II. DES DEVOIRS DES EN FANS ENVERS LEURS PARENS
«Honore ton père et ta mère, afin que tu vives longtemps sur la terre, c'est ainsi que parle Dieu. » (Exod., 20, 2.)
TPn qualité de fils vous devez à vos parens le res- ■Mpect et la crainte filiale. Aucun état, aucun âge ne peut vous exempter de ce devoir. Répondez toujours à vos parens par des paroles douces et polies, même quand ils se conduiraient envers vous d'une manière injuste, ne vous servez jamais avec eux de termes grossiers, qui expriment le mécontentement; ne leur donnez jamais des noms dérisoires , ne les méprisez pas, ne rougissez pas de leur ignorance, ni de leur pauvreté ou de leur condition médiocre. Le Fils de Dieu a-t-il rougi de sa mère pauvre et de son père nourricier pauvre? Pourquoi donc rougiriez-vous de vos parens pauvres et les mépriseriez-vous?
2. Vous devez à vos parens l'obéissance la plus ponctuelle dans toutes les choses qui ne sont pas péché ni contraires à la volonté de Dieu.
Obéissez-leur tout particulièrement quand ils vous ordonnent ce qui est avantageux pour le salut de votre âme, et qu'ils vous défendent ce qui pourrait lui porter dommage. Vous ne savez que trop bien, mon cher enfant, quelle responsabilité pèse aux yeux de Dieu sur les parens qui n'excitent pas leurs enfans au bien ; pourquoi donc verriezvous de mauvais œil, que vos parens s'acquittent d'un devoir si impérieux de leur conscience, en vous portant à la pratique du bien ? Voudriez-vous donc que pour vous satisfaire vos parens perdissent leur âme et dussent brûler éternellement en enfer?
3. Vous devez encore à vos parens l'amour le plus tendre. Après Dieu vos parens sont vos plus grands bienfaiteurs. Combien de peines, de fatigues, de douleurs votre mère n'a-t-elle pas souffertes pour vous, dès avant qu'elle vous mît au monde? combien d'années ne vous a-t-elle pas porté dans ses bras, nourri de son lait, soigné avec l'amour le plus tendre et la plus grande sollicitude? Pendant combien de nuits n'a-t-elle pas veillé auprès de vous ? que de travaux et de soins n'avez-vous pas coûtés à votre père, que n'a-t-il pas enduré pour vous nourrir , vous vêtir et vous élever? Voyez! Dieu même s'adresse à vous dans l'Écriture sainte: «Honorez votre père de tout votre cœur et n'oubliez pas les gémissemens de votre mère. Pensez que sans eux vous ne seriez pas, au monde et rendez-leur ce qu'ils ont fait pour vous.» (EccL, 1, 29.)
Mon cher fils ! ma chère fille! Pensez que vous attirez sur vous-même et sur vos enfans la malédiction de Dieu, si vous ne traitez pas votre
père et votre mère avec amour, si peut-être même vous vous oubliez jusqu'à les frapper ou les maltraiter, et si dans leurs nécessités vous n'avez pas pitié de leur sort. Pensez aux exemples des saints, représentez-vous comme vos modèles dans l'amour filial, un Tobie craignant Dieu, un Joseph en Egypte, et tant d'autres, et remarquez attentivement les bénédictions nombreuses dont le Seigneur a toujours récompensé dès cette vie les enfans vertueux pour les combler ensuite du bonheur éternel.
4. Ordinairement parlant, ne faites point choix d'un état de vie à l'insu de vos parens et sans leur approbation, surtout s'il s'agit du mariage, et ne cédez point devant de très-fortes raisons que vous auriez d'en agir autrement.. Aidezles autant que vous le pourrez, employez vos forces à partager leurs occupations domestiques, consolez -les dans leurs peines, diminuez leurs soucis, ne les abandonnez pas dans leur vieillesse ; et quand ils deviennent faibles et caducs, ne leur retirez pas ce que vous leur devez et ce qu'ils ont droit d'attendre de vous; traitez-les même avec largesse selon vos moyens, et Dieu vous bénira.
Assistez vos parens dans leurs maladies, passez les nuits à veiller auprès d'eux avec tout la dévoûment possible, appelez le médecin à leur secours, surtout ne négligez pas de les pourvoir des saints Sacremens de l'Église.
Après leur mort, faites en sorte qu'ils soient enterrés honnêtement selon votre état; ayez soin que leurs pauvres âmes soient assistées par la prière, les saintes Messes et les aumônes. Accomplissez exactement leurs dernières volontés, priez pour
eux, visitez de temps en temps leurs tombes, afin d'en entretenir la décence et d'y prier pour eux, et appliquez-vous à honorer vos parens, même après leur mort par une vie vraiment chrétienne.