Ces deux dernières espèces sont nouvelles
4 o 6 le livre des parfums.
deletia, que les parfums vendus sous ce nom ne font qu’imiter avec plus ou moins de succès.
La Réunion offre à peu près les mêmes produits que ceux des Antilles, mais elle ne s’est encore occupée sérieusement que de la vanille.
Toute l’Amérique méridionale est riche en substances aromatiques; nous en avons déjà décrit quelques-unes auxquelles il faut ajouter des nouveautés que nous avons remarquées à l'Exposition, se composant d’essences diverses du Brésil et d’eaux distillées de la Confédération argentine.,
La collection des essences des Indes,, tant anglaises que françaises, à l’Exposition, donnait une haute idée des ressources à espérer de ce pays, qui s’est borné à nous expédier jusqu'à présent des essences ordinaires propres seulement à la savonnerie. La collection anglaise comprenait celles de rose, de jasmin, de véti— vert, de patchouli, de champac, de boukoul, de sohag, de donna, de keora et de nagkusur. La collection française renfermait plusieurs nouveautés, entre autres les essences de ptychotis ajoruan. de bergera kœnigii, de clausena wildenowi ; de feronia elephantum et de nigella sativa. Les essences provenant des Indes françaises paraissaient distillées avec plus de soin que celles des Indes anglaises; il serait à désirer qu’on en vît paraître sur nos marchés, où l’on recherche toujours des odeurs nouvelles.
LaCochinchine pourrait aussi nous envoyer son bois de santal rosé et musqué, son bois d’aloès, qui sert dans
tout l’Orient pour les pastilles et l’encens, et l’écorce odorante d’un arbre indigène, 1 ’alyxia aromatica.
Les Philippines produisent l’essence d ’ihlangihlang 1 tirée des fleurs d’un arbre nommé ainsi par les Tagales,et unona odoratissima par les botanistes. C’est une odeur fraîche et fine à la fois, qui rappelle un peu le jasmin et le lilas. Les parfumeurs ont '•'accueilli avec grand plaisir cette essence, qui est non-seulement trèsagréable par elle même, mais qui se marie bien à nos par- Ihlang-ihlang (Uiwna odoratissima). fums européens. Il est à espérer que les habitants de ce pays, encouragés par le succès de Y ihlang-ihlang. s’occuperont bientôt de distiller les fleurs de canatuchi et du san - paquita, qui ont une odeur délicieuse, à en juger par les spécimens conservés dans de la glycérine que nous avons reçus de Manille.
L’archipel Indien fournit la plus grande partie des épices dont nous avons parlé ; il produit, en outre, des fleurs très-odorantes, dont les femmes aiment à se faire
1. Le mot Ylang-ylang, employé quelquefois, est la version espagnole du nom indigène.
des bouquets et des couronnes; nous citerons entre autres le champac. le vandà (aè'rides suaveolens ) et 1 'ihlang-ihlang. que les Malais appellent kanonga, nom sous lequel Rumphius le déx crit au xvn e siècle.
^ Cest en Australie qu’on ren- •» contre en grande abondance les
VandA (Aer ides suaveolens). euca [yp{ us e t les mclalcUCa.S, dont
le professeur Millier, de Melbourne, a déjà reconnu et classé plus de cent espèces. La plupart de ces arbres possèdent un feuillage très-aromatique, dont les émanations sont jugées si salubres, qu’on envoie les poitrinaires se promener sous leur ombrage : encore un argument en faveur des parfums.
