‹ Le livre des missionsChapitre 182 sur 232 · IV. LE PAPE EST LE VICAIRE DE JÉSUS -CHRIST · texte numérisé non relu

IV. LE PAPE EST LE VICAIRE DE JÉSUS -CHRIST

Te suis assuré que Dieu me parle si j'écoute ceux ; ^ qu'il a établis pour m'enseigner. Dans les pre-

! miers temps Dieu a parlé aux hommes par les patriarches, par Moïse et les prophètes; mais

j lorsque l'accomplissement des temps fut venu , il

| nous a parlé par son Fils unique qu'il a établi héritier de toutes choses et par lequel il a créé le inonde; c'est à lui qu'il a rendu ce témoignage du haut du ciel: «Voici mon Fils bien-aimé, vous devez l'écouter.» N.-S. J.-C. lui-même au

! moment de monter au ciel pour prendre possession de la gloire qu'il avait auprès du Père avant que le monde existât, parla ainsi aux douze disciples

I qu'il avait choisis pour ses Apôtres :

«Je ne vous abandonne pas comme des orphelins. — Je demeure avec vous jusqu'à la fin

du monde. — - Je vous enverrai le consolateur, F Esprit-Saint; qui vous enseignera toutes choses* — Allez, instruisez tous lés peuples, et baptisezles au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit; apprenez-leur à garder tout ce que je vous ai ordonné. Et voilà que je suis avec vous jusqu'à la fin du monde. — Celui qui aura cru et aura été baptisé, sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas, sera condamné. — Recevez le Saint-Esprit; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez. — Quiconque vous écoute, m'écoute, et quiconque vous méprise me méprise. — Comme le Père m'a envoyé, ainsi je vous envoie. » Et il dit à Pierre l'un des douze: «Vous êtes Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, jet les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle; et je vous donnerai les clefs du royaume des cieux, et tout ce que vous délierez sur la terre, sera aussi délié dans le ciel, et tout ce que vous lierez sur la terre, sera aussi lié dans le ciel. — Paissez mes agneaux; — paissez mes brebis.» — Et s'adressant encore à tous: «On connaîtra que vous êtes mes disciples, si vous vous aimez les uns les autres, comme je vous ai aimés. » Enfin il pria ainsi son Père céleste: «Sanctifiez-les dans la vérité. Votre parole est vérité. Comme vous m'avez envoyé dans le monde, je les envoie aussi; je ne prie pas seulement pour eux, mais aussi pour ceux qui croiront en moi par leurs paroles, afin que tous ils soient un, comme vous, mon Père, êtes en moi et moi en vous; qu'ils soient de même un en nous, afin que le monde croie que vous m'a-

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vez envoyé. Je leur ai communiqué la clarté que vous m'avez donnée, afin qu'ils soient tous un, comme nous sommes un nous-mêmes.»

(S. Matthieu, 10, 40; 16, 18. Jean, 14; 15; 17.— Marc. 16, 15—16.)

2. Certes, il serait bien aveugle et bien criminel celui qui dans ces paroles si claires et si importantes de l'Homme-Dieu ne reconnaîtrait pas que Notre-Seigneur Jésus-Christ, avant de nous quitter, a transmis sa puissance divine à ses fidèles apôtres; qu'il a d'une manière éclatante et toute particulière remis ses pouvoirs à saint Pierre, en l'établissant à sa place pasteur souverain de tout son troupeau; qu'en outre il voulut, lorsqu'il fit à cette fin des prières à son Père, que ces mêmes apôtres demeurassent unis dans la vérité et la charité, et que même ceux qui croiraient en lui, par leur ministère restassent entre eux dans une union inséparable, et formassent ainsi sur la terre un royaume de Dieu, spirituel et véritable, qui durerait jusqu'à la fin du monde, avec l'assistance du Saint-Esprit. Mais qui ne remarquerait aussi la promesse formelle qu'il fait lui-même de demeurer avec les siens jusqu'à la fin des temps, et d'empêcher que les efforts de l'enfer ne puissent jamais détruire son règne parmi les hommes ? Ce royaume spirituel de Jésus-Christ est nommé dans l'Écriture sainte l'Église de Dieu ; c'est de cette Église que Jésus- Christ a dit : « Que celui qui n'écoute pas l'Église, soit pour vous comme un païen et un pécheur public. » L'Église dont il parle ainsi est précisément celle-là même dont l'Apôtre des gentils écrit qu'elle est «la colonne et le fondement de la vérité.»

