’être le capitaine d'un vaisseau allant en Irlande, de se mettre en mer et ainsi il échappa en traversant la France et se rendit au nord de l'Allemagne. Là, formant la connaissance d'hommes instruits, il fut reçu par eux avec cordialité soit à Bâle ou à Zurich ; au dernier endroit en particulier par M. Bullinger. Il se maria là et il s’appliqua diligemment à l'étude de l’hébreu.
Enfin quand Dieu trouva bon de terminer cette persécution sanguinaire qui provenait des six articles et d'élever le roi Edouard pour régner sur ce royaume parmi d’autres exilés anglais qui retournèrent chez eux se trouva M. Hooper qui pensa qu’il était de son devoir d'avancer la cause du Seigneur dans sa patrie,
Ayant dit un adieu affectionné à M. Bullinger et à ses amis de Zurich, il retourna en Angleterre sous le règne d’Edouard VI., et venant à Londres il avait coutume de prêcher, la plupart du temps deux fois, et au moins une fois par jour. Dans ses discours, comme c'était sa coutume, il réprimandait le péché et blâämait fortement l’iniquité du monde et les abus et la corruption de l’église.
Il fut enfin appelé à prêcher devant le roi et bientôt après fut fait évêque de Gloucester d’après l’ordre de sa majesté, Il continua deux ans dans cet office et il s’y conduisit si bien que ses ennemis mêmes ne pouvaient trouver aucune faute en lui excepté de lu manière des ennemis de Deniel, ‘‘ concernant la loi de son Dieu.” Après deux ans il recut, en connexion avec Gloucester l’évêque de la ville voisine de Worcester.
Mais une sérieuse contention concernant la direction et la consécration des évêques et de leurs vêtements avec d’autres bagatelles commencèrent à troubler le bon commencement de cet évêque. Car, nonobstant cette sainte réformation de la religion qui se montra dans l’église d'Angleterre, outre les autres cérémonies plus prétentieuses que profitables, ou tendant à l'édification, ils avaient coutume de porter des vêtements et des parures tels que les évêques papistes avaient coutume de faire ; d’abord la simarre et dessous un
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Histoire des Martyrs, par Foxe. 153
surplis blanc ; puis un bonnet à quatre angles indiquant la division du monde en quatre parties, Ces bagatelles ne lui plaisaient pas comme favorisant plus la superstition qu'autre chose et auési il ne put être persuadé de les porter, Pour cette raison il fit une prière désirant très humblement son altesse soit de le décharger de l'évêché ou de le dispenser de tels ordres cérémoniels : petition que le roi accorda immédiatement, écrivant à l'archevêque en sa faveur.
Le comte de Warwick seconda la requête de sa majesté en adressant une autre lettre à l'archevêque le priant de dispenser M. Hooper de prêter le serment communément er1ployé à la consécra.tion des évêques. Mais ces lettres ne servirent de rien ; les évêques se firent les sincères défenseurs des cérémonies, Cela étant le cas M. Hooper consentit enfin, que, quelquefois, il se montrerait dans ses sermons vêtu comme l’étaient les autres évêques. En conséquence, étant appointé pour prêcher devant le roi il parut vêtu des vête. ments répréhensibles. Mais il souffrit patiemment ce mépris et *e reproche privés par respect pour l'avantage public de l’église, Alors aussi ces différences disparurent bientôt au sein de la fureur de la persécution ; et les nuances insignifiantes de l'opinion furent noyées dans l'unanimité des vérités essentielles, de sorte que, pendant qu’ils étaient en prison plusieurs lettres affectionnées s'échangèrent,
Après cette discorde et beaucoup de vexation quant aux habille. ments, M. Hooper enfin entrait dans son diocèse où il employa son temps, sous le règne du roi Edouard avec une telle diligence qu'il put donner l'exemple à tous les évêques. Il était si soigneux de sa cure qu’il n’épargna aucun souci, ne laissa aucun moyen de côté pour former le troupeau de Christ dans la voie du salut. Partout il maintint la religion ans une doctrine et une intégrité uniforme ; de sorte que si vous entriez dans le palais de l'évêque vous supposiez être entrés dans quelque église ou temple. Dans tous les endroits se montrait la beauté de la vertu, le bon exemple, une honnête conversation et la lecture des Ecritures. On ne voyait pas dans sa maison de réjouissance bruyante ou de la paresse ; aucune pourpre ou parole déshonnête ou blasphème n’y était entendu. Quant aux revenus de ses évêchés s’il en restait quelque chose, il n’épargnait rien mais le dépensait en hospitalité.
Après cela, dans le règne de la reine Marie la religion étant
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renversée et changée, ce bon évêque fut l’un des premiers qu’on envoya chercher à Londres par un poursuivant, Deux raisons furent assignées pour cette démarche. La première, pour qu'il put répondre au Dr. Health, alors renommé évêque pour ce diocèse qui en avait été privé dans les jours du roi Edouard, pour quoi il continuait dans un office auquel il n'avait pas de droit, Et ensuite de rendre compte à Bonner, l’évêque de Londres, pour quoi il avait, du temps du roi Edouard, été l’un de ses accusateurs. Quand il se présenta au conseil, Gardiner le reçut honteusement, se moquant de lui, et l’accusant de sa religion. Il répondit librement et se disculpa. Mais il fut néanmoins, envoyé en prison et on lui déclara que la cause de son emprisonnement était seulement pour certaines sommes d'argent qu’il devrit à la reine et non pas pour la religion.
