Pinchart, Archives, tome I", page
car il est certainement invraisemblable que le nouveau gouverneur, ayant été peint une première fois par le peintre, se fût adressé, presque immédiatement après, au frère d'un maître qu'il venait d'attacher à son service.
Nous n'hésitons donc pas à envisager le rôle de peintre de G. van Veen comme secondaire, quelque talent, du reste, qu'ait pu avoir cet artiste.
Outre les sommes payées en i5g6 à Guibert, il touche, en 1601, 5oo livres pour les portraits des archiducs destinés à être otferts à Charles-Philippe de Croy. En 1602, il touche 25 livres pour deux cartes (sur parchemin) de terres communes entre Leurs Altesses et le duc de Lorraine.
En août i6o3, on lui paye i5o livres « pour affaires secrètes concernant grandement le service de Leurs Altesses ». Enfin, l'année suivante, il peint les portraits des Archiducs et ceux de Philippe IV et de Marguerite d'Autriche, destinés à être offerts au roi Jacques I«"" d'Angleterre '.
M. Pinchart a d'abord cru pouvoir rapporter à Guibert van Veen la qualité de waradin de la Monnaie de Bruxelles. Les textes publiés depuis, par M. Pinchart luimême, établissent d'une manière formelle l'octroi de la qualité susdite à Octave van Veen.
Comme peintre, le frère d'Otto Venius a passé inaperçu, et sa réputation se fonde exclusivement sur des estampes, assez peu nombreuses d'ailleurs.
G. van Veen est mort à Anvers en 1628, selon certains catalogues; Nagler le fait mourir à Amsterdam. Nous ignorons la source de l'une ou de l'autre version. Ce qui est sûr, c'est que Guibert n'est point inscrit aux registres de la gilde d'Anvers, mais habitait cette ville en 1604, d'après l'/Z/^/^o/re de la gravure d'Anvers'-^, œuvre très consciencieuse de MM. Verachter et Terbruggen ; les auteurs ajoutent que le maître décéda à Bruxelles vers i63o.
Van Mander dit avec raison que Pierre van Veen ne pratiqua la peinture qu'en amateur. Son grand tableau du musée de Leyde, la Levée du siège de la ville, est un tableau surtout intéressant, mais d'une exécution passablement maladroite et d'un coloris assez lourd''. L'auteur reçut, en 161 5, une coupe d'argent pour avoir peint cette œuvre '.
Pourtant, d'autres tableaux de Pierre van Veen sont mentionnés dans les catalogues. Nous en trouvons trois qui paraissent avoir été d'une certaine importance dans la collection van Slingelandt, vendue à Dordrecht en 1785 : le Christ guérissant la femme affligée d'unßux de sang; le Christ et le Centenier ; le Bain de Diane. Les deux premiers se vendirent 140 florins, le troisième 26.
I. Conf. A. Pinchart, Archives, tome I"'', pages 20G, 283. ■2. Anvers, 1874- 1875.
3. Nous voyons dans le catalogue de Hoet la mention singulière de la Levée du Siège de Leyde, « avec beaucoup de figures », par Otho Vcvnitts, tableau mesurant en hauteur i pied 3 pouces, en largeur, I pied II pouces. (Vente Tieréns, k La Haye, 1743.)