PEINTRE BRUGEOIS
Il y eut encore à Bruges un ornement de notre art, digne de prendre place parmi les célébrités : Marc Geerarts, un fort bon maître, qui produisit, à Bruges et ailleurs, divers travaux. Il était habile dans tous les genres : la figure, le paysage, Tarchitecture, la composition, le dessin, la gravure à Feau-forte, Fenluminure; bref,^ tout ce qui relève de l'art.
11 excellait surtout dans le paysage et introduisait fréquemment dans ses tableaux une petite femme accroupie sur un pont ou ailleurs et satisfaisant un besoin. Il dessina beaucoup pour les peintres verriers et autres artistes.
En i566, lorsque, par le fait de la prédication des nouvelles doctrines, l'activité artistique se ralentit, il traduisit et illustra de ses planches le livre des Fables d'Esope, qui est une fort jolie chose et très bien exécutée '.
Précédemment déjà, il avait dessiné et gravé à Teau-forte un plan de Bruges qui formait une grande carte, œuvre que je considère comme ne pouvant être surpassée, tant il y avait mis de temps, de soin et de précision dans le rendu des choses -'.
11 mourut en Angleterre-'. J'aurais eu soin de préciser la date de son décès ainsi que son âge, si son fils avait consenti à me fournir ces renseignements; mais il n'a pas jugé à propos de le faire, trouvant
1. De Waraclitighe Fabnlcn der Dieren. Bruges, Pierre de Clerck, i.vij. Le privilège est du 7 juin, hi dédicace à Hubert Goltzius du iS juillet. L'duvriige, qui est prtice'dé d'un poème en vers alexandrins de Lucas De Heere, est, en réalité, l'œuvre du poète brugeois Edouard De Dene, et illustré de 107 eaux-fortes par Marc Geeraerts. La seconde édition (latine) parut à Anvers en iSyq.