Le premier examen de l’évêque Hooper fut devant cinq évêques comme commissaires — de Londres, Durham, Winchester, Chichester, et Llandaff, En venant en leur présence, Gardiner, évêque de Winchester et grand chancelier, lui demanda s’il était marié, Cet excellent homme lui répondit en souriant, ‘ Oui, mon lord, et je serai démarié jusqu’à ce que la mort me démarie, Et ceci n’est pas assez pour me destituer à moins que vous ne le fassiez contre la loi.” Ilne fut pas question du mariage pour quelque temps ; mais tous commencèrent à s’écrier et à rire et à faire des gestes qui étaient inconvenants pour la place et pour un tel sujet,
Après une discussion bruyante et malicieuse, ils ordonnèrent enfin aux notaires d'écrire que Hooper était marié et qu’il ne voulait pas se séparer de sa femme ; et qu'il ne croyait pas à la présence réelle dans le sacrement, raisons pour lesquelles il devait être privé de son évêché,.
Son examen suivant à Winchester house fut plus privé que le précédent, sans doute pour prévenir le grand bruit fait à cette occasion. Le 22 janvier 1555, Babington le gardien de la Fleetprison recut ordre de l’amener devant Gardiner et quelques autres évêques ; alors ce dernier pressa Hooper instamment d’abandonner la doctrine méchante et corrompue prêchée du temps du roi Edouard, de revenir à l'unité de l’église catholique et de reconnaître le pape comme chef de l’église suivant la décision du parlement ; lui promettant d’ailleurs que comme ils avaient recu avec leurs autres frères la bénédiction du pape et la faveur de la reine, de
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Histoire des Martyrs, par Foxe. 155
même on serait clément à son égard s’il voulait se soumettre avec eux au pape.
M. Hooper répondit, que puisque le pape enseignait une doctrine contraire à celle de Christ, il n’était pas digne d’être compté un membre de l'église de Christ encore moins d'en être le chef ; c’est pourquoi il ne voudrait en aucune manière condescenüre à une juridiction ainsi usurpée. Qu'il ne considérait pas l’église dont ils l’appelaient le chef d’être l'église catholique de Christ ; car l’église n’entend que la voix de Christ son époux, et s'enfuit des étrangers. ‘6 Toutefois,” dit-il, ‘Si sur quelque point, inconnu de moi, j'ai offensé sa majesté la reine, je me soumettrai très humblement à sa clémence, si on peut l'avoir en sûreté de conscience et sans déplaire à Dieu.” On lui fit réponse que la reine n'aurait aucune merci des ennemis du pape. Là-dessus on commanda à Babington de le reconduire à la prison. Il le fit et le transporta de sa première chambre à une autre, près de la chambre même du gardien où il demeura six jours ; et, cependant le Dr. Martin et d’autres fireni des recherches dans sa première chambre pour y découvrir des écrits ou des livres que l’on pensait M. Hooper avoir faits, mais on n en trouva aucun,
Il se fit encore un autre examen ou plutôt un nouvel effort dans le même lieu et devant les mêmes cruels et rusés inquisiteurs, Le 28 janvier, l’évêque de Winchester et d’autres commissaires siégèrent encore en jugement à St. Mary Overy's où Hooper parut devant eux dans l'après-midi ; et après beaucoup d’argumentation et de discussion les shérifs recurent ordre, environ vers les quatres heures de le mener au Comptoir à Southwark, pour y rester jusqu’au jour suivant, à neuf heures pour voir s’il reviendrait à l’église catholique.
En route, le shérif dit à M. Hooper, ‘‘ Je m'étonne que vous ayez été si vif et emporté avec my lord le chancelier et n'ayez pas été plus patient.” Il répondit ; ‘* Monsieur le shérif, je n'ai pas été du tout impatient quoique je fusse occupé de la cause du Maitre au sérieux ; et il en est ainsi pour moi, car il y va de la vie ou de la mort, non seulement de la vie et de la mort présente mais aussi du monde à venir.” Alors il fut remis entre les mains du gardien du Comptoir,
Le jour suivant le 29 janvier, à l'heure fixée, il fut amené de nouveau par le shérif devant Gardiner et les commissaires dans
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l'église, Après une conversation longue et sérieuse quand ils. s’aperçurent que Hooper ne voulait nullement leur céder, ils le
condamnèrent à être dégradé et lui lurent sa condamnation. Il fut
alors livré au bras séculier, les deux shérifs de Londres reçurent. ordre de le conduire à la Clink, prison à peu de distance de la
maison de l'évêque de Winchester et d'y rester jusqu'à la nuit.
