‹ Le livre des peintres de Carel van Mander (volume 2)Chapitre 122 sur 213 · En 1601. Il avait été, paraît-il, à Cologne en · texte numérisé non relu

En 1601. Il avait été, paraît-il, à Cologne en

S. Regina, la fille de l'illustre compositeur Roland Lassus. Le mariage eut lieu en lägß et l'empereur donna, comme présent de noces, à son peintre une coupe de vermeil. (Schmidt.) La mère de van Achen l'avait suivi à Prague, où elle mourut.

(). Il touchait une pension de 3üo fli)rins. (Schmidt.)

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écuries, dans la galerie au-dessus du cabinet des œuvres d'art et ailleurs '.

A Amsterdam, chez Henri van Os, le grand amateur, il y a de van Achen un grand et magnifique tableau avec des personnages de grandeur naturelle, représentant une femme nue du plus charmant visage. (Test la Paix, tenant le rameau d'olivier et foulant aux pieds les instruments de la guerre. A ses côtés sont l'Abondance, la Peinture, etc., prouvant que la Pai.x amène la prospérité et fait fleurir les arts-.

\'an Achen, en des lieux où ses œuvres sont si hautement appréciées, et où sa personne est tenue en si digne estime'^, ne songe qu'à obliger ses confrères. Tout le distingue de ces êtres infatués de leur mérite qui s'insinuent effrontément dans l'intimité des grands, et ne cherchent qu'à nuire au prochain par leurs morsures empoisonnées. Je fais des vœux pour que le fil de ses jours soit long et heureux autant pour l'ornement et l'honneur de la peinture, que pour le sien propret

Pierre Isaacsz. — l.e premier des élèves de van Achen, et qui fut son compagnon pendant le voyage de l'Italie et de l'Allemagne, est Pierre Isaacsz, qui est né à Elseneur sur le Sund, en iSög. Son père était originaire de Harlem-'.

1. Il peignit le portrait de Rodolphe II daiis un encadrement allégorique, supérieurement gravé par E. Sadeler en iôo3. De plus, Tancien inventaire de la collection de l'empereur mentionne jusqu'à vingt-sept peintures de van Achen. Le musée du Belvédère n'en compte qu'une douzaine; il faut se rappeler, toutefois, que la ville de Prague tomba au pouvoir des Suédois, et qu'en 1648 trois cent soixante-trois tableaux réunis au palais impérial furent emportés par le vainqueur. (Voyez Woltmann, Die Gemälde-Sammlung in der kaiserlichen Burg :^tt Prag.' I,a salle située au-dessus des écuries, dont parle van Mander, était la galerie des tableaux.

2. C'est peut-être la planche de C. Du Bois, Allégorie sur la paix, citée par Merlo dans le n" 122 de sa liste.

Iv L'empereur lui conféra la noblesse en 1594.

4. \'an Achen mourut le h janvier i()i5, âgé de soixante-trois ans, et fut enterré à Saint-Vith, à Prague, près de sa mère et de deux filles qui l'avaient précédé dans la tombe. Lorsque, en 1612, Matthias I" succéda à Rodolphe, le peintre fut maintenu dans ses fonctions près du nouvel empereur. Sandrart le fait mourir en 1600 et Nagler dit, à tort, qu'il mourut à Munich. Le doute n'est guère possible sur ce point, attendu que l'épitaphe du maître a été relevée par Dlabacz, dans son Böhmisches Künstler-Lexikon.

^. N'oir, au sujet de ce maître, la biographie de Corneille Ketel, page 164, note 1. Nous avons fait observer que van Mander avait commis l'erreur de confondre Pierre Isaacsz avec Isaac Isaacsz, son tils, déclarant, de plus, que le peintre danois était mort jeune, pendant un voyage en Italie. La présente

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Il passa d'abord un an et demi chez Ketel, à Amsterdam, et réside encore dans cette ville. C'est un maître excellent dans Tart de peindre d'après nature, et fort habile aussi dans la composition, le dessin, etc.

Il y a de lui, à Leyde, dans la Breestraat, un magnifique portrait de jeune fille : Sara Schurmans. Elle est représentée jusqu'aux genoux. Outre l'exécution soigneuse du satin, des étoffes, et le grand mérite des mains qui jouent de la cithare, il faut surtout louer le visage des plus ressemblants, admirablement soigné et fort gracieux. Cette œuvre suffit à prouver la valeur du maître.

Il y a encore de lui à Leyde, à la Cloche, deux portraits excellents : Pierre Huyghensz et sa première femme.

