IV. LE TEMPS DE LA GRACE
P'est un trait bien remarquable que celui qui ^est rapporté dans l'Évangile. Jésus-Christ voyant la ville de Jérusalem, versa des larmes sur elle : l) ville infortunée, s'écria-t-il , si tu avais voulu connaître mes desseins de miséricorde et de bonté sur toi, que de grâces qui t'étaient préparées!
*) Luc., 19.
tes ennemis t'auraient redoutée, tes habitans auraient goûté les douceurs de la paix , tu aurais subsisté dans ta gloire et dans ton éclat. Ville ingrate et coupable , combien de fois ai-je voulu réunir tes enfans dans mon sein, comme la poule réunit ses petits sous ses ailes! Toujours tu as résisté, et jamais tu n'as voulu te rendre à mes tendres invitations. Hélas! en punition de ton infidélité , que de malheurs vont fondre sur toi l tes ennemis t'environneront de murailles;1) ils t'assiégeront de toutes parts, ils désoleront tes campagnes, ils renverseront tes remparts, ils égorgeront tes habitans, il ne restera plus dans toi pierre sur pierre : et tous ces malheurs f arriveront, parce que tu n'as pas voulu connaître le temps de mes grâces , et les momens de mes miséricordes sur toi. Toutes ces prédictions furent accomplies ; la ruine, la désolation, les malheurs de Jérusalem infidèle étonnent encore l'univers. Combien d'âmes, dont cette ville coupable est la triste image , et qui , par leurs continuelles résistances à la grâce, attirent sur elles des malheurs d'autant plus grands qu'ils seront éternels ! Pensez-y bien : la grâce vous presse ; soyez fidèle à la grâce, rien de si funeste que d'en abuser.