Quand il fit obscur Hooper fut conduit par l'un des shérifs avec
plusieurs papiers et des armes à travers la maison de l’évêque de
Winchester et sur le pont de Londres, à travers la ville jusqü’à
Newgate et sur le chemin quelques-uns des sergents furent envoyés
en avant pour éteindre les chandelles des marchands de pommes, qui avaient coutume de s'asseoir avec des lumières dans la rue ; soit
par crainte que le peuple s'efforcerait de l'enlever par la force s'ils. l'avaient vu aller à cette prison, ou autrement étant troublés par une mauvaise conscience, ils crussent que les ténèbres étaient Île
temps propice pour une telle action. Mais malgré cet expédient, le
peuple eut vent de sa venue et plusieurs vinrent à leurs portes avec
des lumières et le saluèrent, louant Dieu pour sa fermeté dans la
vraie doctrine qu’il leur avait enseignée et demandant à Dieu de l'y
fortifier jusqu'à la fin. L’évâque pria le peuple d'offrir leurs
ferventes prières à Dieu pour lui; et ainsi il passa à travers Cheap-
side à la place choisie et fut livré comme prisonnier, et gardé de
près par le gardien de ! ewgate où il demeura six jours, personne
n'étant permis de venir à lui excepté ses gardiens et telles personnes
choisies à cet effet,
Pendant ce temps, Bonner, évêque de Londres et d’autres personnes choisies par lui,.tels que Fecknam, Chedsey et Harpsfield allèrent plusieurs fois le trouver pour essayer de le gagner à devenir un membre de leur église. Tous les moyens qu’ils purent imaginer ils les essayèrent ; car outre les discussions et les allégations des témoignages des Ecritures et des anciens écrivains tordus dans un mauvais sens suivant leur manière habituelle ils se servaient aussi de toute la bienveillance et des signes extérieurs de l’amitié avec des promesses be biens terrestres, n’omettant pas, en même temps, les plus terribles menaces s'ils ne prévalaient pas par la douceur ; mais ils le trouvèrent toujours le même, ferme et inébranlable,
Le lundi suivant, Bonner vint à Newgate et là il dégrada l’évêque Hooper, Le même lundi dans la nuit son gardien donna à entendre
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Histoire des Martyrs, par Foxe, 157
à Hooper qu’il serait envoyé à Gloucester pour y souffrir la mort ; ce dont il se réjouit beaucoup levant les yeux et les mains au ciel et jouant Dieu qu’il trouvât bon de l'envoyer parmi le peuple sur lequel il était pasteur pour y confirmer par sa mort la vérité qu'il leur avait enseignée ne doutant pas que le Seigneur lui donnerait la force de l’accomplir pour sa gloire : et il envoya immédiatement chercher ses bottes chez son domestique ainsi que ses éperons et son manteau pour qu’il fût prêt à partir quand on l’appellerait.
Le jour suivant, sur les quatre heures du matin, le gardien vint avec d’autres le fouillèrent et le lit sur lequel il couchait pour voir s’il avait écrit quelque chose ; après quoi, il fut conduit par les shérifs de Londres et leurs officiers de Newgate à un endroit non loin de l'église St. Dunstan dans la rue Fleet, d'où six des gardes de la reine devaient le conduire à Gloucester, pour y être livré aux mains du shérif qui, avec lord Chandos, M. Wicks et d'autres commissaires devaient s'occuper de voir à l’exécution, Les gardes l’amenèrent à l’Ange où il déjeuna avec eux mangeant sa viande alors plus copieusement qu'il ne l'avait fait depuis longtemps. Au point du jour il mont& joyeusement à cheval ayant une capuce sur la tête sous son chapeau, pour qu'il ne fut pas connu et ainsi il se dérigea vers Gloucester. En chemin les gardes lui demandèrent où il avait coutume de s'arrêter pour manger et loger ; mais il le mentrent cependant à une autre auberge que celle qu’il mentionnait.
Le jeudi suivant il vint à Cirencester, quinze milles de Gloucester. et là il dina à la maison d'une femme qui avait toujours détesté la vérité et dit tout le mal possible de lui. Cette femme, s’apercevant de la cause de sa venue, lui montra tout l’amitié qu’elle put et déplora son malheur avec larmes, confessant qu’elie avait souvent répété que, s’il était mis à l'épreuve, il ne maintiendrait pas ses doctrines, Après dîner il réprit sa route et arriva à Gloucester à cinq heures,
Sir Anthony Kingston, autrefois un bon ami de Hooper, fut choisi par ordre de la reine pour se charger de l'exécution. Aussitôt qu’il vit l'évêque il fondit en larmes. Hooper ne l’aperçut pas d'abord ; le chevalier alors s'adressant à lui, dit, ‘* Comment, my lord, ne me connaissez-vous pas—un de vos anciens amis Anthony Kingston®” “Oui,” répondit Hooper, ‘‘ Sir Anthony Kingston, je vous connais bien, et je suis content de vous voir en santé et en
rends grâce à Dieu.” Mais je suis chagrin de vous voir, my lord, dans cette condition,” répondit Kingston, ‘‘ car, comme je comprends, vous êtes venu ici pour mourir. Mais, hélas ! considérez que la vie est douce et la mort amère, (C’est pourquoi, voyant que l’on peut avoir la vie, désirez de vivre ; car la vie ci-après peut faire du bien.” ‘Vraiment, c’est vrai, Sir Anthony, je suis venu ici pour finir cette vie et pour souffrir la mort parce que je ne contredirai pas la vérité que j'ai jusqu'ici enseigné parmi vous dans ce diocèse et ailleurs ; et je vous remercie pour votre conseil amical quoiqu'il ne soit pas comme je pourrais le désirer. Il est vrai que la mort est amère et la vie est douce ; mais la mort à venir est plus amère et la vie à venir est plus douce.”
Après ces paroles-là et d’autres ils se s’éparèrent avec larmes, A son départ l’évêque lui dit que tout le dérangement qu'il avait eu en prison ns l'avait jamais causé tant de peine. Alors l'évêque fut remis par les gardes au soin du shérif de Gloucester.
Les deux shérifs s'éloignèrent pour se consulter et l’auraient placé dens la prison commune de la ville, appelé Northgate si les gardes n'avaient pas intercédé fortement en sa faveur ; déclarant combien il se conduisait tranquillement, doucement et patiemment en chemin; #joutant encore qu’un enfant pouvait bien en prendre soin et qu’eux-mêmes préféreraient plutôt prendre la peine de veiller avec lui que de l'envoyer à la prison commune. Il fut en conséquence décidé qu'il resterait dans la maison de Robert Ingram ; et les shérifs, les sergents et les autres officiers consentirent à veiller euxmêmes avec lui cette nuit-là. Son désir était d’aller se coucher de bonne heure, disant qu'il avait plusieurs choses à se rappeler ; en conséquence il se coucha à cinq heures et dormit un somme profondément, et passa le reste de la nuit en prière. Après cela il se leva le matin et demanda que personne ne vint dans sa chambre pour qu’il fut seul jusqu’à l’heure de l'exécution.
