DEVOIRS DES PERSONNES MARIÉES
« Comment les époux chrétiens doivent se comporter l'un envers Vautre. »
, 1 uisque tout homme est sur la terre
fpour connaître Dieu, pour 1 aimer, le servir et ainsi faire son salut ; il s'ensuit que le mariage est aux ».*»7j époux chrétiens un moyen de servir ' rDieu conjointement, de le glorifier par leurs œuvres et de se rendre ainsi éterj nellement heureux. Ils doivent par conséquent avoir soin de s'exciter mutuellement par leurs paroles et par leurs exemples à l'amour de Dieu, à l'observation de ses commandemens, à la paix, à la justice et à la pratique de toutes les vertus.
2. L'époux doit regarder son épouse comme son aide et non comme son esclave. A la vérité
le mari est le chef de la femme , mais de même que dans le corps humain la tête ne nuit jamais aux autres membres, de même aussi l'époux ne doit jamais nuire à son épouse, et encore moins la frapper ou la maltraiter de quelqu autre manière que ce soit. « L'homme et la femme ne sont qu'un corps, et personne n'a jamais haï sa propre chair. »
En outre, dans l'état de mariage l'époux représente Jésus-Christ, et Jésus-Christ est un modèle de douceur. Voilà pourquoi le mari doit traiter sa femme avec douceur, il doit l'aimer, comme Jésus-Christ à aimé son Épouse la sainte Église : Et nous savons que Jésus- Christ a embrassé pour son Église les travaux les plus rudes, les douleurs les plus amères, oui la mort même, la mort ignominieuse de la croix.
3. D'autre part la femme doit obéir à son son mari en tout ce qui est bon. « Les femmes doivent être soumises à leurs maris comme au Seigneur, car le mari est le chef de la femme, comme Jésus-Christ est le chef de l'Église. Et comme l'Église est soumise à Jésus-Christ, de même aussi les femmes doivent être en tout soumises à leurs maris. » (Ephes., 5, 22—23,) Remarquez bien ceci, femmes chrétiennes, il faut être en tout soumises à vos maris , excepté pour le péché.
Qui ne sait que la sainte Église a souffert et souffre encore tous les jours beaucoup de croix et de tribulations, les persécutions les plus sanglantes et les plus cruelles pour son divin Époux Jésus-Christ? C'est de la même manière que la femme doit avec une patience chrétienne souffrir,
jusqu'à la mort pour son mari, toutes les contrariétés de cette vie.
4. Deux époux chrétiens doivent s'entr'aimer sincèrement, penser bien et parler avantageusement l'un de l'autre ; ils ne doivent pas trop scrupuleusement épier les actions l'un de l'autre, mais les interpréter en bonne part; ils ne doivent jamais laisser entrer dans leurs cœurs quelque mauvais soupçon; qu'ils écartent avec horreur comme des serpens vérrimeux les médisants ou détracteurs, ! et qu'ils ne leur accordent jamais l'entrée de leur maison. Que jamais on n'entende entre les époux les paroles blessantes et les termes de mépris; tout doit se dire avec honnêteté et douceur chrétienne; car un homme colère, fit-il même des miracles, n'est pas agréable à Dieu.
Le mari adoucira son épouse portée à la colère par des paroles amicales et non par des coups et des blasphèmes.
L'épouse apaisera son mari emporté, plutôt par le silence et la patience que par des contradictions et de termes de dépit. Lorsqu'on s'aperçoit que l'on ne peut qu'empirer le mal par les remontrances, qu'on attende que la partie offensée ait retrouvé le calme de son esprit et qu'alors seulement, on se permette une correction chrétienne et charitable.
Et puisque c'est de la paix et de la concorde que dépendent la bénédiction de Dieu et l'héritage précieux de Jésus-Christ, l'un doit céder volontiers à l'autre afin de conserver la paix; ainsi il doit supporter patiemment les défauts et les imperfections de son conjoint, persévérer avec une constance chrétienne jusqu'à la mort dans le lien
sacré du mariage, se disant au temps de l'épreuve : Dieu voit la vie que mène mon mari (ou ma femme), et cependant il supporte tout avec patience; or je ne suis pas plus que Dieu; en outre, il me souffre déjà depuis tant d'années dans le monde avec mes péchés; je veux donc aussi supporter patiemment les défauts de mon mari (ou de ma femme.) Jésus-Christ a sauvé le monde par sa patience ; je veux aussi opérer mon salut par la patience.
o. Quand Dieu ne donne pas d'enfans aux époux, ou qu'il les leur enlève, ils ne doivent pas s'en affliger avec excès, mais se soumettre humblement à la volonté de Dieu. Ce que Dieu fait, est bien fait. «Seigneur que votre volonté soit faite. » Il vaut mieux n'avoir pas d'enfans que d'en avoir de méchans qui, au lieu d'être la consolation de leurs parens, ne croissent que pour leur plus grande affliction.
