‹ Le livre des missionsChapitre 135 sur 232 · IV. DES OBLIGATIONS DES DOMESTIQUES ET DE TOUS LES SERVITEURS · texte numérisé non relu

IV. DES OBLIGATIONS DES DOMESTIQUES ET DE TOUS LES SERVITEURS

(( T) omestiques et serviteurs , soyez soumis à vos -^maîtres avec crainte et respect clans la simplicité de votre cœur comme à Jésus-Christ ; avec bonne volonté comme au Seigneur ; puisque vous savez que chacun recevra aussi du Seigneur selon le bien qu'il aura fait. » (Ephes., 6, 5.) Ainsi, serviteur chrétien, servante chrétienne ou employé quelconque, quoique vous remarquiez dans votre maître, votre maîtresse ou supérieur des fautes manifestes, observez cependant tout ce qu'ils vous commandent, mais n'imitez jamais leurs mauvais exemples, « Et vous domestiques, soyez soumis à vos maîtres en tout respect nonseulement à ceux qui sont bons et pacifiques, mais aussi à ceux qui sont durs et fâcheux.» [i. Pet., 2, 18.) Cependant s'ils vous commandaient quelque chose qui serait péché ou s'ils vous sollicitaient au mal, en ce cas ne leur obéissez pas; mais résistez à tout ce qui est mal; car la faveur de l'homme ne dure que du jour au lendemain ; la grâce de Dieu au contraire dure pendant toute l'éternité, a Ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps, mais craignez plutôt Celui qui peut précipiter àme et corps dans le feu de l'enfer.» (Matth., 10, 28.) Quittez plutôt aussi vite que possible un poste

aussi dangereux et pensez à combien peu il vous servirait de gagner l'univers entier, et si vous veniez à perdre votre âme pour toute l'éternité.

2. N'oubliez pas que les hommes en qualité d'enfans d'Adam et d'Eve sont nés pour le travail.

I Permettez donc qu'on se serve de vous pour toute sorte d'ouvrages. Quiconque travaille diligemment n'a guère le temps de pécher; il s'attire au contraire les bénédictions célestes , lorsque pendant

i le travail il pense ou dit souvent lui-même: ce Je veux faire cet ouvrage par amour pour Dieu.» Quiconque travaille dans une aussi bonne intention prie toujours: ce serait une belle et louable cou-

! tume d'adoucir vos travaux par de pieux cantiques ; mais, au nom de Dieu, ne chantez jamais des chansons déshonnètes. Ne faites jamais de médisance ni ne tenez des discours inutiles ; le faux te'moignage ne doit jamais sortir de votre bouche. Pour l'amour de Dieu, gardez-vous bien de

I prêter votre concours, vos conseils ou votre silence à autrui, surtout à un enfant de la maison ou à quelque autre domestique pour commettre, soit l'impureté , soit le vol, soit tout autre péché, car autrement vous seriez jugé un jour par le Dieu vivant, comme ayant véritablement donné la mort aux âmes. Préservez-vous vous-mêmes de tous ces crimes, et à cet effet évitez soigneusement toutes les mauvaises occasions ou les réunions dangereuses. — Fuyez tout excès dans la boisson; vous vous rendriez malheureux en ce monde et en l'autre. Sanctifiez surtout les dimanches et les fêtes, et faites souvent sérieusemont de petits retours sur vous-mêmes de la façon suivant : que sert à un pauvre domestique, artisan, ou serviteur

de gagner avec tant de peine quelque argent chaque semaine si, malheureusement les dimanches surtout et les jours de fête, il perd l'amitié précieuse de Jésus-Christ , son droit au ciel et la bénédiction de Dieu qui lui est si nécessaire , par des discours dissolus et licencieux, par le jeu et la boisson, par la danse ou par d'autres péchés?

V. DE LA CONDUITE DES PERSONNES NON MARIÉES DE L'UN ET DE L'AUTRE SEXE.

a volonté de Dieu est que vous soyez saints,

-^que vous vous absteniez de la fornication et que chacun de vous sache posséder l'instrument de son corps saintement et honnêtement, et non point en suivant les mouvemens de la concupiscence comme les païens qui ne connaissent pas Dieu.» (ThessaL, 4, 4, 5.)

1 . Rien ne déshonore tant le célibat que le péché d'impureté : selon les maximes des mondains ce péché ne doit pas être regardé comme péché, il n'est qu'une bagatelle, ou du moins une faiblesse de la nature. Cependant la foi , la religion de Jésus-Christ nous enseignent tout le contraire ; elles nous aprennent que ce péché honteux déshonore Dieu notre suprême Seigneur, souille en quelque sorte Jésus -Christ notre Rédempteur et notre Chef et qu'il profane de même le S. -Esprit notre sanctificateur. L'impudique déshonore Dieu, son suprême Seigneur: car il fait de l'objet de sa passion une idole qu'il adore pour ainsi dire; l'impudique sacrifie à sa honteuse passion son repos, sa santé , son honneur, sa fortune, la grâce de Dieu et la vie de son âme. Dieu n'est plus le Seigneur de son cœur; mais c'est à une créature,

qu'il offre toutes ses pensées et tous ses désirs. — N'est-ce pas là un grand crime , une détestable ingratitude envers Dieu?

