Ce magnifique ensemble de dix feuilles est de ibGi
'i. En 1590 d'après M. Guilmard, les Maîtres ornemanistes, page 4Sli.
MARC GEERARTS 20
apparemment qu'il ne lui incombait pas de me mettre à même de pouvoir rendre hommage à la mémoire de son père'.
COMMENTAIRE
Marc Gérard, Gheeraerts ou Geeracrts, naquit sans doute vers i53o, car, en i558 déjà, il est deuxième « Vinder » de la gilde de Saint-Luc, à Bruges, et, en i56i, par contrat du 16 juillet, se charge d'acliever le grand triptyque de la Passion que Marguerite d'Autriche avait commandé à Bernard van Orley et qui n'était point achevé à l'époque du décès de ce peintre-. Ce tableau est à l'église de Notre-Dame, à Bruges.
A en croire le titre de la suite des Ours, de Marc De Bye, les dessins que reproduisait cet habile graveur auraient été faits par Marc Gérard, en idSo.
Une note manuscrite de Mois, à un exemplaire deWalpole, note répétée par lui dans l'exemplaire du Voyage, de Descamps, tous deux à la Bibliothèque royale de Bruxelles, mentionne un triptyque de Marc Geeraerts décorant la chapelle derrière le maître-autel de l'église des Récollets, à Bruges. Ce tableau, qui représentait la Desce/zfe de croix, ayant pour volets le Portement de la croix et la Résurrection^ était marqué d'un monogramme composé des lettres M. G. et daté de i563.
Il n'est fait aucune autre mention de cette œuvre dans le Voyage pittoresque, de Descamps, ni dans les guides plus récents, à Bruges.
En réalité, la réputation de Marc Geeraerts se fonde sur quelques estampes : le grand Plan de Bruges, de i562, admirable vue à vol d'oiseau, où chaque maison est indiquée avec une extraordinaire précision et qui peut être citée comme le modèle du genre; les eaux-fortes, non moins parfaites, illustrant les Fables d'Esope. Aucun graveur flamand ne s'est montré plus habile, surtout à' une époque où l'eau-forte était rarement pratiquée. Une suite intitulée : Volucrum... diversa gênera 114 plJ, et un cortège des Chevaliers de rord)X' de la Jarretière, reproduit en 12 planches, par Théodore de Bry, constituent des ensembles de haute valeur. Comme le dit M. Guilmard [les Maitres ornemanistes, page 483, c'était un maître universel.
La date inscrite sur le Cortège de la Jarretière doit faire supposer que Marc Geeraerts passa de bonne heure en Angleterre; il y fut peintre de la reine Elisabeth en 1577, mais son inscription à la gilde de Saint- Luc d'Anvers, en 1577, et le paiement de sa cotisation en i585 et i586, excluent l'idée d'un séjour permanent à l'étranger.
Un assez bon nombre de portraits des collections anglaises sont attribués à Marc Geeraerts. M. Waagen désigne une effigie de la Reine Elisabeth, chez le marquis d'Exeter, à Burleigh House; une autre chez le duc de Northumberland, une troisième figure à Hampton Court sous le n» 61Q, et M. George Scharf, directeur de la Galerie
1. Marc Geeraerts le Jeune, né en i5(Ji et mort à Londres en i(J35, a laissé en Angleterre des travaux importants. Wenceslas Hollar a gravé son portrait d'après l'original peint par lui-même en 1627. Parthey, n" 1407.