V. LA VRAIE FOI EST CELLE QU'ENSEIGNENT NOTRE S. P. LE PAPE ET LES ÉVÊQUES CATHOLIQUES.

Ci le royaume de Jésus-Christ, établi par l' effusion de son sang, doit durer jusqu'à la fin du monde et triompher des puissances de l'enfer, il doit exister encore aujourd'hui et demeurer au 19e siècle le même qu'il a été dès le commencement. Il doit donc y avoir encore aujourd'hui de vrais successeurs des apôtres et un vrai successeur de saint Pierre, il faut par conséquent aussi que le royaume de Jésus-Christ soit maintenant aussi stable, aussi parfait, aussi entier qu'il l'était au sortir de ses mains dans l'unité de la vérité et de la charité chrétiennes. Or parmi toutes les sociétés religieuses de la terre il n'y en a qu'une seule qui puisse se glorifier d'avoir pour pasteurs de vrais successeurs des apôtres de Jésus-Christ, et pour chef suprême un vrai successeur de saint Pierre. Cette Église unique, c'est l'Église catholique, apostolique, et romaine. — Car où vécut-il, où enseigna-t-il durant sa vie? où répandit-il son sang pour la foi le Prince des apôtres, l'immortel saint Pierre? n'est-ce point à Rome? Où reposent ses cendres sacrées? n'est-ce point à Rome? Où donc est le vrai successeur de saint Pierre aux mains duquel les clefs du ciel ont été déposées, où est le roc vivant et l'inébranlable fondement de l'Église de Jésus-Christ? Nulle part, si ce n'est à Rome !

2. L'histoire prouve clairement que toute la chrétienté orthodoxe a toujours regardé i'é-

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vêque de Rome comme le vrai successeur de saint Pierre. Du vivant même de saint Jean l'évangéliste, saint Clément, le troisième successeur de saint Pierre sur le Siège apostolique de Rome, jugea les querelles des Corinthiens quoique saint Jean fût encore vivant à Éphèse, où les Corinthiens eussent pu si facilement se rendre pour s'en remettre à la décision de cet apôtre chargé du gouvernement des Églises d'Asie ; ils reconnaissaient donc saint Clément, é vêque de Rome comme le vrai successeur de Pierre et le chef suprême de l'Église universelle.

Quant aux disciples immédiats des Apôtres de Jésus-Christ, on a des preuves claires et authentiques que, dans les affaires les plus importantes de l'Eglise, ils recouraient toujours à l'évêque de Rome comme au vrai successeur de saint Pierre. En voici plusieurs: Saint Polycarpe, disciple de saint Jean, se rendit de l'Asie à Rome pour la dispute qui s'était élevée touchant le jour de la célébration de la fête de Pâques. — Saint Irénée s'y rendit aussi pour des affaires importantes de l'Église des Gaules. — Saint Cyprien, saint Athanase, saint Jean Chrysostome s'adressèrent aussi à l'évêque de Rome en pareilles circonstances. On connaît le mot fameux de saint Augustin à ce sujet: «Rome a parlé, la cause est finie.» Il y a plus, les premiers et les plus anciens conciles œcuméniques se sont fait un devoir de demander au Souverain-Pontife la confirmation de leurs actes. Le troisième concile général entre autres nomme Célestin I, alors évêque de Rome, le «père du concile général.» Oui tous les conciles œcuméniques, tous les Samts

Pères de toute la chrétienté orthodoxe confessent unanimement qu'à Rome est le Siège du vrai successeur de saint Pierre, lequel est chargé de gouverner l'Église universelle et est revêtu pour cela du même pouvoir que le prince des apôtres lui-même.

3. La succession des évèques de Rome, depuis saint Pierre jusqu'à Pie IX, actuellement Souverain-Pontife, nous montrent une suite qui n'a jamais été interrompue. Jamais cette succession n'a cessé, jamais il n'a failli ce Siège de Pierre, ni parmi les plus grandes tempêtes et les plus violents orages, ni parmi les révolutions des peuples et les renversements des royaumes de la terre. Au contraire plus l'esprit du monde et de l'enfer ont fait d'efforts pour le renverser, plus il a été combattu par l'esprit de schisme et d'hérésie, plus aussi sa solidité a été mise en évidence, plus son éclat a été brillant, plus son triomphe a paru divin dans tous les siècles. Ainsi la protection continuelle de Dieu sur son Église est plus claire que la lumière du soleil. Ainsi s'est vérifiée et se vérifie encore la parole de Jésus-Christ à saint Pierre: Vous êtes Pierre et sur cette Pierre je bâtirai mon Église et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle. Ainsi se vérifiera-t-elle encore jusqu'à la consommation des siècles.