L'impudique déshonore Jésus-Christ , qui est notre Chef et notre Rédempteur. «Ne savez-vous pas que vos corps sont des membres de Jésus-Christ : prendrai-je donc les membres de Jésus -Christ pour en faire les membres d'une prostituée ? » C'est ainsi qu'écrit l'Apôtre des gentils (1. Corinth., 6, 15.) Ne sommes-nous pas devenus par le baptême enfant de Dieu, frères de Jésus-Christ, cohéritiers du royaume de son père céleste et membres de son corps ? De quelle affreuse manière l'impudique ne traitet-il donc pas les membres de Jésus-Christ?

Le péché d'impureté déshonore enfin le Saint- Esprit. «Ne savez-vous pas (dit l'Apôtre) que vos membres sont le temple du Saint-Esprit qui est en VOUS?» (1. Corinih., 6, 19.)

Or un chrétien qui commet un péché contre la pureté, chasse le Saint-Esprit de son cœur, et y fait place à l'esprit impur.

2. Cependant voulez-vous, jeunes gens, voir encore plus clairement la grandeur de ce péché, vous n'avez qu'à réfléchir aux châtimens dont Dieu punit l'impureté.

Ouvrez les Livres saints et vous y verrez pourquoi le Seigneur envoie sur la terre le déluge universel, et pourquoi tous les hommes, à l'exception de la famille de Noë, furent détruits par l'eau, vous y verrez que l'impureté était l'affreux péché dont les hommes s'étaient rendus coupables, et pour lequel Dieu les a si sévèrement punis.

Vous y trouverez plus loin comment quelque temps après cette terrible catastrophe, ont été

brûlées et réduites en cendres par une pluie de feu et de soufre les maisons avec leurs habitants des villes de Sodome et de Gomorrhe et de trois autres encore. Quelles furent donc les actions criminelles qu'ont commises les habitans de Sodome et de Gomorrhe pour s'attirer d'une manière aussi terrible la vengeance divine? Le péché d'impureté. «Quarante mille Israélites furent tués dans le désert par l'ordre de Dieu, parce qu'ils avaient péché avec les filles des Madianites.» {Nomb., 5.)

Her et Onan furent punis de mort pour leurs déréglemens. (Gen., 5.)

Les sept maris de Sara furent en punition de ce péché étouffés par le diable. (Tob., 3.)

Peut-on donc regarder comme peu de chose ou comme une faiblesse pardonnable, un péché qui fut puni avec tant de rigueur par un Juge infiniment saint et juste?

Cependant tous ces ehâtimens, quelque terribles qu'ils paraissent, ne peuvent être comparés à ceux que Dieu prépare aux impudiques en l'autre vie. Aussi dans la primitive Église fallait-il expier les péchés d'impureté par une pénitence de sept ans et même de quinze ans, si l'on s'était rendu coupable d'adultère.

3. Ce péché est encore très-dangereux par la raison qu'en matière d'impureté, tout péché est mortel, pourvu qu'il y ait plein consentement et réflexion.

Si par exemple vous faites un léger mensonge ou que vous vous mettiez un peu en colère etc., cela n'est point par là même un péché mortel; au contraire, dès que vous péchez vo-

lontairement contre la pureté, ne fût-ce que par un simple désir, c'est toujours un péché grave. Les familiarités trop libres entre personnes de sexe différent, ne peuvent guère avoir lieu sans péché mortel.

4. Pensez donc, chers jeunes gens, combien de péchés se commettent contre la pureté par pensées et désirs, lorsque des personnes non mariées, de différent sexe, s'entretiennent ensemble sans témoins dans un appartement ou quelque autre endroit retiré.

A quels abus peuvent donner lieu le retour nocturne de la danse ou de la veillée; — ainsi que travail en commun pendant l'été dans les prairies, dans les champs ou dans des bois isolés? — Cependant Dieu voit et juge tout. — Même lorsque vous êtes seul, pensez que Dieu vous voit et que votre corps est le temple de Dieu qu'il faut conserver pur.

5. Enfin, chers jeunes gens, ne contractez jamais aveuglément aucun engagement de mariage à l'insu et sans le consentement de vos parens. Combien n'est pas condamnable devant Dieu et devant les hommes une pareille promesse? Quelles n'en sont pas les suites déplorables ? On se fréquente souvent sous prétexte de mariage, on devient moins réservé, plus hardi, on va jusqu'à l'impudence, et enfin sous le prétexte de mariage futur, on se permet les plus grands excès.

Jeune homme, jeune personne, si vous entrez dans l'état du mariage, entrez-y chrétiennement.

1 . Priez Dieu qu'il daigne vous éclairer dans le choix de votre épouse ou de votre époux futur.

2. Ne regardez pas tant à la fortune qu'à la bonne conduite et aux sentimens religieux.

3. Demandez conseil à vos parens et à d'autres personnes sages.

4. Même après avoir fait la promesse de mariage, aussi longtemps que vous ne serez pas marié, éloignez de vous toute occasion d'offenser Dieu et tout pensée impure.

5. Avant votre mariage faites une bonne confession, et si vous le pouvez, faites une confession générale, afin d'embrasser cet état avec de saintes dispositions.

Tâchez surtout, jeunes gens chrétiens, de conserver purs votre cœur et votre corps. ((Bienheureux ceux qui ont le cœur pur ; car ils verront Dieu.» C'est ainsi que parle Jésus-Christ.

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