MÉTHODE DE MÉDITATION
DE LA MÉDITATION
me repens de vous avoir offensé , pardonnezmoi par votre infinie miséricorde* »
Enfin priez Dieu de vous éclairer:
«Père éternel, pour l'amour de Jésus et de Marie, éclairez-moi dans cette méditation, afin que j'en profite pour le salut de mon âme. »
On peut encore ajouter à ces prières préparatoires un Ave à la sainte Vierge Marie, et un Gloria en l'honneur de S. Joseph, de notre saint patron, et de notre ange gardien. Il faut faire ces actes et ces prières avec beaucoup d'attention, mais sans s'y arrêter longtemps.
2. Ensuite tenez-vous tranquille et considérez avec une sainte attention, si vous croyez effectivement ce que vous venez de lire. Si votre foi à cette vérité est vive, remerciez Dieu de cette grâce et demandez-lui avec ferveur la persévérance. Si votre foi à cette vérité est faible, excitez-la quelque temps en disant à différentes reprises du fond de votre cœur : je crois, Seigneur, mais augmentez ma foi,
3. Après avoir de ce cette manière ranimé votre foi sur la vérité que vous avez lue, interrogez-vous de la manière suivante:
Que dois-je faire?
Pourquoi dois-je le faire?
Gomment dois-je le faire?
Quand dois-je le faire?
Qu'en arrivera-t-il, si je le fais?
Que s'en suivra-t-il, si je ne le fais pas? Ou bien encore:
Que m'enseigne cette vérité?
Quelle morale en puis-je déduire, m'appliquer? Quelle vertu particulière m'apprend-t-elle? A quoi cette vérité peut-elle me porter? Comment la vie que j'ai menée jusqu'à présent s'accorde-t-elle avec cette vérité?
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Puis examinez-vous ainsi:
Pourquoi suis-je si faible dans cette vertu?
Quelle est la passion qui m'apporte le plus j d'obstacles?
Quel est le défaut capital dans lequel j'ai cou- I tume de tomber?
Un chrétien qui croit bien à cette vérité, peut-il conserver ce défaut?
4. Si le point de la méditation que vous auriez lu, était: Jésus-Christ est mort pour vous, ô pécheur! faites-vous alors les questions suivantes:
Que m'apprend la mort que Jésus- Christ a soufferte pour moi? — Un Dieu subit la mort la plus
| ignominieuse, pour me sauver du péché. Oh! que le péché doit être terrible, détestable, puisqu'il at-
! tacha un Dieu à la croix!
Que m'apprend donc la mort de Jésus-Christ? La haine du péché. Mais ai-je jusqu'ici haï véritablement le péché? Ne Fai-je point, malheureux! plutôt aimé ? principalement tel et tel . . ♦ (Pensez ici à votre passion ou à votre défaut capital dont l'extirpation doit être l'unique but de votre méditation,)
! Gomment un chrétien qui croit que son Dieu mourut pour lui de la mort la plus infâme sur l'arbre ignominieux de la croix, peut-il agir ainsi? 0 ingratitude ; ô confusion ! Un Dieu meurt à cause de mes péchés. — La nature entière est en pleurs. — Et moi misérable, je puis encore continuer à pécher, et par mes péchés crucifier Jésus de nouveau? — Jamais plus, ô mon Jésus! Non jamais plus de péchés! . . etc.
5. Faites alors aussitôt dans votre cœur un véritable acte de contrition et de repentir sur ce défaut capital auquel vous avez été sujet jusqu'ici, formez la ferme résolution de vous corriger, et d'attaquer constamment ce défaut; renouvelez souvent en esprit cette bonne résolution, et réfléchissez en même temps aux occasions que vous aurez durant ce jour de la mettre en pratique, quels obstacles vous rencontrerez
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et quels moyens vous voulez employer pour ne plus enfreindre si facilement la loi de Dieu,
Que votre résolution tombe toujours sur une occasion particulière dans laquelle vous voulez vous vaincre : prévoyez comment dans tel ou tel cas vous surmonterez votre passion ; et ne vous contentez pas d'une résolution générale; par ex. si votre défaut capital était l'impatience; vous ne seriez pas beaucoup avancé ; si vous vous contentiez de vous dire à vousmême : Je ne veux plus être impatient; mais vous devez faire une résolution spéciale et vous dire intérieurement : Je veux supporter patiemment tel ou tel homme importun à l'occasion duquel j'ai coutume de me laisser aller le plus à l'impatience, oui! encore aujourd'hui, s'il vient à moi, je veux l'accueillir par des paroles douces, lui montrer un extérieur amical, etc.
6. Fortifiez votre résolution, en vous représentant combien est utile, excellente, agréable et nécessaire cette victoire sur vous-même dans ce cas particulier.
Vous ferez encore très-bien, si pour donner plus de force à votre résolution, vous adressez fréquemment à Dieu de courtes prières jaculatoires ou des soupirs d'amour, si vous le priez aussi avec beaucoup de ferveur pour obtenir sa grâce, et si vous renouvelez fréquemment votre résolution. En un mot: Votre méditation sera certainement bonne, si vous vous occupez plus à exciter votre volonté, qu'à éprouver des douceurs et qu'à avoir de belles pensées (j^ns l'entendement.
7. Si vous ne pouvez pas bien vous servir du premier point de la méditation pour vous en faire une application pratique, prenez le point suivant.
8. Ne soyez point inquiet pour les distractions et ne les craignez pas beaucoup ; car après que vous vous serez exercé pendant quelque temps à la méditation, vous trouverez de la facilité et de l'agréa ment à méditer.
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Terminez votre méditation par un Pater et un Ave Maria, et en priant Dieu qu'il veuille rendre profitable à votre âme ce saint exercice. Retenez dans
' votre esprit pour le reste de la journée quelque courte sentence de la méditation; rappelez-vous-la fréquemment au milieu de vos occupations avec la bonne résolution que vous avez prise. Ne faites pas consister vos bons propos en de belles paroles ; mais tâchez surtout de les mettre effectivement en pratique à l'occasion. Réfléchissez attentivement à ce que dit notre divin Sauveur : « Ce n'est pas celui qui dit: Seigneur y Seigneur, qui entrera dans le royaume
j des deux, mais seulement celui qui aura fait la vo-
1 lonté de mon Père.»
10. Remarquez en outre que vous ne méditez pas pour éprouver des consolations intérieures; c'est
I pourquoi, quand même elles viendraient à manquer
i entièrement, n'abandonnez pas pour cela la méditation. Supportez alors cette privation comme une croix en union avec Jésus priant au jardin, et de
I cette sorte vous ferez de grands progrès dans le
| chemin de la perfection chrétienne.
11. Si par malheur vous veniez à retomber dans : votre défaut capital, ne perdez pas pour cela courage,
repentez-vous sur le champ aux pieds de Jésus crucifié et renouvelez votre bonne résolution en priant Dieu avec ferveur de vous accorder son secours. Ayez une ferme confiance en Dieu, défiez-vous de vousmême, et ne vous troublez pas si vos progrès ne sont pas notables d'abord; car chaque vertu demande du combat et de la patience, et ne s'obtient que par une prière constante et par un long exercice.
La manière la plus courte de méditer est renfermée dans la méthode suivante :
On invoque le Saint-Esprit, on lit quelques lignes dans un bon livre de méditation , et Von se demande ensuite, a t ten tivem en t :
J. Que me dit ici la foi?