INSTRUCTION
{Tirée des écrits de saint Alphonse de liguori.)
i e Sacrement de l'autel est, entre tous 1 les autres, le plus saint, le plus excellent et le principal. Les autres ' Sacremens renferment les grâces et Mes dons de Dieu, le très-saint Sacre- ' ment de l'Autel renferme Dieu même l'auteur de toutes les grâces. Voilà pourquoi le docteur angélique S. Thomas Lquin dit : les autres sacremens sont instiis par Jésus Christ pour rendre les hommes ^propres à la réception ou à la distribution de ce très -saint Sacrement qui est le complément de la vie spirituelle ; puisque c'est de ce saint Sacrement que provient toute la perfection de nos âmes. En effet toute la perfection de l'homme consiste dans l'union avec Dieu ; mais il n'y a pas de moyen plus efficace de nous unir à Dieu que la sainte Communion par laquelle l'âme devient une même chose avec Jésus Christ, comme il le témoigne lui-même, disant: «quiconque mange ma chair et boit mon
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sang, demeure en moi et moi en lui.» (S. Jean, 6. y, 57.)
Le principal effet de ce très-saint Sacrement est de conserver dans l'homme la vie de la grâce. Voilà pourquoi il est nommé pain; parce que de même que le pain matériel conserve la vie du corps, i ce pain céleste conserve la vie de l'âme qui est la grâce de Dieu.
Il est, selon la sentence du concile de Trente, le remède le plus efficace, pour nous délivrer de nos manquemens journaliers et pour nous préserver du péché mortel. {Trid. Sess. 13, 2.)
Avant tout la sainte Communion nous inspire l'amour de Dieu. Jésus Christ nous a témoigné expressément qu'il n'est venu sur la terre pour au- I cune autre raison, sinon pour enflammer nos cœurs de son divin amour. «Je suis venu apporter le feu sur la terre et que désiré-je sinon qu'il s'allume.» (S. Luc, 12, 49.) Qu'y a-t-il maintenant sur la terre qui pourrait enflammer plus le cœur de l'homme du ii feu du divin amour, que le saint Sacrement de l'Autel où le divin Rédempteur se donne tout entier à { nous? Voilà pourquoi le saint concile de Trente nous S enseigne aussi que dans ce Sacrement notre Sauveur j) a répandu tous les trésors de son amour envers nous, , ! (Sess 13, 2.) Les hommes par conséquent ne de- | vraient rien désirer plus que de recevoir Jésus Christ \ dans la sainte Communion aussi souvent qu'il leur ï est possible.
Il est reconnu que les premiers chrétiens, comme !ji le témoignes. Luc. s'approchaient journellement de \ la table du Seigneur. Ils persévéraient aussi tous t les jours priant dans le temple, unis de cœur et il d'esprit entre eux, et rompant le pain dans les mai- AI sons. (Act 2, 56.)
Par le pain les fidèles interprètes de l'Écriture !| entendent tous ensemble la sainte Communion. De | plus la sainte Église a dans le concile de Trente ma-
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nifesté le désir que les fidèles qui assistent au saint Sacrifice de la Messe > puissent y communier chaque fois, non seulement spirituellement mais en effet.
I (Sess. 22, 6.) 11 est reconnu encore que les plus grands Saints se servaient de la Communion comme
1 du moyen le plus efficace pour faire de grands progrès
j dans la piété et la vertu.
Que doit-on donc dire à ces chrétiens qui ne répondent pas au désir de Jésus Christ et de la
I Sainte-Eglise et qui ne veulent pas imiter les âmes saintes ? Hélas ! — Je le sais ils s'excusent par ce
j vain prétexte : nous ne sommes pas dignes de nous approcher si souvent de la table du Seigneur. 0
J mon Dieu, s'il fallait regarder à la dignité, qui serait
j bien véritablement digne de communier?
