‹ Le livre des peintres de Carel van Mander (volume 2)Chapitre 134 sur 213 · Sans doute schilder : peintre · texte numérisé non relu

Sans doute schilder : peintre

3. François Fourbus, le Vieux (i545-i58i). Voir ci-dessus, chapitre vi, page lo.

4. 1540-1599. Voir ci-dessus, chapitre xvii, page 70. Nous n'avons pas trouvé l'inscription de Corneille Cornelisz aux registres de la gilde d'Anvers, comme élève de Coignet ou de tout autre maitre.

5. Cornelisz paraît avoir peint d'autres tableaux d'accessoires ou de natures mortes. Il y avait de lui une œuvre de l'espèce parmi les objets délaissés par H. Saftleven, mort à Rotterdam en \hz-. { Archief d'Ohrccn, tome V, page 118.)

2b2 LE LIVRE DES PEINTRES

Envisagée sous le rapport de rensemble, Tœuvre n'est pas moins remarquable. Les visages, très ressemblants, sont largement exécutés et pleins d'effet ; les ajustements, les mains et tous les détails ne le cèdent pas en valeur, de sorte que cette œuvre tiendra dignement sa place parmi toutes celles qui orneront le même local'.

Cornelisz a adopté une manière de peindre large et personnelle, à laquelle il est resté fidèle jusqu'à ce jour.

Il avait peint encore une grande toile en hauteur : une Charité, sous les traits d'une femme assise, ayant près d'elle plusieurs enfants dont l'un a saisi par la queue un chat qui semble miauler et lui donne un coup de griffe à la cuisse. La douleur de l'enfant était extraordinairement traduite et le tableau, dans son ensemble, une œuvre excellente.

Malheureusement, Cornelisz fut victime d'un individu qui emporta le tableau en France, et plus jamais il n'eut de nouvelles du personnage, non plus que de l'œuvre ni de l'argent '^.

Après ce tableau, Cornelisz fit une grande toile en largeur, V Avarice et la Prodigalité, cette dernière semant des roses devant les pourceaux, création charmante et des mieux peintes^'.

Au milieu de ses travaux, poussé par son esprit naturellement actif, Cornelisz ne cessait de dessiner d'après nature, choisissant les plus beaux modèles vivants et les plus beaux antiques que nous ayons dans ce pays, comme constituant le meilleur et le plus sûr des guides pour qui est en état d'apprécier dans le beau ce qu'il y a de plus parfait. Aussi puis-je attester que ce n'est point en dormant que lui est venu son mérite, acquis, tout au contraire, au prix d'un dur labeur. J'ajoute que quiconque pense arriver à la perfection par d'autres voies se trompe et n'en atteindra jamais que l'ombre.

1. Cette peinture conside'rable est aujourd'hui au muse'e de Harlem (n" 23), elle est datée i583. Un autre tableau de corporation, daté de iSqg, figure au même musée sous le n° 26.

2. Ce tableau est entré en i8.t5 au musée de Valcnciennes, par voie d'achat. Il porte le n" 55 du catalogue de M. Nicolle.

3. On n'en trouve aucune mention parmi les œuvres très nombreuses du maître qui passèrent en vente en Hollande, et qui sont relevées dans le catalogue de Gérard Hoet. Il existe une très grande estampe de Jean Müller, d'après Cornelisz, et représentant la Fortune qui répand ses dons. Van Mander n'a pu, sans doute, taire allusion à cette page.

CORNEILLE CORNELISZ 253

Cornelisz, étant ainsi occupé, fit une grande toile en largeur, une Scène du Déluge, qui passa plus tard aux mains du duc de Leicester, et qui était extraordinairement étudiée '.

Du temps où il soignait le mieux, datent le Serpent d'airain, grande toile en largeur % et une autre en hauteur de la Chute des anges rebelles''^ appartenant toutes les deux à Jacques Ravart, d'Amsterdam. Je ne saurais assez louer ces deux œuvres au point de vue de Tétude des formes des personnages nus , et il est regrettable que de telles choses ne soient pas exposées dans un lieu public, car, à cette époque, il s'attachait particulièrement au dessin, à la pose et à Tétude des proportions.

Depuis lors, il a produit un grand nombre d'œuvres, grandes et petites, entre lesquelles beaucoup de figures nues, par exemple VAge d'or, qui est actuellement à Amsterdam chez un connaisseur éclairé, M. Hendrick Louwersz Spieghel^ C'est un travail des plus soignés, où les chairs ont fait l'objet d'une étude extrêmement consciencieuse, car les plus petits renflements de la peau sont rendus avec une fidélité extraordinaire. Le peintre a rarement fait mieux.

A Leyde, chez M. Barthélémy Ferreris, on voit de lui un grand tableau avec des figures nues, une Scène du Déluge, je crois, et un Serpent d'airain, également très bien traité ''.

Melchior Wijntgis, à Middelbourg, possède un tableau d'Adam et Ève^ et douze petits panneaux de la Passion, très bien exécutés; de plus, une toile de la Purification des enfants d'Israël dans le Jourdain ".

1. Le musée de Brunswick possède une Scène du Déluge de Corneille Cornelisz, datée de xôcyi. C'est, probablement, une réduction de l'œuvre citée par van Mander.

2. Musée de Darmstadt, signée C. Haerlemésis i^f/j- Cette toile a moins de deux mètres de large. Rathgeber parle d'un Serpent d'airain, existant jadis dans la collection Winkler, à Leipzig.

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