CORNEILLE CLAESZ. — BERNARD ET PAUL VAN SOMER
On voit de ses portraits, — grands ou très petits, — d'une parfaite ressemblance et fort bien faits.
Corneillp: Claesz. — 11 y a encore à Harlem, et originaire de cette ville, un Corneille Claesz ' qui, ayant été marin, s'est mis à dessiner et à peindre des bateaux et ce qui se rattache à la marine, faisant preuve d'une extraordinaire entente et intelligence, comme s'il avait eu pour vocation d'être artiste. 11 est très versé dans la connaissance du gréement des navires et s'est montré déjà si ferme et si habile dans le tracé des cordages, etc., qu'il ne le cède à personne sous ce rapport.
Bernard et Paul van Somer. — Il y a, à Amsterdam, deux frères, Bernard et Paul van Somer, originaires d'Anvers. Bernard, qui a épousé et ramené d'Italie la fille d'Arnold Mytens', est fort bon portraitiste et habile compositeur. 11 a habité l'Italie pendant plusieurs années^.
Paul, qui est encore célibataire, est également habile dans toutes les parties de l'art : compositions, portraits, etc.^
I. Corneille Claeszoon (tils de Nicolas) van Wieringen. 11 est supeiHu de faire observer l'erreur, commise par Immerseel, qui le fait naitre vers lôoo.^A cette époque déjà le peintre c-tait arrive- à l'Age viril, attendu que M. le D'' vander Willigen l'a trouvé inscrit aux contrôles de la garde civique. (Les Artistes de Harlem, page 33o. Harlem, 1870.) Le même auteur fournit de précieux détails sur les travaux confiés par le Conseil de l'Amirauté d'Amsterdam à Corneille van Wieringen en 1621-1622, par suite du refus de Henri C. Vroom d'exécuter, au prix offert, une représentation de la Bataille de Gibraltar.
Nagler le fait naitre vers i58o; il mourut en i(343. (Catalogus pan de Schilderijen op het Museum der St ad Harlem, page 44.)
Le musée de Harlem possède de van Wieringen un tableau représentant ['Arrivée à Flessingue, en I 61 3, de Frédéric V, électeur palatin, et Elisabeth, fille de Jacques I" d'Angleterre, très grande toile, et une Prise de Damiette. Au musée de Madrid il y a du maître un Combat naval. (N" 1819.)
Henri Goltzius, N. .1. Visscher, Robert de Baudouz et Simon Frisius ont reproduit des dessins de van Wieringen à qui Nagler attribue aussi quelques eaux-fortes.
■1. Voyez ci-dessus, chapitre xix, page 85.
3. Bernard van Somer est inscrit à la gilde de Saint-Luc d'.Anvers, comme élève de Philippe Lisart, en i5S8; c'est la seule date positive que ron possède sur lui.
4. Paul van Somer, né en 1571'), d'après Vertue (Walpole, Anecdotes of Painting in England, édition Dallaway, 1828, tome II, page (j), mourut à Londres, le 5 janvier iri2i. On ignore la date précise de sa venue en Angleterre.
Les Galeries anglaises, et particulièrement celle du palais de Hampton Court, contiennent de tort belles peintures de Paul van Somer. M. Law assigne la date de iCioh au portrait de Christian IV de Danemark; une effigie du roi Jacques I" est datée de i6i5 ou 1618; une autre, du même prince,
Corneille vander Voort. — Amsterdam possède encore un excellent maître portraitiste, originaire d'Anvers, je crois', Corneille vander Voort, qui excelle à donner à ses œuvres un aspect agréable et un bon effet. C'est un célibataire dans la force de l'âge.
Evrard Krynsz. — A La Haye, est actuellement fixé Evrard Krynsz vander Maes^, récemment revenu d'Italie, et qui a rapporté de Rome
dans le costume de la Jarretière, paraît avoir été peinte entre les années ißiq et 1620, jugeant par le bâtiment de la salle des banquets de Whitehall que l'on voit dans le fond et qui ne fut commencé qu'en 161Q. Anne de Danemark, épouse de Jacques I»'', figure également deux fois dans la Galerie de Hampton Court. Un de ces portraits, en pied comme tous les autres, est daté de 1617.