Nul autre que Jésus Christ seul eût été digne de communier, parce que Dieu seul est digne de recevoir un Dieu. Je vous dis cependant, chrétien, mon frère, que plus vous vous éloignerez de la Communion, plus vous deviendrez indigne de la recevoir; car plus vous approcherez rarement de la table du Seigneur, plus nombreuses seront vos fautes, le re-
I mède principal pour s'en préserver étant la sainte Communion.
Mais vous me répondrez peut-être : Je ne sais si je suis dans la grâce de Dieu, voilà pourquoi je ne me hasarde pas d'aller à la Communion. Mais ditesmoi : que désirez-vous donc, pour savoir si vous êtes dans la grâce de Dieu ou non? Attendez- vous peut-être qu'un ange vienne du ciel pour vous le dire? Ne doit-il pas vous suffire que votre confesseur vous permette la sainte Communion? Sachez que lorsque votre confesseur vous le permet, vous pouvez plus vous y fier, que si tous les anges vous le disaient, puisque Jésus Christ ne nous a pas donné les anges mais les prêtres pour nous conduire dans les voies du salut.
Mais que dira-t-on de moi, continuez-vous, si
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Ton me voit communier si souvent? On flîra que je manque de respect au Sacrement et que je le profane,, ou que je dépasse toutes bornes par mes exagérations. — Je réponds à cela : communiez aussi souvent que vous pourrez avec le consentement de votre confesseur et le dessein de faire des progrès dans la vertu; oui, communiez et que Ton dise de vous tout ce que Ton voudra ! Le célèbre Jean d'Avila dit: que ceux-là font l'office du démon, qui critiquent les autres parce qu'ils communient souvent, et vous voudriez être assez insensé pour les écouter?
Écoutez au contraire ce que dit S. François de Sales* «Si les hommes du monde vous demandent pourquoi vous communiez si souvent, répondez leur : deux sortes de personnes doivent communier souvent, savoir les parfaites et les imparfaites : les parfaites pour qu'elles se maintiennent dans la perfection ; les imparfaites pour qu'elles arrivent à la perfection. Les forts, pour qu'ils ne deviennent pas faibles; et les faibles, pour qu'ils deviennent forts. Les malades pour devenir saints et les saints pour ne pas devenir malades. Et pour ce qui vous regarde, vous devez, comme étant imparfait, malade et faible, communier souvent.»
0 mon Dieu, à quoi bon tous les vains subterfuges et toutes les excuses? Dites la vérité; et ditesla sincèrement: — La raison pour laquelle vous ne voulez pas aller souvent à la sainte Communion, c'est parce qu'alors vous devriez quitter les vanités et les plaisirs du monde; la raison pour laquelle vous n'aimez pas cette nourriture des Anges, c'est parce que vous aimez encore les créatures avec une inclination désordonnée; la raison pour laquelle vous n'osez pas recevoir souvent Jésus - Christ . c'est que vous redoutez les reproches que Jésus-Christ, votre Rédempteur vous ferait sur votre manière de vivre relâchée et criminelle peut-être, si vous le receviez plus souvent dans le très-saint Sacrement. Mais
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j prenez bien garde que votre coupable tiédeur ne vous
S précipite éternellement dans la perdition. Ne craignez pas d'avoir à vous reprocher sur votre lit de mort les communions que vous aurez faites avec la dévotion requise; mais craignez qu'alors vous ne vous repentiez, hélas ; mais trop tard, de vous être privé de tant de grâces que vous auriez pu obtenir
! par la fréquentation de la sainte Communion.
Communiez donc souvent, âme fidèle, oui, aussi souvent que votre confesseur vous le permettra ! Au moins ne négligez jamais de recevoir la sainte Com-
| munion aux grandes fêtes de Notre Seigneur et de la sainte Vierge.
Vivez cependant de manière à pouvoir commu-
j nier tous les jours, c'est ce que nous enseigne S, Augustin, c'est ce que désire la Sainte Église.