A Amsterdam, sur le Voor Achterburghwal, chez Henri Franckin, l'amateur distingué, on voit de lui un grand tableau cïAdam et Eve, et une peinture sur cuivre de la Prédication de saint Jean- Baptiste, qui est une agréable et charmante petite création.

Il y a là également les portraits de Franckin et de sa femme, qui sont des œuvres admirables et fort soignées.

Mais le meilleur de ses portraits est à Londres; c'est celui d'un certain Pierre Semeynes, jeune homme issu d'une famille néerlandaise. Il a un joli visage, encadré des boucles d'une belle chevelure.

A Amsterdam, chez M. Jacques Poppe, on voit de lui trois grands portraits de forme ovale, entre autres celui de Jacques, dont le visage et les cheveux sont très ressemblants et rendus avec un o-rand soin.

Dans la même maison, se trouve une très jolie chose sur cuivre, représentant cet épisode historique où les Femmes romaines viennent assaillir le Capitole, parce que le jeune Papyrius avait fait accroire à sa mère que la bigamie allait être introduite à Rome. On voit dans ce tableau des femmes de tous les pays, môme des Flamandes et des Zélandaises, armées d'instruments de cuisine et de broches. Il y a aussi une vieille femme impotente, dans une charrette traînée par un

noticLT dJmontrc la iiiiiprisc de van Mander. Pierre Isaacsz avait cesse de vi\re en i()3i, car, le iS juin de cette année, la liquidation de son liéritage était faite. 'Obreen, Archi:-/, tome II. page 1-17.) Le niu.sJj de Bàle possède du maître une AllcfC'Jric sur la Vû)iit^\ datée de HÎoo.

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chien; le Capitule avec la statue équestre de Marc-Aurèle, le tout fort bien traité.

Il fait, et continue de faire bien d'autres œuvres'.

On voit, chez Pierre Isaacsz, des productions remarquables de beaucoup d'autres artistes, entre autres, le portrait de Jean van Achen, envoyé par ce peintre lui-même à son ancien élève, il y a deux ou trois ans. L'œuvre est extrêmement bien traitée, et, à ce que l'on m'assure, très ressemblante^.

Joseph Heins. — 11 est permis de ranger encore parmi les élèves de Jean van Achen Joseph le Suisse^, né à Berne. Son père était architecte. Joseph, lorsqu'il arriva à Rome, savait quelque peu dessiner, mais il était fort malhabile dans le maniement des couleurs. 11 se plaça alors chez van Achen, dans la maison du « Vert Antoine «, — comme on avait surnommé Antoine Santvoort^, — ■ et s'appliqua de tous ses soins à apprendre à peindre.

11 a fait preuve de plus d'ardeur à l'étude qu'aucun Allemand ou Flamand, dessinant toutes les belles choses de Rome et de Venise,

1. Nagler assure qu'en i(r22 Isaacsz fut envoyé à Anvers par le rtii de Danemark. Nous constatons, en elïet, son inscription k Anvers, en i()i()-i()i 7, chez Ferdinand van Abshoven; puis, en HJi^-alî, l'admission k la maîtrise d'Isaac Isaacsz, (ils de maitre, wyn-meester. En i()i("), Pierre avait dépassé la quarantaine, et il n'est guère admissible qu'il fût venu'k Anvers pour y apprendre. Nagler ajoute qu'en 1614 le roi de Danemark lui conférait le titre de consul de Hollande à Elseneur. Tout cela est difficile à concilier. D'autre part, le poète Théodore Rodenburgh, dans un livre publié k Amsterdam en i()i8, vante Pierre Isaacsz, que le Danemark, dit-il, a enlevé k la Hollande. (C. E. Taurel, l'Art chrétien, tome II, page 1/3. Article de M. A. D. DeVries, Az. sur Théod. Barents.) Il existe plusieurs estampes d'après les œuvres de P. Isaacsz. Outre le portrait de Christian IV, gravé par J. Müller, il existe encore une planche de Mars et Vénus, par Saenredam. Aucun des tableaux cités par van Mander n'a été gravé, que nous sachions. M. Kramm assure que P. Isaacsz peignit le portrait de Louise de Coligny.

D'après le même auteur, et vander Aa {Biographisch woordenboek), Jaspar Isaac, le graveur et éditeur d'estampes, mort k Paris en i(3-T4, était le second tils de Pierre Isaacsz. Adrien van Nieuwlandt fut son élève.

2. Ce portrait fut envoyé en lôoi par van Achen k son élève P. Isaacsz et gravé en i(")o5 par J. Saenredam. (Bartsch, n° io5.)

