‹ Le livre des peintres de Carel van Mander (volume 2)Chapitre 154 sur 213 · Navorscher, page · texte numérisé non relu

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PIERRE VAN VEEN

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Un autre sujet : le Christ bénissant les petits enfants, figurait dans la collection Vosmaer, vendue à Delft en 1641, en môme temps qu'une Tète de porc, une assiette

PIERRE VAN VEEN.

D'après la gravure attribuée à son fils Corneille.

avec des alouettes, des raisins blancs et bleust qui paraissent avoir été plutôt des études.

I. Ces trois œuvres tîgurent dans l'inventaire des tableaux laissés par ,1. 'Vosniacr, capitaine major à Delft, 1IJ41. {Ardiief d'Obrecn, tome V, page 5ô; communication de M. A. Bredius.)

Ce sont là, évidemment, des œuvres d'amateur.

Pierre van Veen fut avocat de la ville de Leyde en 1606, à la place de Joost van Swanenburgh ; il se rendit ensuite à La Haye, où il mourut en 1629.

M. G. E. Taurel {l'Art chrétien, tome II, page 214I fait naître Pierre van Veen en iSjo; cette date a été avancée, par M. Rammelman Elsevier, de huit ans, d'après les documents authentiques.

Il existe deux portraits de Pierre van Veen, l'un et l'autre des plus rares, mais tous deux semblent inspirés d'un môme modèle.

Le grand portrait, fort bien traité au burin, sans nom d'auteur, fut publié en i636 seulement. Il porte des vers de Barlasus et passe pour l'œuvre d'un fils de Pierre van Veen, Corneille, qui fut grand amateur d'art, secrétaire des plus méritants de la gilde artistique de La Haye, au xvu« siècle (ib56 à i665 M.

Un portrait à l'eau-forte, réduction du précédent, serait de P. van Veen lui-même. Le personnage y est représenté à l'âge de soixante-six ans.

Nous ne saurions omettre de rappeler que c'est au personnage dont il est ici question que Rubens a adressé, le 19 Juin 1622, l'intéressante lettre dans laquelle il donne sur les gravures exécutées par Vorsterman des indications si précieuses, et que ce fut lui également qui obtint la faveur de la dédicace de la belle estampe de V Adoration des bergers. (Basan, 6; Schneevoogt, 28.)

Jean Snellincx. — Il y a encore à Anvers un maître de grande valeur et excellent peintre, natif, je crois, de Malines % Jean Snellincx, qui excelle dans les compositions et les batailles, genre de sujets qu'il a fréquemment abordé pour les princes et seigneui"s. Il a peint divers épisodes de batailles des Pays-Bas, rendant avec une grande vérité la fumée des canons, dans laquelle se meuvent les combattants. Il peut être âgé, en la présente année 1604, de cinquante-cinq ans ^'.

COMMENTAIRE

Jean Snellinck, dont van Dyck nous a laissé le merveilleux portrait à l'eau-forte que nous reproduisons, portait le titre de peintre des archiducs Albert et Isabelle, obtenu, sans doute, en récompense des travaux qu'il exécuta entre 097 et 099 pour le compte de la municipalité d'Anvers lorsque celle-ci fit hommage au nouveau souverain

1. Catalogue de la collection de gravures et d'eaux-fortes de J . J. De Kruyff, libraire à Utrecht. (Vente Frederik Muller, à Amsterdam, i883. N" 9i5.)

2. Jean Snellinck ou Snellincx e'tait, effectivement, Malinois.

3. Il résulte des recherches de M. vanden Branden que cette indication est correcte. Jean Snellinck naquit en 1549, "^^ """ "^'^ '-^44» comme l'affirment tous ses biographes.

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FICTOR HVMAIÎARVM FIGVRABVM ANTVE^UPL«,

JEAN SNELLINCK.

Fac-similé de l'eau-forte de van Dyck, reprise par Pierre De Jode le Jeune.

d'un ensemble de tapisseries exécutées d'après les cartons d'Otto Venius et de Snellinck ^ Nous avons dit plus haut que ces tentures ne pouvaient être que les Batailles de l'archiduc Albert, encore conservées à Madrid, et qui confirment les éloges donnés par van Mander à Snellinclv, comme peintre de batailles.

Reçu à la bourgeoisie d'Anvers le lo juillet 1597, le peintre malinois avait épousé en 1574 Hélène De Jode-, qui était sans doute la sœur de Pierre le Vieux, l'excellent graveur, élève de H. Goltzius, Sa femme étant décédée en i58i, il se remaria en i586 avec Pauline Cuypers. Sur treize enfants issus de ces deux unions, six fils furent peintres : Daniel, Gérard, Jean, André, Pierre et David. II nous suffira de citer leurs noms.

Jean Snellinck, mort à Anvers en 1.638, âgé de quatre-vingt-dix ans, fut, en réalité, un peintre secondaire, habile comme l'étaient les maîtres de son temps, mais sans une originalité bien franche, et nécessairement éclipsé par le rayonnement de l'école de Rubens. M. Max Rooses donne toutefois de justes éloges au Christ entre les larrons, grande page qui orne le musée d'Anvers et qui porte la date de 1597^. C'est la plus ancienne peinture que l'on connaisse du maître.

Pour sa ville natale, Snellinck peignit en 1601 un triptyque delà Résurrection, avec des volets de V Annonciation à la Vierge et de V Adoration des bergers, et à l'extérieur, en grisaille, Saint Rombaut et Saint Nicolas''.

En 1607, il peignit pour Georges Ghuys, fabricant de tapisseries à Audenarde, huit cartons de V Histoire de Zénobie, reine de Palmyre'^ . « Ces cartons, dont la reproduction avait eu beaucoup de succès en France, dit M.Alphonse Wauters", furent achetés par Gérard Peemans (i665), qui les fit dessiner dans de plus petites proportions; ce dernier travail lui coûta 9,000 florins, outre 6,000 qu'il avait dû donner pour les cartons originaux. MM. Braquenié possèdent de cette tenture une pièce qui représente Zénobie à la chasse (hauteur, 4"io5 ; largeur, 4'"9o). »

Snellinck reçut en 1608 la commande d'un tableau pour l'église de Notre-Dame-de- Pamele, à Audenarde. L'œuvre, un triptyque que possède toujours l'église, représente, au centre, la Création et, sur les volets : Adam et Eve mangeant le fruit défendu et Adam et Eve chassés du Paradis terrestre. A l'extérieur, en grisaille, Adam bêchant la terre et Eve portant entre ses bras son enfant. Le tableau a beaucoup souffert et les grisailles extérieures sont à peine visibles.

L'église de Sainte-Walburge, à Audenarde, possède deux autres peintures du maître, une Transfiguration, datée de 16 16, et, de la môme époque, un Couronnement de la Vierge' .

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