‹ Le livre des missionsChapitre 127 sur 232 · SUR LE PÉCHÉ MORTEL · texte numérisé non relu

SUR LE PÉCHÉ MORTEL

Considère, ô mon âme, comment ayant été créée ^7de Dieu pour l'aimer, tu t'es révolté contre lui, par la plus noire ingratitude. Tu l'as traité en ennemi, tu as méprisé sa grâce, son amitié. Tu savais que tu lui causais un grand déplaisir par ton péché , et pourtant tu l'as commis. Que fait celui qui pèche ? 11 se détourne de Dieu, il perd pour lui tout respect, il lève en quelque sorte la main pour le frapper, il afflige le cœur de Dieu. (J$. 63.) Celui qui pèche dit à Dieu : retirez-vous de moi,

DE LA MÉDITATION

je ne veux point vous obéir, je ne veux point vous servir , je ne veux point vous reconnaître pour mon Seigneur, ni vous tenir pour mon Dieu: mon Dieu est ce plaisir, cet intérêt, cette vengeance. Ainsi as-tu dit dans ton cœur, quand tu as préféré la créature à Dieu. Sainte Marie-Madeleine de Pazzi ne pouvait comprendre comment un chrétien osait, les yeux ouverts, faire un péché mortel; et vous qui lisez ceci, que dites-vous? combien n'en avez-vous pas commis? {Examinezvous). 0 mon Dieu; pardonnez-moi, ayez pitié de moi. Je vous ai offensée, ô bonté infinie! Je déteste tous mes péchés. Je vous aime, je me repens de vous avoir outragé, ô Dieu digne d'un amour infini !

Excitez-vous à la contrition et faites une ferme résolution,

II. Considère ce que Dieu te disait, quand tu péchais : mon Fils , je suis ton Dieu qui t'ai tiré du néant, et qui t'ai racheté de mon Sang. Je te défends de faire ce péché, sous peine d'encourir ma disgrâce. Mais toi, en péchant, tu as répondu à Dieu : Seigneur, je ne veux point vous obéir; je veux prendre mon plaisir et me satisfaire: peu m'importe que cela vous déplaise, et que je perde votre grâce. Ah, mon Dieu ! et cela je l'ai fait plusieurs fois (Examinez-vous'), et comment m'avez-vous supporté ? Oh ! que ne suis-je mort plutôt que de vous offenser. Non, je ne veux plus vous déplaire, ô bonté infinie î je veux vous aimer. Donnez-moi la persévérance, donnezmoi votre saint amour.

Excitez-vous à la contrition et faites une ferme résolution.

DE LA MÉDITATION

III. Considère, mon âme, que quand les péchés arrivent à un certain nombre , ils font que le Seigneur abandonne le pécheur ; il attend patiemment, pour tirer une pleine vengeance , quand le jour du jugement est venu. (2. Matth. 6.) Ah mon frère ! si tu es de nouveau tenté de retourner au péché, ne dis donc plus: j'en serai quitte pour m'en confesser. Et si Dieu te fait mourir alors, et si Dieu t'abandonne, qu'en sera-t-il de toi pendant toute l'éternité? qu'en est-il de tant d'autres qui se sont perdus de la sorte ? Ils se flattaient de l'espérance du pardon, mais la mort les a surpris, et ils sont damnés. Tremble, et crains que le même sort ne t'arrive. On ne mérite point de miséricorde, quand on veut se servir de la bonté de Dieu pour l'offenser. Après tant de péchés que Dieu t'a pardonnes, tu n'as que trop justement à craindre qu'il ne te pardonne plus , si tu retombes encore dans un péché mortel (Examinezvous) ; rends-lui mille actions de grâces, pour Savoir attendue jusqu'à présent, et prends à ce moment une forte résolution de mourir plutôt que de retomber jamais dans le péché. Tu diras toujours désormais: Seigneur; c'est assez vous avoir offensé, ce qui me reste de vie, je ne veux plus l'employer à vous offenser, je serais par trop ingrat. Mais je veux l'employer à vous aimer et à pleurer mes offenses. Je m'en repens du fond de mon cœur. 0 mon Jésus; je veux vous aimer, donnez-moi pour cela votre grâce. Vierge sainte, ma bonne Mère, assistez-moi. Ainsi soit-il.

Excitez-vous à la contrition et faites une ferme résolution.

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