‹ Le livre des ParfumsChapitre 60 sur 71 · Voir l’app-ndice n° a · texte numérisé non relu

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ment à nos matières premières; elle nous envoie déjà quelques pommades, essences et eaux distillées, mais jusqu’à présent elle ne produit guère en quantité que, l’essence de géranium dont l’arome est plus fort mais moins fin que celui de l'essence tirée de Provence. Espérons que la colonisation en s’étendant donnera une impulsion à la culture si lucrative des fleurs et des plantes aromatiques.

S’il fallait un point de comparaison pour appuyer l’espoir que nous fondons sur l’Algérie, nous le trouverions dans la régençe de Tunis, sa voisine, qui fabrique des essences de rose, de jasmin, de cassie, de henné et de nessri ou rose musquée, toutes d’une finesse incomparable.

Les Antilles et la Guyane nous offraient à la dernière Exposition une belle collection de substances aromatiques comprenant la vanille et le vanillon, le benjoin, le patchouli, le tonka, toutes les épices des Indes, des essences de citron, d’orange, de vétivert, de feuilles de cerisier sauvage et de mangots *, des graines de bois d’Inde et de toute épice, du bois encens, du bois cannelle et du bois de rose femelle. Ce dernier, dénommé licoria odorata par les botanistes, exhale, quand on le fend, une odeur très-suave se rapprochant de la bergamote, mais tellement fugace qu elle s'évapore au contact de l’air, si l’on ne distille de suite. Peut-être un jour pourra-t-on tirer parti des magnifiques fleurs de ce pays, telles que la frangipane et la

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