A huit heures sir John Bridges, lord Chandos avec une grande bande d'hommes, sir Anthony Kingston, sir Edmund Bridges et d’autres commissaires choisis vinrent pour voir l'exécution, A neuf heures, Hooper s'était préparé, le temps étant maintenant arrivé. Il fut immédiatement descendu de sa chambre par les shérifs qui étaient accompagnés de leurs bills et autres armes. Quand il vit les armes il dit au shérif, ‘Je ne suis pas un traître et vous n’aviez
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pas besoin d’avoir fait de telle préparation pour m'amener à la place où je dois souffrir ; car si vous me l’eussiez permis je serais allé seul au bûcher et n’aurais dérangé personne.” Après, regardant vers la multitude de gens qui étaient assemblés, environ 7000, il parla à ceux qui étaient autour de lui, disant, ‘‘ hélas, pourquoi ces gens se sont-ils réunis? Par hasard pensent-ils entendre quelque chose de ma bouche comme ils l’ont fait par le passé; mais hélas ! on m'empêche de parler. Cependant, la cause de ma mort leur est bien connue, Quand je fus nommé leur pasteur je leur ai prêché une doctrine vraie et basée sur la parole de Dieu ; et parce que je ne veux pas la reconnaître comme étant de l’hérésie et de la fausseté on me réserve cette espèce de mort,” Ayant dit cela, il s’avanca, conduit entre les deux shérifs dans une robe de son hôte, son chapeau sur la tête et un bâton à la main pour se soutenir ; car la douleur de la sciatique qu'il avait pris en prison le faisait boiter. Sur la route ayant recu l’ordre formel de ne pas parler, on ne s’aperçut pas qu'il ait une fois ouvert la bouche ; mais regardant le peuple qui déplorait son sort il élevait quelquefois les yeux vers le ciel et regardait avec plaisir ceux qu’il connaissait. On ne se rappelait pas que durant le temps de son séjour parmi eux de l’avoir vu si heureux et d’un visage si rubicond qu’alors.
Quand il vint à l'endroit, il vit en souriant le bûcher qui était près du grand orme s’élevant contre le collège des prêtres où il avait coutume de prêcher. Les maisons entourant la place et les branches des arbres étaient remplies de spectateurs ; et dans la salle au-dessus de la barrière se tenaient les prêtres du collège, Alors il s’agenouilla (comme on le lui permit pas de parler au peuple) pour prier et il fit signe six ou sept fois à quelqu'un qu’il connaissait pour qu’il entende sa prière et pour qu'il la rapporte fidèlement, Quand cette personne vint à l’évêque il versa des larmes sur ses épaules et dans son sein et il continua #4 prière pendant une demi-heure, prière qu’il tira de toute la confession de foi. Pendant qu'il priait une boite fut apportée et mise devant lui sur un tabouret, avec son pardon de la reine s’il voulait se rétracter, A la vue de cela il s’écria ; ‘‘ Si vous aimez mon âme emportez cela.” La boite étant enlevée, lord Chandos dit ; ‘ Voyant qu’il n’y a pas deremède, expédiez-le promptement.” Hooper répondit, ‘Bien, my lord, j'espère que votre seigneurie me permettra de terminer mes prières.
Quand il eut terminé ses dernières dévotions dans ce monde il se prépara pour le bûcher. Il ôta la robe de son hôte et la délivra aux shérifs exigeant qu'ils vissent à ce qu’elle fut remise à son propriétaire et il Ôta le reste de ses vêtements et les mis dans son pourpoint et son haut-de-chausse dans lequel il devait être brûlé, Mais les shérifs ne le permirent pas, il se soumit volontiers à leur désir ; et son pourpoint, son haut-de-chausse et son gilet lui furent ôtés. Ainsi étant en chemise il prit une épingle de son haut-de-chausse et attacha sa chemise entre ses jambes où il avait une livre de poudre à fusil dans une vessie et sous chaque bras une égale quantité remise à lui par les gardes.
On commanda que le feu fut alors allumé. Mais parce qu’il n’y avait pas moins de deux charges de fagots verts qui furent apportés, le feu ne s’alluma pas promptement et un certain temps s’écoula avant d'atteindre les roseaux sur les fagots. Enfin le feu prit autour de lui ; mais le vent sonfflant avec force dans cet endroit et comme c'était un matin froid il éloignait la flamme loin de lui de sorte qu’il n’était de cette façon que touché par le feu, On essaya alors d'augmenter les flammes et les vessies de poudre firent explosion maisæela ne lui fit guère de bien à cause de leur position et le vent ayant un telle force. Il pria tout haut au milieu du feu disant ; ‘‘ Seigneur Jésus aïe pitié de moi ! Seigneur Jésus aie pitié de moi ! Seigneur Jésus recois mon esprit !’” Et ce furent les derniers mots qu'on lui entendit prononcer. Cependant il se frappait la poitrine avec les mains, jusqu'à ce que en renouvelant le feu sa force disparut et ses mains se joignirent en frappant le fer sur sa poitrine. Ainsi immédiatement, en se baissant en avant il rendit l'esprit. Ainsi ses dernières souffrances furent languissantes. Il fut près de trois-quarts d'heure ou plus dans le feu, comme un agneau, souffrant patiemment jusqu’à la fin ne s’avançant ni en avant, ni en arrière, ni sur les côtés ; mais il mourut aussi tranquillement qu’un enfant dans son lit.
