‹ Le livre des ParfumsChapitre 56 sur 71 · OO · texte numérisé non relu

OO

Allemagne.

Royaume d’Italie.

Pérou.

Chili.

Algérie.

Espagne.

Turquie.

S8.SOO

Etats-Unis.

Colonies françaises.

Suisse.

Egypte...

Possessions danoises d’Amérique.

Villes anseatiques.

Vénézuela.

Possessions anglaises d'Ainerique

Mexique.

Indes anglaises..

Portugal.

Nouvelle-Grenade.

Équateur.

Autriche.

Haiti.

Russie. .

Autres pays.

Total.

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Bien que l’Angleterre ne produise en fait de matières premières que la lavande et la menthe, la parfumerie est une industrie importante dans ce pays, grâce aux immenses débouchés que lui offrent ses relations commerciales et, disons-le aussi, aux perfectionnements et à la conscience qu’apportent les fabricants dans leurs travaux. Il y a à Londres environ soixante parfumeurs dont quelques-uns ne font que le savon de toilette. Ils exportent leurs produits principalement au Canada, au Cap, aux Indes, en Chine, en Australie, enfin dans tous les pays où flotte l’étendard britannique.

L’Allemagne ne peut guère compter, comme nous l’avons dit, comme produit accepté, que son eau de Cologne, qui a été inventée, il est vrai, dans cette ville, mais qui peut se fabriquer tout aussi bien ailleurs, puisque les ingrédients qui entrent dans sa composition viennent tous de Provence et d’Italie. C’est là qu’existe cette interminable série de Farinas dont la généalogie désespérerait un d’Hozier, et à laquelle Le Maout fait allusion dans sa spirituelle bluette du Parfumeur:

Ils étaient deux alors; ils sont mille aujourd’hui.

Sur ces temps primitifs le doux progrès a lui,

Et chaque jour le Rhin vers Cologne charrie De nombreux Farinas, tous « seul » tous, « Jean-Marie. »

Le savon de toilette forme une des branches les plus importantes de la parfumerie moderne. Le savon français est généralement bien fait et finement par-

fumé; le savon anglais a toutefois la pâte plus douce, cé qui tient à l’onctuosité des graisses qui en forment la base; étant d’une nature plus molle que le savon français, il se découpe et s’estampe sans exiger autant de main-d’œuvre que ce dernier, et peut se vendre conséquemment à meilleur marché. Les savons allemands sont presque tous très-mauvais, se fabriquant avec de l’huile de coco, qui leur procure une surface marmoréenne et une mousse abondante, mais qui laisse sur la peau une odeur infecte. Nous qui sommes doué (malheureusement, dans certains cas) d’un odorat très-sensible, nous pouvons facilement reconnaître à un mètre de distance les mains qui en ont fait usage. On s’étonnera peut-être que les Allemands persistent à employer une huile aussi fétide, mais c’est qu’elle a l’avantage d’absorber deux fois autant d’alcali qu’un autre corps gras, et on peut ainsi produire des savons à moitié prix des autres; il est vrai qu’ils s’usent deux fois plus vite, ce qui revient absolument au même.

Les parfumeurs fabriquent trois sortes de savons de toilette : les savons durs, à base de soude;-les savons mous, à base de potasse, qui s’emploient principalement pour la barbe ; et les savons transparents, qui se composent de savon dur et d’alcool. On obtient aussi un savon transparent en substituant la glycérine à l’alcool.

Les autres articles de parfumerie qui se débitent en grande quantité sont les extraits d’odeurs, les

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huiles et pommades pour les cheveux, les eaux et vinaigres de toilette, les crèmes ou lotions pour la peau, les dentifrices et les poudres de toilette.

