‹ Le livre des missionsChapitre 185 sur 232 · III. LES JUGEMENS DE DIEU · texte numérisé non relu

III. LES JUGEMENS DE DIEU

"Dalthazar, l'impie Balthazar est plongé dans les -^excès d'un festin , au milieu de ses courtisans. Il s'est livré aux délices de la table, il a blasphémé contre Dieu, et abusé de sa miséricorde, il en vient jusqu'à profaner les vases sacrés du temple; il regarde ce jour comme un jour de plaisir et de joie: malheureux! le moment de son jugement est venu. A l'instant il voit une main terrible qui éc$it sur la muraille son arrêt en ces termes: Mane, Thecel, Phares; j'ai compté, j'ai pesé, j'ai divisé. J'ai compté tes jours, tu es à la fin; j'ai pesé tes actions, elles te condamnent; j'ai divisé ton royaume, et je te livre à tes ennemis. Telle est la sentence portée et le jugement fulminé contre lui. La nuit même tout s'exécute et il meurt; il meurt en réprouvé, comme il avait vécu en impie.

Craignons les jugemens impénétrables du Seigneur; pensons-y jour et nuit; tenons-nous prêts à tous les instans , tremblons sous sa main puissante, et n'oublions jamais que, comme il est le Dieu des miséricordes, il est aussi le Dieu ! des vengeances.

Saint Jérôme a été un des plus saints pénitents j de l'Église de Dieu; dégoûté du tumulte du monde et de la grandeur de Rome , il se retira dans la I Palestine, s'ensevelit, en quelque manière, dans | sa solitude; là, on ne peut exprimer quelle fut i l'austérité de sa vie, la sévérité de ses pénitences, | de ses mortifications, de ses macérations, des ! saintes rigueurs qu'il exerça sur lui-même. On ' le voyait, une pierre à la main, se frapper la poitrine, et mettre son corps tout en sang, dans

cet état, toujours tremblant et alarmé, il méditait sans cesse la rigueur des jugemens de Dieu. Absorbé dans cette profonde pensée : Hélas ! s ecriaitil en tremblant, il me semble entendre à tous les momens le son terrible de cette trompette fatale qui nous appellera tous au jugement; jour et nuit elle vient retentir à mes oreilles, et mon esprit consterné ne peut se rassurer au souvenir d'un Dieu terrible qui doit me juger. Il passa ainsi sa vie dans la crainte et l'attente des jugemens de Dieu. Heureux de les avoir prévenus par une pénitence si longue et si rigoureuse ! Apprenons à méditer le jugement de Dieu, puisque nous devons un jour y paraître. — Apprenons à le craindre, puisqu'il doit décider de notre sort à jamais. — Apprenons à nous y préparer, puisque de cette préparation dépend ou le bonheur ou le malheur éternel. — Jugeons-nous sévèrement nousmêmes, afin que Dieu nous juge dans sa miséricorde. — Mettons-nous au-dessus des vains jugemens des hommes, quand ils seront capables de nous éloigner de la loi de Dieu. — Enfin, prions le Seigneur de nous être propice dans ce jour terrible de ses vengeances.

Page 1