Souffrances et Martyre du Dr. Rowland Taylor.
La ville de Hadley fut l’une des premières qui recut la parole de Dieu en Angleterre à la prédication de Thomas Bilnoy. Le Dr. Rowland Taylor était le vicaire de eette paroisse étant docteur en droit civil et en droit canon, Outre son eminent savoir son
il se a aux opriépoint Lis les ir ; et Ainsi sse et
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d'il n’y portés, ’écoula eu prit roit et de lui u. On e firent position | du feu ie pitié ent les t il se elant le > fer sur 1 rendit tes. Il mme un at ni en inquille-
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Mistoire des Martyrs, par Foxe. 161
attachement bien connue aux pures principes du christianisme le
recommanda à la faveur et à l'amitié de Cranmer avec lequel il vécut jusqu’à ce que, par son influence, il obtint le vicariat de Hadley.
Le Dr. Taylor travailla dans l'intérêt du grand Rédempteur et de celui des âmes à la fois, par sa prédication et son exemple sous le reigne du roi Edouard ; mais à sa mort et par la succession de Marie au trône, il ne put échapper à l’orage qui éclata sur le parti protestant. Deux de ses paroissiens, Foster un avocat, et Clark un commerçant, par un zèle aveugle résolurent de faire célébrer la messe dans toute sa forme superstitieuse dans l’église paroissiale de Hadley, # lundi avant Pâques. Taylor, étant occupé dans son étude, fut alarmé par le son des cloches à une heure inaccoutumée et alla à l’église pour s'informer de la cause. Il trouva les grandes portes fermées mais levant le loquet du sanctuaire il entra et fut surpris de voir un prêtre revêtu de ses habits et préparé à célébrer la messe et gardé par un corps d'hommes armés pour empêcher toute interruption.
Etant curé de la paroisse il demanda au prêtre la cause de tels procédés sans sa connaissance et sans son consentement, et comment il osait profaner le temple de Dieu avec de telles idolâtries. Foster, l'avocat, répondit insolemment, ‘Toi tyaître, comment oses-tu intercepter l'exécution des ordres de la reine?” Mais le docteur nia courageusement l'accusation de traître et affirma sa mission comme ministre de Jésus-Christ à cette portion de son troupeau, commandant au prêtre, comme à un loup en habit de brebis, de partir et de ne pu infecter la pure église de Dieu de son idolâtrie papiste, Il s’ensuivit une violente contestation entre Foster et le Dr. Taylor, le premier soutenant la prérogative de la reine et le second l’autorité du droit canon qui commandait que la messe ne fut dite que sur un autel consacré, Cependant le prêtre intimidé par la conduite intrépide du ministre protestant serait parti sans dire la messe maïs Clark lui dit, ‘ Ne crains rien vous avez un super altare ;” qui est une pierre consacré d'environ un pied carré, que les prêtres papistes portent au lieu d'un autel quand ils disent la messe dans les maisons des gentilshommes. Clark lui commanda de s'acquitter de son devoir. Ils mirent alors le docteur hors de l'église, célébrèvent la messe et informèrent immédiatement l'évêque
162 Histoire des Martyrs, par Foxe.
e de Winchester qui le somma d’avoir à répondre des plaintes portees contre lui.
Le Dr. Taylor, en recevant la sommation se prépara joyeusement à y obéir. Sur l’avis de ses amis lui conseillant de se sauver audelà de la mer pour éviter la cruauté de ses ennemis, il leur dit qu’il était décidé d’aller à l’évêque. Il se rendit en conséquence à Londres et alla le trouver.
Gardiner l’injuria de la manière la plus grossière, l’appelant traître et hérétique; mais notre pieux martyr endura tout cela patiemment. Dans l'opinion de Gardiner il aurait pu être un hérétique, mais suivant la loi il ne pouvait être un traître, Le Dr. Taylor répondit à son accusation avec une fermeté convenable ; il lui dit qu’il était le persécuteur du peuple de Dieu et que lui-même s'était attaché à notre Sauveur et à sa parole ; il rappela à l'évêque. le serment qu’il avait prêté au commencement du règne d’Edouard de maintenir la religion protestante et d’opposer la suprématie papale ; mais Gardiner répondit que le serment lui avait été extorqué de sorte qu'il n’était pas obligé, de s’y conformer, Le Dr. Taylor se défendit si hardiment que Gardiner en fut grandement exaspéré, et enfin appela ses hommes et dit, ‘ Menez cet individu au Banc du roi et voyez à ce qu'il soit strictement gardé.” Alors Taylor s’agenouilla et levant les deux mains il dit, ‘‘ Seigneur, je te remercie ! et de la tyrannie de l’évêque de Rome et de toutes ses détestables erreurs et abominations, Dieu bon, délivre nous ! et que Dieu soit loué pour le bon roi Edouard.” Ils le menèrent à la prison au Banc du roi où il fut enfermé pendant presque deux ans.