3. Joseph Heintz, né k Bàle en i5f)5 et mort k Prague en \ho-j. Il y a de lui un grand nombre d'œuvres au musée du Belvédère, k Vienne, notamment un portrait de l'empereur Rodolphe et des copies d'après Raphaël et le Parmesan. Plusieurs de ses compositions ont été reproduites en gravure par les Sadeler.

4. Antoine Santvoort, peintre. Il est question de lui dans la biographie d'Arnold Mytens, tome II, page 84. L'Académie de Saint-Luc k Rome l'admit parmi ses membres en 1577. (Bertolotti, Artisii Belgi ed Olandcsi a Roma, nei sccoli XVI e XVII, page 184. Florence, 1880.) Nous savons par van Mander qu'il peignit l'image de Sainte Marie-Majeure, mais il ne parait pas qu'aucune de ses œuvres se soit Conservée.

sculptures et peintures, maniant la plume et lavant au pinceau avec autant d'art que les plus habiles dans ce genre de travaux.

Étant à Prague, chez l'empereur, celui-ci fut enchanté des dessins de Tartiste, au point de l'envoyer à Rome pour y reproduire les œuvres de l'antiquité. Il est encore chez l'empereur, à Prague'.

Habile peintre, il sait donner à ses œuvres un excellent effet.

Pierre Stevens. — Il y a encore à Prague certains esprits éminents, Pierre Stevens, de Malines, entre autres, qui est peintre et dessinateur entendu'.

Égide Sadeler. — L'excellent graveur Égide Sadeler^ qui, parfois, manie le pinceau en amateur et se montre habile .peintre.

Adrien De Vries. — On a vu également se laisser séduire par le pinceau et faire parfois de la peinture, l'excellent sculpteur Adrien De Vries, de La Haye^.

1. Hcintz mourut à Prague en i(")oi) et fut inhumé dans l'église Saint-Matthias. Sa temnie, Regina Gretzer, lui érigea une épitaphe où l'âge de quarante-quatre ans est donné au défunt. Il ne peut donc V avoir aucun doute sur la date de naissance du maître. (Voyez G. J. Dlabacz, Alls^emeines historisches Künstler-Lexikon für Böhmen, page 5()5. Prague, i8i5.) Heintz laissait un fils, nommé également Joseph, et qui fut créé chevalier par le pape Urbain VIII. {Id.l

2. Pierre Stevens ou Steevens, dont le nom latinisé devint Petrus Stephani, naquit à Malines en 1540 et mourut à Prague en 1604. (Voyez E. Neefs, Histoire de la Peinture et de la Sculpture à Malines, page 25o. Gand, 1876.) Stevens était un peintre de paysages des plus intéressants. Les Sadeler, et plus particulièrement Egide, ont gravé d'après lui d'excellentes planches. II y a des tableaux de Pierre Stevens au Belvédère et au palais de Prague.

i. Egide ou Gilles Sadeler, né il Anvers en 1.^70, mort à Prague en 11)21), admirable graveur, fils de Gilles, marchand d'œuvres d'art, neveu et élève de Jean Sadeler. On le trouve inscrit à la gilde de Saint- Luc d'Anvers en i585. Il suivit ses oncles Jean et Rapihael en Allemagne et en Italie, séjourna à Munich, où il grava d'après Christophe Schwartz, Jean van Achen et Pierre De Witte (Candido); puis à Venise, où il reproduisit des œuvres du Tintoret; à Florence, où il grava la Vierge à la Chaise de Raphaël; ensuite k Bologne, où il reproduisit des œuvres de Denis Calvaert; puis à Rome, où son burin retraça les peintures de Joseph d'Arpina; enfin à Prague, où l'empereur Rodolphe II lui accorda une généreuse protection. Gilles Sadeler a peint un plus grand nombre de tableaux que ne le savait v;in Mander, mort, du reste, vingt-cinq ans avant lui. Une Flagellation, le Christ en croix, Saint Sébastien, auquel un ange retire ses flèches, et plusieurs autres compositions du maître furent reproduites, en gravure, par lui-même. La peinture du Saint Sebastien est au musée du Belvédère, à Vienne. [Xo'n sur les Sadeler, E. Fétis, les Artistes belges à l'étranger, tome l", page Iv^. Bruxelles, 185".)

4. 11 naquit à La Haye en idTio, et fut en Italie rélè\e de Jean de Bologne. Il entra au service de Charles-Emmanuel I", duc de Savoie, en i588 (Voir Bertolotti, Artisti Belgi ed Olandcsi a Roma nei secoli XVI e XVII, page 2o3. Une somme de 3oo écus par an était allouée au statuaire, par ordonnance du h mai i38S), et, après le départ de Jean .Mont, succéda à ce statuaire à la cour de

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