BALTHASAR I.AUWERS. — • 3. FLORENT VAN DYCK
D'aprcs la gravure de Jean LadmiraL
Élève de Michel Miereveld, Moreels est d'un âge peu avancé'.
François Pietersz Grebber. — A Harlem, il y a un bourgeois du nom de Frans Pietersz Grebber qui est un excellent portraitiste, peignant aussi parfois la figure et, à l'occasion, faisant des travaux de broderie. Il a été élève de Jacques Savery, mais pour le paysage seulement-.
1. Paul Moreelse naquit à Utrecht en 1571 et devint franc-maître de la gilde des selliers 'et peintres) de sa ville natale en iSgô. Doyen en i(ni, il contribua puissamment à l'érection d'une gilde inde'pendante de la profession artistique, et en fut le doyen dès sa constitution. Une trentaine de jeunes artistes se formèrent sous sa direction. 'Voyez S. Müller, De SchUdcrs-Vereenigingen te Utrecht. Utrecht, \^^o, passim.) On distingue parmi eux Théodore Baburen. Moreelse exerça plusieurs fois les fonctions municipales à Utrecht, où son fils Henri (homme de loi) fut plus tard bourgmestre. II fut également architecte, mais non point graveur, bien qu'on lui ait attribué des planches. 11 mourut en i638.
Le musée royal de La Haye possède le portrait de Paul Moreelse, peint par Iui-mcmc,et plusieurs autres effigies. Le musée d'Amsterdam est plus riche encore, mais c'est k l'Hôtel de ville que se trouvent les œuvres les plus importantes du maître : trois grands tableaux de corporations comprenant, respectivement, vingt et un, vingt-quatre et jusqu'à vingt-huit personnages de grandeur naturelle. Au musée de Valenciennes figure le portrait de Guillaume-Louis, stadhouder de la Frise.
Outre ses p'ortraits, Moreelse avait la spécialité des jolies bergères, blondes jeunes filles, représentées le plus souvent à mi-corps, dans un galant déshabillé. On signale en outre, au musée de Rotterdam, une composition représentant Vertitnme et Pomone.
Le musée de Bruxelles possède probablement le dernier tableau du maitre, un portrait d'homme, daté de iG38.
Une note intéressante, sur la famille Moreelse, a été insérée par .\1. .\. (L De KruytV, d'Utrecht, dans VArchief voor Nederlandsche Kunstgeschiedenis, tome \', page 335.
2. François, fils de Pierre Grebber ou De Grebber (un élève de Goltzius , naquit à Harlem en 1570, et mourut dans la même ville en iiî^q. Doyen de la gilde de Saint-Luc en 1IJ27, il forma de nombreux élèves et eut un fils, Pierre Grebber, mort en 11)70. lA'oir vander Willigen, les Artistes de Harlem, page i35. Harlem, 1870.)
Le musée de Harlem possède de F. P. Grebber quatre tableaux très importants, des Banquets d'officiers de la garde bourgeoise. Ils sont datés de iIjoo, iijio et irm,.
Les recherches de M. vander Willigen ont confirmé l'assertion de van Mander touchant les lra\aux de broderie exécutés par Grebber. D'après le livre de la gilde des chirurgiens, une somme est payée en 11)1 I à Frans Pietersz pour avoir livré l'or destiné aux inscriptions du drap mortuaire de la corporation.
Le consciencieux auteur de l'excellente étude sur les artistes de Harlem nous fait connaître des particularités fort intéressantes sur la carrière de F. P. De Grebber. (2e fut lui, par exemple, qui étant doyen de la gilde de Saint-Luc, céda, de sa propre autorité, à un dominicain de Bruges, la relique du saint patron de la confrérie, et toutes les démarches des successeurs de De Grebber pour rentrer en possession du vénérable objet furent vaines.
Un document plus précieux est la liste d'une loterie de tableaux organisée par Frans Pietersz De Grebber, loterie qui donnait droit aux possesseurs de trois billets de participer à un festin. Les tableaux avaient été estimés par plusieurs artistes parmi lesquels nous trouvons Corneille Kittensteyn, Jean van de Velde et Salomon Ruysdael. La liste des œuvres mises en loterie comprend trois peintures du père de Grebber et cinq de lui-même : le Combat d'Achille, un Paysage, une Madeleine, un David et Deux Ermites. (Vander Willigen, les Artistes de Harlem, page 11.)