6. Enfin comme chrétiens il ne doivent pas abuser du mariage en se donnant réciproquement du scandale; et encore moins en scandalisant leurs enfans : « Que le mariage soit traité dans toutes choses avec honnêteté et que le lit nuptial soit sans tache. » (Heb.y 13, 4.) Ils doivent aussi être obéissans l'un à l'autre dans les devoirs du mariage. Cependant ils ne peuvent user du mariage que suivant l'institution de Dieu. Malheur à eux s'ils cherchent à empêcher la fin sacrée pour laquelle le mariage a été principalement institué, savoir la propagation du genre humain! Le Saint-Esprit fait mention dans l'Écriture-Sainte d'un malheureux, nommé Onan, qui commit cette faute, et il le punit d'une mort
subite. Les époux doivent garder jusqu'à la mort avec fidélité les promesses réciproques qu'ils se sont faites solennellement devant Dieu, au jour de leur union. Et comme Jésus-Christ n'a qu une seule Épouse , la sainte Église , et que l'Église n'a qu'un seul Époux qui est Jésus-Christ, de même dans l'état sacré du mariage une épouse chrétienne ne doit aimer que son époux. Ce serait donc commettre une véritable destruction du mariage, que de tourner son cœur vers une autre personne, ou de la convoiter par un désir impur, quoique ce ne fût qu'intérieurement et dans la pensée. «Car Dieu condamnera les fournicateurs et les adultères.» (Heb., 13, 4.)
II. DEVOIRS DES PÈRES ET MERES DE FAMILLE ET DE TOUS LES MAITRES ET MAITRESSES.
Comment le Père de famille doit procurer le bien dans sa maison»
"n père de famille chrétien doit veiller aux in-
térêts religieux de tous ceux de sa maison. Il doit tous les Dimanches et les jours de fêtes commandées envoyer diligemment tous ses subordonnés à la sainte Messe et faire en sorte qu'ils soient instruits dans la doctrine chrétienne. Cependant si l'un ou l'autre devait rester à la maison pour la garder, le père de famille ne manquera pas de le conduire une autre fois à l'Église et à l'instruction religieuse. Que pendant le temps des offices divins on n'exerce aucune œuvre servile, afin que personne ne soit empêché de servir Dieu, ou d'entendre sa sainte parole. Si le père
de famille cherche ainsi avant tout le royaume de Dieu, assurément toute sa famille en sera bénie. {Matth., 6, 33.) Ceci doit être observé scrupuleusement par tous les hôteliers, bouchers, artisans, marchands et négocians, mais spécialement par tous les chefs d'industrie, parce qu'au jour du jugement, ils en rendront un compte rigoureux au juste Juge. Ils doivent tenir pour assuré, que le gain fait dans le temps des offices divins, avec la perte éternelle des âmes, ne peut ! attirer que des malheurs. C'est un usage lou- | able dans plusieurs familles chrétiennes, de faire ! lire, les Dimanches et les jours de fête, avant I le diner par un des enfans l'Epitre et l'Évangile du jour.
Un père de famille chrétien doit demander aux siens ce qu'ils ont entendu au sermon ou à l'instruction chrétienne. Il doit répéter avec eux ce qu'ils ont appris auprès de ceux qui sont chargés du soin de leurs âmes.
Dans une famille vraiment chrétienne on a aussi coutume, les Dimanches et les jours de fête, de lire après le diner un livre de piété; de chanter quelques saintes cantiques et de s'entretenir de choses édifiantes. Une telle vie attire une abondante bénédiction de Dieu, ainsi qu'il Ta promis lui-même. «Dans chaque endroit où l'on fera mémoire de mon nom , je viendrai vers vous et je vous bénirai. » (Exod. 20, 24.) Que le bon père de famille enseigne aussi à ses enfans, domestiques ou subordonnés les courtes pratiques chrétiennes qui suivent: