PRATIQUE CONTRE LA TIÉDEUR
T es âmes qui ne tiennent pas compte du péché -^véniel et se laissent aller à la tiédeur sans songer à s'en préserver sont en grand danger. Je ne | parle point ici des péchés véniels commis par I pure fragilité, tels que paroles inutiles, troubles j intérieurs, petites négligences et autres; je parle des péchés véniels pleinement volontaires et sur- ! tout de ceux dont on a contracté l'habitude. Les l péchés véniels délibérés, d'un côté affaiblissent j l'âme, de l'autre, nous privent des grâces de Dieu, j car il est juste que Dieu soit réservé envers ceux qui j sont réservés avec lui. Qui parce seminat, parce et metet (2. Cor. 9. 6.) Et c'est ce que doit craindre plus particulièrement une âme qui a reçu du j Seigneur des grâces spéciales, surtout si ces fautes se font par attachement à quelque passion, ou sentiment d'ambition, de cupidité, de haine ou d'affection désordonnée pour quelque personne. Soui vent il arrive à ces âmes esclaves d'une passion, ce qui arrive aux joueurs qui, ayant beaucoup perdu, finissent par dire : « Que tout y passe ! » et qui perdent tout ce qu'ils ont. La passion aveugle et empêche de voir ce que l'on fait. Venons maintenant à la pratique de ce que nous avons à faire pour nous tirer de ce misérable état de tiédeur.
1° Il faut avoir un désir sincère d'en sortir. Le bon désir diminue le travail et donne des forces pour avancer. Persuadons-nous bien que celui qui n'avance pas dans la voie de Dieu, reculera peu à pejj et finira par tomber dans quelque précipice; 2° Tâchons de connaître notre 1 vice dominant; comme la colère, l'ambition, l'amour désordonné d'une personne ou de l'ar-
gent : une volonté résolue triomphe de tout, avec l'aide de Dieu. 3° Il faut éviter l'occasion de tomber, sans quoi toutes nos résolutions seront mises à néant. Finalement, il faut surtout nous défier de nos propres forces et prier Dieu continuellement avec confiance de nous aider dans les dangers et de nous délivrer des tentations qui pourraient nous faire tomber dans le péché.
PRIÈRE
Omon Jésus 1 oubliez les ingratitudes par lesquelles j'ai payé vos bienfaits ; ne vous rappelez que vos mérites et les souffrances que vous avez endurées pour moi depuis la crèche jusqu'à la croix ; je me repens de tout mon cœur des déplaisirs que je vous ai causés, dès aujourd'hui je vous consacre ma vie, que je veux employer à vous servir et à vous aimer. Je vous aime, ô mon Rédempteur, mais trop faiblement, augmentez en moi votre saint amour. Exaucez-moi et accordez-moi la grâce de toujours vous adresser la même prière. O amour de mon âme, que ne puis-je sentir mon cœur brûler sans cesse de votre amour/ Je vous ai beaucoup offensé; à l'avenir, je veux vous aimer beaucoup, et je ne veux aimer que vous, parce que vous seul êtes digne d'être aimé. Je ne veux vous aimer que parce que vous méritez tout mon amour^ O Marie , ma mère et mon espérance, secourez-moi.