V. DE LA SATISFACTION OU DES ŒUVRES DE PÉNITENCE
Satisfaire c'est réparer l'offense que l'on a faite à Dieu par le péché, ou l'injustice que l'on a faite au prochain.
On est strictement obligé de satisfaire à Dieu que Ton a offensé; et quoique la culpabilité du péché et la peine éternelle soient remises par l'absolution on a cependant encore à faire une satisfaction temporelle soit dans cette vie, soit dans l'autre.
Les anciens canons pénitentiaux de la sainte Église étaient très-sévères, mais cependant trèsjustes, car l'Église étant une tendre Mère n'a certainement pas imposé plus de pénitence que Dieu n'en exige. Celui qui était pénitent dans l'Église, devait publiquement porter l'habit de pénitence, jeûner au moins trois jours par semaine au pain et à l'eau et n'était pas admis à la communion. Celui qui avait fait un faux serment, devait jeûner quarante jours au pain et à l'eau. Celui qui, un Dimanche ou un jour de fête, faisait une œuvre servile, devait pendant trois jours faire pénitence au pain et à l'eau. Celui qui, pendant l'office divin, s'engageait dans un
entretien devait jeûner dix jours au pain et à l'eau. Une femme qui, pour cacher son péché, avait ôté la vie à son enfant, devait expier son péché par une pénitence de dix ans au pain et à l'eau. Pour un jeune homme qui avait péché avec une jeune personne, il lui était imposé de jeûner une année entière; pour un adultère on devait s'acquitter de trois à quinze années de jeûne. Quiconque avait maudit ses parens, devait I jeûner quarante jours au pain et à l'eau, et sept ans s'ils les avait frappés.
Cette discipline s' étant modifiée avec les mœurs des chrétiens , l'Église, cette bonne et tendre Mère, s'est désistée de sa première rigueur, en condescendant à la faiblesse de ses enfans pour ne pas en exposer la plus grande partie à la perte la plus funeste; c'est pourquoi les pénitences qui sont imposées actuellement sont trèslégères. Cependant la sainte Église recommande toujours aux pécheurs de s'imposer volontairement de bonnes œuvres et des pénitences pour expier leurs péchés, et elle les engage aussi à gagner les saintes indulgences.
Néanmoins les confesseurs, dit le S. Concile dê Trente : « doivent selon la grandeur du péché et le pouvoir du pénitent imposer des pénitences salutaires et convenables , autrement, s'ils traitaient les pécheurs avec trop d'indulgence en ne i leur imposant que de petites œuvres satisfactoires î pour de grands péchés, ils se rendraient coupables << des péchés d' autrui.»
Si néanmoins la légère pénitence que vous impose votre confesseur, vous paraissait trop 1 grande, sachez que Dieu est juste, que vous de-
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vriez souffrir des peines sans comparaison plus grandes dans l'autre vie, et que si vous aviez une autre pénitence plus légère vous pourriez retomber bientôt dans votre ancien péché.
Les œuvres expiatoires sont: la prière , le jeûne et les aumônes; œuvres qui renferment en elles tout ce qui est contraire à la nature déchue. On peut aussi satisfaire à Dieu par la souffrance qu'il nous envoie lorsqu'on la supporte patiemment et en esprit de pénitence , par exemple par les maladies, la pauvreté, les revers, les persécutions, etc.
Le pénitent est obligé d'accepter la pénitence que lui impose le confesseur; cependant si elle lui était trop difficile soit à cause de la faiblesse de sa santé, soit à cause de sa pauvreté, soit par manque de temps, ou pour d'autres raisons, il doit représenter cette raison au confesseur et le prier de vouloir bien changer la pénitence. Quoique le pénitent n'ait pas obtenu l'absolution, il doit néanmoins accomplir fidèlement la pénitence imposée, autrement il montrerait qu'il n'a pas un désir sincère de s'amender.
Mais lorsque le pénitent a reçu l'absolution et accepté la pénitence imposée, et que par sa faute il omet sa pénitence en tout ou en partie considérable, il commet un nouveau péché ; car il n'y a qu'un motif puissant p. ex. une maladie survenue qui puisse l'en dispenser. En effet la pénitence étant un complément du sacrement, il s'ensuit qu'un des principaux et des plus importants devoirs d'un vrai pénitent est de s'en acquitter fidèlement; c'est pourquoi on doit ac-
complir la pénitence tout entière au temps marqué et avec dévotion.
Quand doit-on se confesser?
Le précepte divin oblige à se confesser: 1. Quand on a commis un péché mortel, et cela aussitôt que possible. Car la raison même nous commande de nous tirer au plus tôt d'une position aussi dangereuse que celle où nous met le péché mortel. Quelle faute ne commet donc pas un chrétien, qui demeure pendant un temps considérable dans un état de damnation, sans se mettre en peine d'en sortir! Certes, ils se rendent coupable d'un bien grand péché, ceux qui laissent passer des mois et des années entières , sans se confesser de leurs péchés mortels.
2. Lorsqu'on se trouve en danger de mort. Aussi l'Église ordonne-t-elle aux médecins d'exhorter avant tout ceux qui sont dangereusement malades, à faire d'abord leur confession. Les parens, les supérieurs, les amis, les garde-malades, ont aussi à porter une terrible responsabilité devant Dieu, lorsqu'ils avertissent trop tard pour la confession du malade, ou lors qu'ils le laissent mourir par leur faute sans ce sacrement.
3. L'Église oblige les fidèles sous peine de péché grave de se confesser au moins une fois par an.
Il est cependant très-utile et prudent de se ; confesser souvent, puisque cette action sainte augmente beaucoup la pureté du cœur, soutient la faiblesse de notre nature corrompue, nous rend j plus humbles , accroît en nous la crainte et l'horreur du péché.
Yous devez encore vous confesser fréquem- }
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ment, pour pouvoir communier plus souvent. Car c'est le désir de la Sainte-Église conduite par le Saint-Esprit, que les fidèles puissent participer au saint Mystère , pendant la sainte Messe , nonseulement d'une manière spirituelle, mais aussi j réellement, comme il est exprimé dans le Concile : de Trente. (Sess. 22, cap. 8.) Le catéchisme romain expliquant ce souhaite du concile de l'Église universelle, rapelle à tous les curés d'ex- I horter leurs fidèles à la communion fréquente, j et même journalière, ajoutant que, comme le corps a journellement besoin de nourriture pour sa conservation ; de même aussi l'âme a besoin d'une nourriture spirituelle pour se maintenir dans la vie de la grâce. S'il n'est pas tout à fait possible de communier chaque jour, du moins l'estil certainement de le faire nlus souvent que ne le font d'ordinaire la plupart des chrétiens.