‹ Le livre des peintres de Carel van Mander (volume 2)Chapitre 150 sur 213 · Musée d'Anvers, n"' 479 à · texte numérisé non relu

Musée d'Anvers, n"' 479 à

5. Vanden Branden, page 406. Ce portrait est gravé par G. \'elden en i5g7.

Ö. Ibid. II s'agit évidemment de la suite des Batailles de l'archiduc Albert, tentures que l'on conserve encore à Madrid, et que Jean Snellincx fut appelé à compléter.

7. P. P. Rubens est inscrit comme franc-maître aux registres de la gilde de Saint-Luc en 1598.

8. J. Bochii, Historica narratio profcctionis et inaugur.itionis Sereniss. Belgii principum Alberti et Isabellœ. Antv., ex offic. Plant., 1602. In-folio.

OCTAVE VAN VEEN 277

Otho Venius était donc le premier peintre d'Anvers, et rien de plus naturel que de voir les souverains des Pays-Bas lui conférer le titre de peintre de leur cour. On peut dire qu'en matière d'honneurs il fut presque aussi bien partagé que devait l'être, dans quelques années, son glorieux disciple.

La distance si grande qui sépare les œuvres des deux artistes ne doit pas, cependant, faire perdre de vue l'influence exercée par Otho Venius sur Ruhens encore à ses débuts.

On a quelque peine ù se figurer ce dernier reprenant presque textuellement des compositions déjà peintes par son maître : le Christ à table cJw{ le Pharisien, tableau important de van Veen à l'église de Bergue Saint-W^innocq ', s'inspirer de ses Allégories sur le Triomphe de la Religion (Schleissheim), et copier une autre peinture considérable, le Christ et les pénitents (Mayence).

Il parait même que le maitre et l'élève travaillèrent ensemble à quelques peintures. 11 ne nous parait nullement improbable i:\nc \c Parnasse, au musée de Berlin, doive compter parmi les travaux de cette catégorie, car M. vanden Branden a trouvé la mention d'un Parnasse d'Octave et de Breughel ébauché par Rubens.

Lorsque ce dernier revint dans les Pays-Bas, il fut investi sans délai du titre de peintre des archiducs. (23 septembre 1609.) La faveur d'Otho Venius auprès des princes paraît s'être éclipsée fort peu de temps après.

Le 12 octobre 1608 il recevait encore une somme de 600 livres, qu'il faudrait peutêtre envisager comme un règlement de compte, car elle est accordée en recognoissance de tout ce qu'il a peinct et travaillé jusques au jour de ceste ordonnance-, et le 3o avril 161 2 il obtenait la charge de « waradin » ou garde de la Monnaie de Bruxelles ■', qui, toutefois, ne mettait point fin à sa carrière artistique.

C'est, en effet, de l'année de sa nomination que paraissent dater les douze petits tableaux illustrant la Guerre des Romains et'des Bataves, que l'on voit aujourd'hui au musée d'Amsterdam (no^ 496-507), et que Pierre van Veen vendit aux Etats-Généraux le 26 janvier 161 3, sans doute pour être offerts à Maurice de Nassau '.

En outre, M. Pinchart a donné des extraits de comptes établissant que, par ordre même d'Albert et Isabelle, Otho Venius exécuta, pour la ville de Bruxelles, un triptyque de Saint Georges dont il reçut le payement, au mois de décembre 16 17, et qu'il lui tut fait, en juin 1 621, un autre payement pour deux tableaux, les portraits des Archiducs en ermites,, destinés à orner l'ermitage de Marlagne, près de Namur'\

Gomme directeur de la Monnaie de Bruxelles, van Veen avait nécessairement cessé d'habiter Anvers. Bien qu'il ait été doyen de la gilde de Saint-Luc, on ne trouve guère de jeunes gens inscrits comme ayant travaillé sous sa direction, ce qu'il taut peutêtre attribuer à une exemption spéciale, accordée par les souverains. Nous relevons

I. H. Hymans, Sur quelques œuvres d'art conservées en Flandre, etc., dans le Bulletin des Com>nissiojis royales d'art et d'archéologie, tome XXII, page 247. i883. ■2. Pinchart, Archives, tome III, page 2o5.

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