La partie véritablement artistique de la parfumerie est la confection des extraits d’odeurs pour le mouchoir. Nous avons déjà dit que ces extraits s’obtenaient en traitant des pommades ou des huiles avec de l’alcool ; mais ces bases se réduisent au nombre de six : la rose, le jasmin, la fleur d’oranger, la cassie, la tubéreuse et la violette. On fait aussi, il est vrai, des pommades avec la jonquille, le narcisse, le réséda, le seringa, lelilas, l’aubépine; ces deux premières odeurs, toutefois, sont assez écœurantes, et les autres ne produisent pas un résultat dont on puisse tirer grand parti. Il faut donc que le parfumeur, avec les six bases que nous avons nommées et les essences et infusions que lui offrent diverses matières, arrive à imiter toutes les fleurs. C’est en étudiant les affinités qu’il y parvient; ainsi, par exemple, l’héliotrope s’imite avec de la vanille relevée d’une pointe d’amande; ainsi des autres.

Les autres branches de la parfumerie ne méritent pas de description spéciale; ce serait retomber dans le prospectus; nous signalerons seulement, comme un progrès réel, l’introduction dans les savons et autres articles de la toilette, de la glycérine, dont tous les médecins s’accordent à reconnaître la bienfaisante action sur la peau; et, comme nouveauté, la volatilisation dés parfums au moyen d’un courant de vapeur qui les traverse et les répand dans l’atmosphère

avec une force et une rapidité incroyables. Par ce système, on peut parfumer en cinq minutes un grand théâtre ou une salle de bal, et, en employant des odeurs aromatiques, on purifie l’air en même temps, ce qui l’a fait adopter dans plusieurs hôpitaux.

Nous désirons, pour terminer ce chapitre, donner aux dames quelques avis basés sur notre longue expérience, au sujet du choix des objets servant à leur toilette. Nous sentons toutefois que nous abordons un terrain brûlant; aussi nous tâcherons d’y mettre la plus grande réserve, et surtout d’éviter tout ce qui pourrait ressembler à une réclame.

Le savon étant un article de grande consommation, le prix doit entrer en considération dans le choix qu’on en fait. Aux femmes qui ont l’habitude d’acheter des savons chers, nous conseillerons de continuer, s’ils leur plaisent ainsi; mais aux autres nous dirons que la différence de prix n’est souvent causée que par la finesse du parfum, et qu’on peut obtenir un savon d’une pâte égale en qualité à des prix très-modérés. Il faut cependant ne pas tomber dans l’excès contraire et se servir d’un savon tout à fait ordinaire, qui pourrait irriter la peau par les bases impures ou l’excès d’alcali qu’il contient. Les savons blancs, jaunes ou bruns sont les meilleurs; les autres couleurs sont plus faites pour plaire à l’œil qu’à l’usage.

Le choix d’un parfum pour le mouchoir est une telle affaire d’appréciation, que nous ne nous permettrons pas plus d’indiquer à une dame celui qu’elle

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doit prendre, que nous ne recommanderions à un épicurien quel vin il doit boire ; d’ailleurs, comme le dit notre ami Alphonse Karr dans la préface, chaque femme doit avoir son parfum qui lui soit propre, si elle désire être autre. Nous nous bornerons donc à cette simple observation : les personnes nerveuses doivent éviter les bouquets composés ; les simples extraits de fleurs leur conviennent mieux. Il «faut se garder des parfums communs ; mieux vaut s’en passer.

Doit-on employer de préférence des eaux ou des vinaigres de toilette? La question est difficile à résoudre. Les partisans des eaux prétendent que les vinaigres sont irritants, et cependant nous n’en avons jamais eu la preuve; nous ajouterons même que beaucoup de personnes délicates préfèrent le vinaigre de toilette à tout autre parfum et s’en trouvent fort bien. Nous conseillerons donc aux dames de s’en rapporter pour ce choix à leur expérience.

C'est aussi l’expérience qui doit les guider pour les soins de leur chevelure. Aux unes, l’huile convient mieux; aux autres, la pommade; il en est même qui n’ont besoin ni de l’une ni de l’autre, leurs cheveux étant naturellement onctueux ; dans ce dernier cas, on peut employer quelque lotion détersive ou un mélange de glycérine et de jus de limons, qui rafraîchit la tête sans la graisser.

