II. CETTE SEULE VRAIE RELIGION EST LA RELIGION DE JÉSUS-CHRIST
TkiEU est partout et toujours le même Dieu, et -^partout il exige de tous les hommes les mêmes hommages essentiels en esprit et en vérité. Dieu ne peut être honoré que par une religion toute vraie, toute sainte et par conséquent digne de lui. Cette religion une, vraie et sainte doit nous être donnée par lui-même; car l'éternelle vérité n'est connue que de Dieu seul et de celui à qui il la veut bien révéler. Dieu demeure dans une lumière inaccessible, comme dit l'Écriture. Mais après nous avoir parlé autrefois en diverses occasions et de différentes manières par les prophètes, il nous a parlé dans ces derniers temps par son Fils, qui est la splendeur de sa gloire, l'image de sa substance, Notre-Seigneur Jésus- Christ, le Verbe fait chair, qui est né de la Vierge Marie. (S. Paul; S. Jean.)
2. Nul homme n'a jamais vu Dieu; c'est le Fils unique qui est dans le sein du Père qui nous l'a fait connaître. Celui qui vient d' en-haut est au-dessus de tous; mais celui qui vient de la terre est terrestre et parle comme un organe terrestre. Au contraire celui qui vient du ciel en
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terre , est au-dessus de tous. C'est pourquoi Jésus-Christ dit lui-même à la multitude des Juifs : Je ne prends point mon témoignage d'un homme, mais de Dieu, et je ne le dis que pour que vous soyez sauvé. — Les œuvres que je fais effectivement me rendent témoignage, et sont la preuve que le Père m'a envoyé. — C'est mon Père qui me glorifie, lui que vous dites votre Dieu. — Qui me voit voit aussi mon Père ; car moi et mon Père nous sommes un. — Et quiconque garde ma doctrine, connaît qu'elle est de Dieu. (S. Jean.)
3. Et le monde a été convaincu que la doctrine de Jésus-Christ est de Dieu, c'est-à-dire que Jésus-Christ est le Fils éternel du Père, et que sa religion est la seule vraie, la seule sainte, la seule sanctifiante, lorsqu'au jour de la Pentecôte le Saint-Esprit descendit sous la forme de langues de feu sur le petit nombre de ses fidèles apôtres. Alors douze pêcheurs, hommes simples et sans instruction, se présentèrent tout à coup devant l'assemblée du peuple juif, prêchant Jésus-Christ crucifié et mis à mort comme un malfaiteur, Jésus-Christ, qu'ils proclamèrent le Fils du Dieu vivant ressuscité d'entre les morts, siégeant au ciel, à la droite de Dieu son Père ; affirmant que c'est par son nom seul qu'on peut espérer le pardon de ses péchés ; que quiconque croit en lui et se fait baptiser sera sauvé, et que quiconque ne croit pas en lui sera condamné ; que devant son tribunal suprême paraîtront un jour tous les hommes, les rois aussi bien que leurs sujets.
4. Cependant qu'arriva-t-il ? — Le monde païen, avec son luxe et sa puissance, fut vaincu par ces douze pêcheurs: tout se prosterne et
adore le crucifié , et là croix de Jésus-Christ est plantée dans toutes les parties de l'univers. A peine le prince des apôtres a-t-il commencé sa prédication, que déjà des milliers d'hommes se jettent à ses pieds et lui demandent : «Que devonsnous faire , pour obtenir la vie éternelle?» — Le bruit de cette trompette apostolique remplit bientôt tout l'univers, — les synagogues, les conseils, les écoles, les scribes, les grands-prêtres et les puissants dominateurs du monde , tout s'irrite, et se réunit pour détruire cet ouvrage de douze pêcheurs ; — alors Pierre parait à Rome, la ville la plus civilisée et la maîtresse du monde, il prêche sous les yeux de Néron , le plus audacieux des tyrans; celui-ci défend sous peine de mort d'écouter cet étranger; mais c'est en vain que les rois et les peuples se liguent contre le Seigneur et contre son Christ. — Jésus est adoré même à la cour de Néron ! — On charge les apôtres de chaînes, on les jette dans les prisons, on les condamne aux plus cruelles tortures, et aux épreuves les plus affreuses, on les plonge dans l'huile bouillante, on les déchire, on les perce de lances; ils sont tourmentés dans leur chair, mais leur cœur est rempli de joie; ils affrontent volontiers pour Jésus-Christ la mort la plus cruelle, ils en font même l'unique objet de leurs désirs et de leurs souhaits les plus ardents; — mais, ô prodige î leur sang devient une semence, qui fait lever sur toute la terre des milliers de chrétiens ! Malgré la fureur des tyrans exercée pendant trois siècles, contre les adorateurs de Jésus-Christ, on vit les hommes les plus savants et les plus nobles se déclarer avec joie les disciples
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j d'un Dieu crucifié et confesser fermement sa foi au ! milieu des supplices; on les vit sceller de leur sang la doctrine des apôtres et donner leur vie | en affirmant que la religion qu'ils prêchent est la seule vraiment divine.
5. On vit des empereurs , des rois, des sénateurs et des pontifes païens, des femmes distinguées, on vit des royaumes et des empires adorer Jésus crucifié et croire aux mystères impénétrables de sa religion, de cette religion qui commande de crucifier la chair avec ses convoitises, qui menace d'un feu éternel ceux qui auront suivi leurs passions déréglées; de cette religion qui se nomme la seule vraie , la seule sainte , la seule sanctifiante; de cette religion qui nous ordonne d'aimer nos ennemis, qui exige la soumission entière de notre esprit. On vit donc la fière raison s'incliner surtout, pour rendre à Dieu les hommages de la foi. Or, un tel changement ne peut être que l'ouvrage du Dieu tout-puissant, 1 il ne peut être que l'ouvrage de Jésus-Christ Dieu et homme tout ensemble, il ne peut être que l'ouvrage du Saint-Esprit, Dieu comme le Père et le Fils, l'ouvrage d'un Dieu un en trois personnes ; et par conséquent, cette religion doit être la seule vraie, la seule sainte, la seule capable de sanctifier les hommes !
Qu'ils sont donc aveugles ces orgueilleux de notre siècle qui osent douter d'une religion que Dieu a confirmée par tant de prophéties et de miracles , que tant d'hommes célèbres ont scellée de leur sang, que tant de profonds génies ont défendue, que tant de princes et de personnes considérables ont reçue et pratiquée, que tant de
peuples et de héros ont défendue au prix de leur vie.
Vraiment la vérité de la religion chrétienne €St si claire, qu'on est forcé de s'écrier avec le Prophète royal: «Vos témoignages (ô Dieu) ne sont que trop dignes de foi ! » Mais quoique la \ lumière de notre foi brille plus clairement que le soleil, cependant cette même foi demeure toujours obscure pour ceux qui ne jugent les choses divines que selon leurs passions déréglées et leurs I sentimens charnels. C'est pourquoi la Sainte- Écriture dit: «L'homme animal n'est point ca- j pable d'entendre les choses qui sont de l'esprit j de Dieu. Elles lui paraissaient une folie, il ne peut les comprendre. » (I. Cor. 2.)