En janvier, 1555, le Dr. Taylor, M. Bradford et M. Saunders furent encore cités devant les évêques de Winchester, Norwich, London, Salisbury et Durham et étant de nouveau accusés d’hérésie et de achisme on exigea d’eux une réponse décisive pour savoir s'ils se soumettraient à l’évêque de Rome et abjureraient leurs erreurs ou entendraient leur condamnation. Le Dr. Taylor et ses compagnons répondirent hardiment qu’ils ne se départiraient pas de la vérité qu'ils avaient prêchée du temps du roi Edouard, et qu'ils ne se soumettraient pas non plus à l’antechrist romain ; mais ils remerciaient Dieu pour une aussi grande miséricorde que de les compter dignes de souffrir pour sa parole. Quand les évêques les virent si irrévocablement résolus à suivre la vérité, ils lurent la
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) Histoire des Martyrs, par Foxe. ) 163
sentence de mort ; et quand ils l’eurent entendue, ils rendirent grâce à Dieu avec joie et dirent aux évêques, ‘ Nous ne doutons pas que Dieu, le juste juge ne redemande notre sang de vos mains ; et que les plus fiers d’entre vous auront à se repentir d’avoir reçu de nouveau l’antechrist.et tyrannisé le troupeau de Christ,
Quand le Dr. Taylor eut demeuré dans la prison environ une semaine, le 14 février 1555, l’évêque Bonner avec d’autres vinrent pour le dégrader, apportant avec eux des ornements qui appartenaient à leur momerie de la messe. Il demanda que Taylor fut amené ; l’évêque étant alors dans la chambre où était le gardien de la prison et sa femme, Le Dr. Taylor fut donc amené à Bonner, ‘Je désire que vous pensiez à vous et vous tourniez à votre sainte mère l’église afin de prospérer et j'implorerai votre pardon,” dit Bonrer. Le Dr. Taylor répondit, ‘Je désire que vous et vos associés retournent à Christ. Quant à moi, je ne retournerai pas à l’antechrist.” | L’évêque dit alors, ‘‘Je suis venu pour vous dégrader; c’est pourquoi mettez ces vêtements.” Le Dr. Taylor répondit résolument, ‘‘ Je ne les mettrai pas.” ‘Tu ne veux pas?” Je te les ferai mettre avant que je parte,” répondit Bonner. ‘‘ Vous ne le fetez pas, par la grâce de Dieu,” dit Taylor. Bonner le pressa de nouveau à se soumettre à son ordre mais il ne voulut pas, Là-dessus il commanda à un autre de les mettre sur son dos ; et quand il en fu. somplètement revêtu il se mit les mains sur les côtés et marchant ça et à il dit, ‘ Qu’en dites-vous, my lord, ne suis-je pas un beau fou? Qu'en dites-vous mes maîtres; si j'étais à Cheapside ne ferais-je pas rire les garcons de voir ces jouets et friperies ridicules?” Bonner fut si enragé à ces paroles qu'il aurait donné un coup au Dr. Taylor sur la poitrine avec sa crosse si son chapelain ne lui eut dit, my lord, ne le frappez pas car il frappera certainement lui aussi. L’évêque lui donna sa malédiction mais ne le frappa pas. Le Dr. Taylor dit, ‘ Quoique vous me maudissiez, cependant Dieu me bénit.
La nuit après sa déposition, sa femme, son fils et son domestique vinrent à lui et eurent la permission des gardiens de souper avec lui ; à leur arrivée ils s’agenouillèrent et prièrent, Après le souper, marchant ça et là, il remercia Dieu pour la faveur de l’avoir appelé ainsi et lui avoir donné la force de s’en tenir à sa sainte parole,
Le lendemain matin le shérif de Londres, avec ses officiers, vinrent vers les deux heures le firent sortir et, sans lumière, le
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conduisirent à Woolpack, une auberge en dehors de Aldgate. Mme. Taylor, soupçonnant que son mari serait enlevé cette nuit-là, veilla dans le porche de l’église de St. Botolph, en dehors de Aldgate, ayant ses deux enfants—l'une nommée Elisabeth, une orpheline que le docteur avait adoptée à l’âge de trois ans; l’autre Marie, sa propre fille. Quand le shérif et sa compagnie vinrent vers l’église St. Botolph, la petite Elizabeth reconnaissante s’écria, ‘O mon cher père ! Ma mère, ma mère voici qu’on emmène mon père |”? ‘6 Rowland ” dit sa femme, ‘‘ Où es-tu ?” car c'était un matin si obscur qu'il était impossible de se reconnaître, ‘‘ Ma chère femme, je suis ici,” dit le docteur et il s'arrêta, Les hommes du shérif l’auraient poussé en avant, mais dit le shérif, ‘‘ Arrêtez un peu, je vous prie, et qu’il parle à sa femme.
Elle vint alors à lui et il prit sa fille Marie dans ses bras pendant que lui, sa femme et Elisabeth s’agenouillèrent et prièrent. A cette vue le shérif pleura beaucoup comme aussi plusieurs de sa compagnie. La prière finie, Taylor se leva et embrassa sa femme et lui serrant la main, dit—‘‘Adieu, ma chère femme ; prenez courage car j'ai la conscience tranquille. Dieu suscitera un père à mes enfants.” Et alors il embrassa sa fille Marie et dit—‘ Que Dieu te bénisse et fasse de toi sa servante ; ” et embrassant Elisabeth, il dit, ‘Que Dieu te bénisse. Je vous prie tous de demeurer fermes dans votre foi en Christ et en sa parole et gardez-vous d'idolâtrie.” Alors sa femme lui dit, ‘Que Dieu soit avec toi, mon cher Rowland ; Je vais avec la grâce de Dieu te rencontrer à Hadley.”
