Jacob Willemsz Delft', mort le 5 mai
2. Hubert Jacobsz, qui ht dans sa jeunesse un long séjour à Venise et en rapporta, dit Bleyswyck, le surnom de Grimani. « C'était, ajoute le chroniqueur, un bon portraitiste, comme on le voit par ses œuvres dans beaucoup de maisons bourgeoises. Mais, à force de faire des portraits de personnages anglais et autres, qui n'ont pas la patience de poser, Hubert s'est relâché. Il est mort à la Brielle, vers 1628 ou 1629. » [Beschryvinge van Delft, page 846.)
3. Il n'est pas cité parmi les maîtres dont M. A. vander Willigen a relevé les noms dans son excellent ouvrage : les Artistes de Harlem. Harlem, 1870.
33o LE LIVRE DES PEINTRES
Pauvre La{are et du Mauvais Riche, tableau qui est aujourd'hui non loin de la ville, à la Léproserie.
Plus récemment il a fait encore, sur une très grande toile, un Intérieur de cuisine avec des volailles et d'autres choses, des personnages et divers animaux '.
Sa manière dénote qu'il a beaucoup étudié le Bassano ; il est d'ailleurs fort habile dans ses procédés. Ses œuvres, qu'on rencontre en divers endroits, le rangent parmi les grands maîtres de notre art, tant pour la composition que pour le portrait.
COMMENTAIRE
En dehors du tableau de la Galerie de Brunswick, dont l'authenticité est établie par la signature, P. G. van Ryck n'est représenté dans aucun autre musée que celui de Pesth, où nous avons eu l'occasion de voir de lui un joli tableau de Volailles. (Salle VII, no 28.)
Deux estampes, gravées par Jacques Matham, reproduisent des œuvres de van Ryck. La première iBartsch, n" ig5) représente la Nativité et porte la date de 1604. La seconde, non datée (Bartsch, n» \g6),représenterEnfantprodigue dissipant ses richesses. Le mot inventor, inscrit sur la Nativité, donne à croire que le graveur reproduisait un dessin. Par contre, van Ryck est indiqué comme ayant peint la composition de Y Enfant prodigue.
I. C'est probablement le tableau du musée de Brunswick signé et daté de 1604. (Riegel, Beiträge ^itr niederländischen Kunstgeschichte, tome II, page 197.)
FRANCESCO BADENS
PEINTRE d'aNVERS Jean Badens.
On a vu, dans les derniers temps, progresser Tart néerlandais, particulièrement sous le rapport du coloris, des carnations et des ombres, abandonner les tons gris et froids de la pierre ou décolorés du poisson, et revêtir des principes de vigueur et d'éclat de plus en plus généraux. Ce résultat est dû, en grande partie, à Tintervention de Francesco Badens, né à Anvers en iSyi, et qui était âgé de cinq ans à Tépoque de la Furie espagnole, arrivée le 4 novembre i5j6.
Le père de Badens, mort à Amsterdam en la présente année 1604, vint en Hollande peu après la Furie', de sorte que Francesco a habité Amsterdam dès son enfance. 11 n'eut point d'autre maître que son père, qui était un peintre assez obscure
En compagnie de Jacques Matham', le beau-lils de Goltzius, Badens alla en Italie et y séjourna quatre ans.
Rentré à Amsterdam, il fut le premier à appliquer, dans notre pays, les procédés récents, et les jeunes artistes ne le nommèrent plus que « le peintre italien ».
Sa manière est large et lumineuse, et il est vraiment un maître excellent, soit qu'il aborde des sujets historiques, soit qu'il peigne le portrait ou de simples têtes.
J'ai vu chez lui, cette année même, une assez grande toile, une Bethsabée au bain, recevant la lettre que lui remet la vieille émissaire dont elle écoute les propos, ayant près d'elle d'autres femmes nues,
1. La « Kurie espagnole », c'est-à-dire le pillage de la ville d'Anvers par la garnison espagnole de la citadelle, le 4 novembre 1576.
2. Josse Badens, admis à la gilde de Saint-Luc d'Anvers, comme tils de maître, en iSôg. Il avait un frère et un oncle, Josse et F"rani;ois, également peintres, et élèves de Jean (van Amstel) le Hollandais.
33i LE LIVRE DES PEINTRES
des accessoires, etc., œuvre eminente, pleine de grâce, agréablement traitée, bien conçue et distribuée.
Il y a de Badens d'excellents portraits, dont quelques-uns, appliqués à des sujets historiques, ainsi que des banquets, des mascarades traités en effet de lumière, à la façon moderne, dans le costume de notre temps, un genre qu'il cultive avec succès'.
Chez Corneille vander Voort, peintre d'Amsterdam, je connais un Couple d'amoureux dans la manière italienne. Ils chantent à Tunisson et l'homme s'accompagne du luth.
J'aurais voulu désigner d'autres œuvres, mais de grandes difficultés m'ont été suscitées par le peu d'empressement que nos contemporains apportent à me venir en aide, et cela sous prétexte qu'ils tiennent trop peu de place dans les arts pour pouvoir briller ou être cités à côté des grands maîtres. Il résulte de là, qu'aucun renseignement ne me venant des morts et que les vivants ne me fournissant aucune indication, je n'ai pu naviguer contre vents et marée.
Francesco avait un frère du nom de Jean, qui naquit à Anvers en iSyô, le 18 novembre, quinze jours après la Furie espagnole. Il était parti pour l'Italie, y avait fait de grands progrès dans les arts et semblait appelé à un bel avenir. En Allemagne, comme en Italie, la fortune lui fut propice et les hauts personnages le tenaient partout en grande estime pour ses talents artistiques.
Revenant au pays, sur son propre cheval, et l'escarcelle bien garnie, il eut la malechance, au moment même où il pénétrait dans les Pays- Bas, d'être assailli par la soldatesque et dépouillé de tout son avoir. Il en mourut de chagrin l'an i6o3"\
1. On ne cite, de nos jours, qu'une seule œuvre de Badens. Elle représente Une Compagnie joyeuse et se trouve dans la callection Hammer, à Stockholm. (Description succincte des collections relatives à l'Histoire de l'art et du travail de M. Christian Hammer, à Stockholm, page 29. Stockholm, 1871.) On a d'après lui un Saint Jérôme en pénitence, grave' par Egbert van Panderen, et un groupe de Bacchus, Vénus et Cérès, gravé en manière noire par B. Lens. Nous savons par van Mander que Goltzius exécuta un certain nombre de tableaux pour Badens. Au mois de janvier i6i3, il assista à la vieille église d'Amsterdam comme témoin au baptême du poète Matthieu Tengnagel, fils du peintre Jean Tengnagel. (Voir J. H. W. Unger, Mattheus Gansneb Tengnagel, dans la revue Oud-Holland, tome I", page 197.)