Quant aux cheveux blancs, les moralistes vous diront qu’on doit en être fier, mais peu de dames sont de leur avis ; on a beau vouloir poétiser ces tristes

avant-coureurs de la vieillesse en lés qualifiant de fils d'argent, ils sont toujours assez mal accueillis, surtout lorsqu’ils devancent l’âge des neiges, ce qui leur arrive assez souvent. Dans ce cas, on est bien excusable de chercher à maintenir le cadre à la hauteur du tableau, mais il s’agit de le faire d’une manière efficace et sans péril. Le seul procédé recommandable est de déposer sur le cheveu une couche de sulfure d'argent, ce qui s’effectue au moyen de deux liquides appliqués successivement, le premier contenant le soufre, et le second l’argent.

Les préparations vendues pour changer progressivement la couleur des cheveux offrent de grands dangers, car elles ont toutes pour base le sucre de plomb, poison des plus subtils. Bien plus à craindre que de véritables teintures, elles introduisent dans le sang le principe vénéneux du plomb par l’absorption cutanée résultant d’un usage journalier, et peuvent amener des maladies sérieuses 1 .

Comme dentifrices, nous recommanderons les poudres de préférence aux pâtes. Les poudres blanchâtres sont les meilleures; les rouges sont colorées artificiellement. Les eaux ou élixirs pour la bouche sont d’un emploi à la fois utile et agréable.

Les poudres de riz ou de violette sont bonnes pour la peau, employées à doses modérées; il ne faut pas s’attacher à la blancheur, qui n’est pas toujours l’indice

i. Les accidents par suite de ce genre d’intoxication saturnine ont été assez fréquents depuis quelque temps.

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de la qualité. Le cold-cream est une espèce de cérat perfectionné qui rend de grands services, surtout en hiver, mais il faut n’en faire qu’une petite provision pour l’avoir le plus frais possible; l’adjonction de la glycérine au cold-cream augmente ses effets bienfaisants, mais le rend encore plus difficile à se conserver.

Les lotions pour la peau exigent certaines précautions; beaucoup de ces préparations contiennent des poisons qui effectuent parfois des cures, mais qui peuvent aussi produire de graves accidents. On devrait établir une distinction très-marquée entre les lotions destinées à rafraîchir le teint et celles qui ont pour but de guérir des boutons ou autres affections de la peau ; on comprendra parfaitement que les ingrédients ne sauraient être les mêmes, et cependant beaucoup de gens, qui ne sont même pas parfumeurs, débitent des panacées universelles dont le moindre défaut est d’être inefficaces.

Nous ne pouvons, en conscience, recommander l’usage des fards; le rouge est inoffensif, étant composé de cochenille et de safranum, mais le blanc renferme quelquefois des substances délétères, dont le contact avec la peau et l’absorption qui en résulte peuvent porter atteinte à la santé. Il y a cependant bien des substances, et entre autres la nacre de perle, qui donnent un blanc n’offrant pas le moindre danger, mais les préparateurs préfèrent généralement un blanc métallique qui couvre mieux, comme disent les peintres en bâtiment, et souvent les

consommateurs leur donnent raison sans savoir à quoi ils s’exposent.

En résumé, voici le conseil que nous donnons au sujet des fards. Que les artistes dramatiques, oif autres personnes qui ne peuvent pas s’en passer, choisissent avec le plus grand soin leur rouge et surtout leur blanc, et que les dames du monde qui désirent rétablir la fraîcheur de leur teint essayent de la recette suivante : grand air, repos, exercice et eau fraîche; car, ainsi que l’a dit Shakespeare :

Celle qui par la main de la nature est peinte L’emportera toujours sur une beauté teinte.

Char XII

Fleurs Exotiques

LOSeafragrans 2. Jasminum Sambac 3-Volkameria Fragrans 4. Eucalyptus 5-Vâmlla planifafia 6 i.'aryophyllus aromaticuS? Aèrides suaveoiëns 8-Lawsonia inerm 9.Plümori3 alba lO.Michelia Champaca !1. tlnora Odoraüssima •lS.Mimusops Elengi

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