Les premiers essais d’essence tirée de ces feuilles furent préparés pour l’Exposition de 1862, et on ne songeait alors à les utiliser que pour la peinture. Ces échantillons nous ayant été soumis, comme membre du jury, nous jugeâmes de suite qu’il y avait un parti plus lucratif à en tirer que de les mettre en concurrence avec la térébenthine. Nous choisîmes pour taire nos expériences l’essence d 'eucalyptus amygdalina. dontl’odeur bizarre tenait à la fois de la muscade et de la cannelle, et nous réussîmes, en la combinant avec d’autres essences, à en aromatiser un savon ordinaire d’une façon très-satisfaisante. Le compte rendu favorable que nous en fîmes, en qualité de rapporteur officiel du jury, éveilla l’attention des colons, et, depuis ce temps, les essences d ’eucalyptus et de
melaleuca sont devenues un article très-courant sur le marché anglais. Les espèces qui rendent le meilleur parfum sont: VE. amygdalina, YE. globulus. lis. odorat a, le Melaleuca viridifiora et le M. leucodendron. Si nous nous sommes étendu aussi longuement sur cet incident, c’est qu’il prouve l’avantage qui peut résulter pour les habitants d’un pays possédant des substances aromatiques à s’occuper de leur exploitation. Ainsi cette essence ne se serait vendue, pour la peinture, qu’à peu près 1 franc 50 centimes le kilogramme, et la parfumerie la paye volontiers quatre fois autant.
C’est aussi en Australie qu’on rencontre le bois de myall (acacia pendula ), qui a une odeur parfaite de violette, et dont on fait des éventails, des coffrets et des boîtes à gants; malheureusement cette odeur, quoique très-forte en nature, ne rend rien à la distillation ni à l'infusion. Les [fleurs les plus odorantes sont la rose australienne (rosa australis) et le wattle (,acacia dealbata ), fleur qui ressemble de forme et d’odeur à la cassie. On a essayé de tirer des pommades de ces fleurs ; mais les spécimens qui nous ont été envoyés n’avaient pas été convenablement préparés.
La Nouvelle-Calédonie possède à peu près la même végétation que l’Australie; aussi y trouve-t-on en abondance le melaleuca viridifiora, que les naturels nomment niaouli, et un grand nombre d’eucalyptus. Sa principale exploitation était jadis le bois de santal; mais on en a dégarni complètement les côtes, et il n’eiî reste plus qu’à l’intérieur. Nous citerons
comme autres produits odorants de cette colonie l’écorce de 1 ’ocotea aromatica et la gomme du kaori (dammara ovata).
Nous terminerons notre longue pérégrination par Tahiti. L’heureux climat de cette perle du Pacifique la met à même de produire les fleurs et les plantes les plus suaves. Déjà nous avons parlé de son tiare, de son toromeo, de son maïri; elle a aussi commencé à cultiver la vanille; mais l’exiguïté de son territoire ne lui permettra jamais d’augmenter beaucoup ses ressources et les nôtres.
Badiane.
BaumeduPérou, Baume de Tolu.,
Afrique septentrionale Trouvé sur la mer ou sur les côtes des Indes, de la Chine, du Japon, du Groenland, etc.
Antilles et Guyane.
Anethum graveolens. Angleterre.
Pimpinella anisum. Europe.
Lavandula Spica. Provence.
lllicium anisatum. Chine St Japon.
Myroxylon peruiferum... Amérique méridionale. Myroxylon toluiferum.... — —
Styrax Benzoin. S,am > Sumatra et Sin '
gapour.
. Citrus Bergamia. Calabre et Sicile.
, Citrus Bigaradia. Provence et Italie.
, Laurus camphora. Indes, Chine et Japon.
Laurus cassia. Indes et Chine.
Carum carui. Europe.
Croton cascarilla. Iles Bahamas.
Acacia Famesiana. Provence et Italie.
. Croton cascarilla. Iles Bahamas.
. Acacia Farnesiana. Provence et Italie.
. I Citrus cedrata.| — —
| Pinus Cedra et Juniperusi Syrie, États-Unis,Hon- ' I virginiana./ duras.
Laurus Cinnamomum.
Citrus medica.
Andropogon citratum.
Iris florentina.
Jasminum grandifloruir Narcissus Jonquilla. ..
Cerasus-Lauro-cerasus.
Italie et Espagne.
Ceylan.
Sécrétion du Viverra Ci-i Afrique et archipel II
Coriandrum sativum.I France.
Eucalyptus amygdalina... Australie.
Anethum fœniculum.| France.
Pélargonium capitatum... Provence , Italie , Espagne et Algérie.
Andropogon nardus. Ceylan.
.Caryophyllus aromaticus.. J 6t arc * 1 ' pÊ * 11