Il fut conduit en avant pendant que sa femme le suivait. Aussitôt qu'il vint à Woolpack, il fut mis dans sa chambre, où il fut gardé par quatre yeomen de la garde et par les hommes du shérif, Aussitôt qu'il entra dans la salle, il tomba à genoux et se donna entièrement à la prière. Le shérif voyant alors là Mme Taylor ne voulut nullement lui permettre de parler davantage à son mari mais la pria d'aller chez lui et d’y être comme chez elle lui promettant qu’elle ne manquerait de rien et envoyant deux officiers pour l’y conduire. Malgré cela, elle demanda d'aller chez sa mère où les officiers la conduisirent et donnèrent ordre à la mere de la garder jusqu’à ce qu’ils revinssent. Cependant le voyage à Hadley fut retardé. Le Dr. Taylor fut enfermé au Woolpack par le shérif et sa compagnie jusqu’à onze heures, temps auquel le shérif d’Essex fut prêt à le
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recevoir ; alors ils le mirent à cheval dans l'enceinte de l'auberge, les barrières étant fermées,
En sortant des barrières son domestique John Hull se tenait auprès avec le jeune Taylor. Quand le docteur les vit, il les appela, disant—‘* Viens ici, mon fils Thomas.” John Hull leva l'enfant et le mit à cheval devant sog père qui ôta alors son chapeau et dit au peuple—** Bonnes gens voici mon propre fils, issu d'un mariage légal; que Dieu soit béni pour le mariage légal.” Alors il leva les yeux vers le ciel et pria pour son enfant lui plaçant son chapeau sur la tête. Après l'avoir béni, il le livra à son fidèle domestique qu'il prit par la main et dit—‘*Adieu John Hull, le plus fidèle des serviteurs qu'un homme ait jamais eu.” Après cela ils s’éloignèrent, le shérif d’Essex et quatre yeomen des gardes et les hommes du shérif les conduisant,
Sur toute la route le Dr. Taylor fut joyeux et gai, comme le serait quelqu'un qui irait à un agréable banquet ou à des noces. Il dit plusieurs choses remarquables au shérif et aux yeomen des gardes qui le conduisaient et les fit souvent verser des larmes en les exhortant avec instance de se repentir et de se tourner vers la vraie religion, De ces yeomen de la garde trois le traitèrent avec douceur mais le quatrième, nommé Holmes, le traita très rudement, Le parti soupa et coucha à Chelmsford,
A Chelmsford il fut livré au shérif de Suffolk, et conduit par lui à Hadley. A leur arrivée à Lavenham, le shérif y demeura deux jours ; et là vinrent à lui un grand nombre de gentilshommes et de juges qui étaient choisis pour l’aider. Ceux-ci s’efforcèrent beaucoup de gagner le docteur à la religion romaine, lui promettant son pardon qu'ils dirent qu’ils avaient pour lui. Ils lui promirent aussi une grande promotion, même un évêché, s’il voulait le prendre ; mais tout leur travail et leur flatterie fut en vain.
Quand ils vinrent à Hadley et passaient le pont un pauvre homme l’attendait avec cinq enfants qui en voyant le Dr. Taylor, tombèrent à genoux et levant leurs mains, crièrent à haute voix—O cher père et bon berger! Que Dieu vous aide et vous secoure comme vous nous avez souvent secourus,
Enfin, venant à Aldham-common, et voyant une grande multitude, il demanda—‘" Quel est cet endroit et d’où vient que tant de monde y soit réuni?” On lui répondit—‘C’est Aldham-Common, la
place où vous devez souffrir ; et le peuple est venu pour vous voir.” Alors dit-il‘ Dieu soit béni, je suis chez moi,” et ainsi il descendit de cheval et avec les deux mains il déchira son capuce de sa tête. Quand le peuple le vit, ils crièrent, ‘Que Dieu te sauve, bon Dr. Taylor! Que Jésus-Christ te fortifie ; que le Saint- Esprit te console ;” avec plusieurs autres souhaits chrétiens. Le Dr. Taylor demanda alors au shérif la permission de parler ; mais il le lui refusa, S’apercevant qu'on ne lui permettrait pas de parler, il s’assit et voyant un nommé Soyce, il l’appela et lui dit—"" Soyce, je te prie d’ôter mes bottes et de les prendre pour ton travail ; il y a longtemps que tu les attends, maintenant prends-les.” Alors il se leva et mis ses habits dans sa chemise et les donna, Cela fait, il dit à haute voix—‘* Bonnes gens, je ne vous ai rien enseigné que la Sainte parole de Dieu et ces lecons que j'ai prises du saint livre de Dieu, la Sainte Bible ; et je suis venu ici aujourd’hui pour le sceller de mon sang.”
En entendant sa voix, le yeoman de la garde qui l'avait maltraité sur toute la route, lui donna un coup sur la tête et dit—‘* Est-ce là garder ta promesse, toi hérétique ?” Alors, voyant qu’on ne voudrait pas lui permettre de parler, il s’agenouilla et pria, et une pauvre femme qui était parmi le peuple s’avanca et pria avec lui ; ils essayèrent de la chasser et menacèrent de l’écraser avec leurs chevaux ; malgré cela elle ne voulut pas remuer, mais resta et pria avec lui, Quand il eut fini ses dévotions, il se rendit au bûcher et l’embrassa et se mit dans un baril de goudron qu'ils avaient apporté pour qu’il se mît dedans et il se tint ainsi avec le dos appuyé contre le pôteau, les mains jointes et les yeux dirigés vers le ciel il pria continuellement, Alors ils mirent une chaîne autour de lui ; et le shérif appela Richard Donningham, un boucher et lui commanda de placer les fagots ; mais l'homme refusa et dit—‘‘Je suis boiteux, monsieur, et incapable de lever un fagot.” Le shérif làdessus menaca de l’envoyer en prison mais il ne voulut pas le faire. Le shérif obligea alors plusieurs individus dégradés de la multitude de placer les fagots et de mettre le feu, ce qu’ils firent promptement; et l’un d’eux jeta par cruauté un fagot au martyr qui le frappa au visage et fit couler le sang. Il lui dit humblement —‘* O mon ami, j'ai assez souffert ; à quoi bon cela ?”