4. De même que les évêques de Rome ou les Papes sont les vrais successeurs de saint Pierre, de même les autres évèques catholiques sont les successeurs des autres apôtres de Jésus- Christ. Nous lisons dans l'Écriture que les apôtres eux-mêmes choisirent des hommes pieux et re-

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commandables pour se les associer dans l'apoâiolat. — C'est ainsi qu'ils ordonnèrent Paul et Barnabé, mais ce ne fut qu'après avoir jeûné et prié le Seigneur, disent les Actes des apôtres, qu'ils leur imposèrent les mains. Saint Paul sacra à son tour Tite et Timothée de la même manière ; écrivant aux plus anciens de l'Église d'Ephèse, il leur parle ainsi : «Veillez sur vous-mêmes et sur tout le troupeau sur lequel le Saint-Esprit vous a établis évêques, pour gouverner l'Église de Dieu qu'il s'est acquise par son sang. »

De même donc que les apôtres établirent et sacrèrent leurs vrais successeurs, ceux-ci le firent à leur tour , établirent et sacrèrent d'autres successeurs légitimes que l'on nomme évéques etpassteurs; et c'est de cette façon que les vrais successeurs des apôtres furent continués jusqu'à présent dans la personne de nos évêques.

5. D'après ce simple exposé tout homme sincère et de bonne foi peut aisément reconnaître, au temps où nous vivons, le véritable royaume de Jésus -Christ sur la terre; sans doute, il le cherchera là où depuis dix-neuf siècles se trouvent les vrais successeurs de saint Pierre, et les vrais successeurs des saints apôtres par une suite non interrompue ; là où ces évêques se tiennent invariablement unis au vrai successeur de saint Pierre, dans le même esprit de vérité et de charité, depuis dix-neuf cents ans, comme les saints apôtres euxmêmes se tinrent toujours unis dans une même communion avec saint Pierre par l'assistance du Saint- Esprit. Mais qui n'aperçoit d'abord que sur toute la terre, depuis la fondation du royaume spirituel de Jésus-Christ, l'Église catholique romaine est

la seule qui regarde le Pape ou l'Évèque de Rome comme le vrai successeur de saint Pierre , et les autres évêques , comme les vrais successeurs des autres apôtres pourvu qu'ils soient toujours unis avec le Pontife de Rome par le même lien de vérité et de charité qui unissait autrefois les apôtres à saint Pierre. Oui, ce lien sacré qui tient les évèques unis au Pape est le signe le plus beau, le plus sûr et le plus manifeste auquel on peut reconnaître le véritable royaume de Jésus- Christ sur la terre, c'est-à-dire la sainte Église. Voilà pourquoi Jésus- Christ disait à ses apôtres : « On reconnaîtra que vous êtes mes disciples, si vous vous aimez les lins les autres. » Et il dit aussi en particulier à saint Pierre: «J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Et toi quand tu seras converti, affermis tes frères.» — 11 prie encore son Père, comme nous l'avons déjà dit, afin que tous les fidèles soient un, comme il est un avec son Père.

6. 11 est donc clair et évident qu'un évèque même qui ne serait pas uni au Pape ni aux autres évêques dans la vérité et la charité , devrait être justement regardé ou comme un hérétique ou comme un schismatique. En effet, on regarda toujours dans l'Église de Dieu comme les vrais successeurs des apôtres , les évèques unis dans la foi et la charité avec le vrai successeur de saint Pierre, et l'on appela toujours les autres des hérétiques ou des schismatiques. —

Tous les évêques catholiques unis au Pape ne font ainsi qu'une seule sainte société, que l'on nomme encore l'Église enseignante dont N.-S. Jésus-Christ a dit: «Celui qui n'écoute pas l'É-

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glise, regardez-le comme un païen et comme un pécheur public. — Voici que je suis avec vous jusqu'à la fin du monde. Quiconque vous écoute m'écoute, quiconque vous méprise, me méprise.» C'est de cette Église enseignante que saint Paul écrit, qu'elle est la colonne et la base de la vérité, qu'elle est bâtie sur le fondement des apôtres et des prophètes, et que Jésus-Christ lui-même en est la pierre angulaire. Cette Église est donc la seule qu'on doive écouter, elle est infaillible dans ses décisions, et par conséquent elle ne peut nous tromper, les portes de l'enfer ne pouvant jamais prévaloir contre elle. En conséquence, celui-là. seul est un vrai chrétien, possède la vérité infaillible, la pure doctrine de Jésus -Christ, entend parler Jésus lui-même par la bouche de saint Pierre et des apôtres , qui écoute le Pape et les évêques catholiques unis à lui. Quiconque pense autrement ou enseigne le contraire est un hérétique, parce qu'il méprise la doctrine apostolique, l'unique véritable, la seule enseignée par Jésus-Christ lui-même.

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