Sir John Shelton se tenant près, comme le Dr. Taylor parlait et
récitait le Miserere en anglais le frappa sur les lèvres—‘‘ Toi mon drôle,” dit-il, ‘‘ parle latin, ou je t'y forcerai.” Enfin ils allumèrent le feu ; alors le martyr levant ies mains, s’adressa à Dieu, et dit, se Père miséricordieux qui êtes aux cieux pour l'amour de Jésus- Christ mon Sauveur recevez mon esprit dans vos mains,” Il demeura alors tranquille sans pleurer ou se mouvoir avec les mains jointes, jusqu à ce que Soyce le frappât avec une hallebarde si violemment sur la tête que sa cervelle tomba et le corps mort tomba dans le feu. Ainsi il remit son âme entre les mains de son Père miséricordieux et à son cher.et sûr Sauveur Jésus-Christ qu’il aimait sincèrement, qu'il prêcha fidèlement et avec zèle suivi diligemment dans sa vie et glorifié par sa mort.
Martyre de plusieurs personnes dans diverses parties de l'Angleterre.
Les noms des six prisonniers amenés devant Bonner le 8 de février étaient Tomkins, Pygot, Knight, Hankes, Lawrence et Hunter. Thomas Tomkins un tisserand de son état et un honnête chrétien, . demeurant à Shoreditch, fut retenu six mois en prison et traité avec la plus grande cruauté. La rage de Bonner contre lui était telle qu’il le frappa au visage et lui arracha une partie de ls barbe de ses propres mains ; cesendant Tomkins était tellement possédé de l'esprit divin et tellement affermi dans la connaissance de la vérité divine qu’on ne pouvait l’en ébranler. Dans une autre occasion Bonner, ayant un cierge allumé à la main, mit la flamme sous la main de Tomkins jusqu'à ce que les veines se resserrassent et que les tendons éclatassent ; mais Tomkins ne céda pas mais il resta ferme et inébranlable,
Quand il eut été un an en prison, il fut amené avec plusieurs autres devant l’évêque Bonner dans son consistoire pour être examiné, On amena à sa charge d’avoir souscrit un certain bill ou schédule souscrit de sa propre main le cinquième jour du même mois contenant les amots suivants—‘ Thomas Tomkins, de Shoreditch, et du diocèse de Londres, a cru et croit encore que dans le sacrement Le l’autel, sous la forme de pain et de vin, il n’y a pas le véritable sang et corps de notre Sauveur Jésus-Christ en substance, mais seulement un signe et un souvenir de celui-ci, le véritable corps et sang de Christ étant aux cieux et nulle part diet Par moi, Thomas Tomkins,”
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Sur lecture de cela, on lui demanda s'il reconnaissait la signature comme étant de sa propre main. Il la reconnut comme telle,
Le jour suivant Tomkins fut de nouveau amené devant l'évêque et son entourage et pressé de rétracter ses erreurs et de retourner à l'église-mère ; mais il maintint sa fidélité et ne voulut se départir en rien des articles qu'il avait signés. L'ayant donc déclaré un hérétique obstiné et damnable, ils le livrèrent au pouvoir séculier et il fut brûlé à Sinithfield, le 6 mars, 1555, triomphant au milieu des flammes et ajoutant son nom à la noble compagnie des martyrs qui l'avaient précédé dans le sentier de feu au royaume de la gloire immortelle,
Le dernier de cette noble bande courageuse des saints fut un apprenti de dix-neuf ans. Son nom était William Hunter, Il avait été élevé daus la doctrine de la réformation depuis sa tendre enfance descendant de parents pieux qui l'avaient soigneusement instruit.
Quand la reine Marie succéda à la c. aronne on envoya des ordres aux prêtres de chaque paroisse de sommer leurs paroïissiens de recevoir la communion à la messe à Pâques après son avènement ; et Hunter refusant d'obéir à la sommation, fut menacé d'être amené devant l’évêque.
Un magistrat voisin, nommé Brown, ayant appris qu’il maintenait des principes hérétiques, envoya chercher son père et lui demanda des informations concernant son fils ; le vieillard lui assura qu'il l'avait quitté, qu’il ne savait pas où il était allé ; et quand le magistrat le menaçait de l'emprisonner, il dit les larmes aux yeux, ‘“ Voudriez-vous que je cherchasse mon fils pour le faire brûler ?”? Le vieillard, toutefois fut obligé de le chercher ; et le rencontrant par accident lui dit avec larmes que c’était d’après l'ordre du magistrat qui menaçait de l’emprisonner. Le fils, pour empêcher son père de courir aucun danger, dit qu'il était prêt à l'accompagner à la maison ; sur cela ils retournèrent ensemble, Le jour suivant il fut arrété et mis dans les ceps pendant vingt-quatre heures et ensuite mené devant le magistrat, qui demanda une Bible et tournant au sixième chapître de St. Jean lui demanda son opinion sur la signification quant à ce qui se rapporte au sacrement de l'autel. Il nia hardiment la présence réelle, Le magistrat lui reprocha sa damnable hérésie et écrivit à l’évêque de Londres à qui ce vaillant jeune martyr fut bientôt conduit,