Vertue fournit une liste très longue des principales œuvres de Paul van Somer existant en Angleterre; le même auteur nous donne le portrait du maître et reproduit, en tête de son deuxième volume, un grand portrait en pied de la comtesse d'Arundel, d'après van Somer, appartenant au duc de Norfolk. Le conseiller Mois, dans ses annotations manuscrites aux Anecdotes deWalpole, compare aux œuvres de van Dyck certains portraits de van Somer. « Cette famille des van Somer existe encore à Londres, ajoute l'auteur, et descend de notre Paul van Somer, mais ce nom n'est plus connu à Anvers, au moins comme parenté de notre Paul. Les descendants ont actuellement (1771) établi à Londres une belle manufacture de tapis de pieds. »
On ne doit pas perdre de vue, cependant, Jean et Paul van Somer, excellents graveurs, surtout en manière noire, travaillant k Amsterdam dans la seconde moitié et jusqu'à la fin du xvir siècle, et qui peuvent avoir été les fils de Paul. (Voyez J. E. Wessely dans VArcliiv de Naumann, tome X\, page io5, et tome XVI, page 39, et Vertue, Anecdotes of Pa'mting in England, édition Dallaway, tome V, page 204.)
1. Le nom de vander Voort n'apparaii pas dans les registres de la gilde de Saint-Luc d'Anvers. La plupart des auteurs, après De Jongh dans son édition de van Mander (Amsterdam, 17Ô4I, le font naître à Amsterdam. Nagler fixe même à l'année i58o la date de sa naissance, peut-être uniquement parce que David Bailly fut pendant quelques années l'élève de vander Voort qu'il quitta en 1C108. Une chose est certaine concernant le peintre, c'est qu'il se fit admettre à la gilde de Saint-Luc à La Haye le 5 octobre 1048, et que l'acquit de son droit d'entrée le mentionne comme étranger [vreemd), ce qui peut vouloir dire, il est vrai, que vander Voort était venu d'une autre ville. (Archief d'Obreen, tome I", page 42.)
Quant aux œuvres du maître, nous n'en trouvons mentionnée qu'une seule datée de 1624 et signée G. (?) vander Voort, un portrait de Jean vanden Hoeke, vendu 2,400 florins à la vente Bierens, a Amsterdam, le i5 novembre 1881. La peinture est désignée comme « sèche et dure «.{Nederlandsche Kiinstbode, 1881, page 375.) M. A. D. De Vries Az., au contraire, déclare ce portrait fort remarquable dans sa notice sur Barentsen. Voy. l'Art chrétien de C. E. Taurel.
Dans l'œuvre de W. J. Delff figure un portrait de Jacques Rolandus, pasteur réformé à Delft (mort en i632), gravé d'après vander Voort. (Franken, n» 77.)
Le catalogue de Gérard Hoet ne mentionne aucune œuvre du peintre comme s'étant présentée en vente dans les Pays-Bas de 1684 à 1798.
2. Nous savons par la biographie de van Mander qu'Evrard Krynsz vander Maes fut un des élèves de notre historien. En 1604, nous le trouvons inscrit parmi les peintres de la gilde de Saint-Luc, à La Haye. (Voir A. Bredius dans l'^j-c/ne/' d'Obreen, tome III, page 260. Rotterdam, 1880-1881.) Immerseel le fait naître en i568. M. J. Ph. vander Kellen lui attribue le portrait en pied d'un porte-étendard de la garde* bourgeoise existant à l'hôtel de ville de La Haye, remarquable peinture datée de 1G17. {Nederlandsche Kunstbode, 1881, page 3o, article de M. A. Bredius.) Les archives municipales de La Haye nous montrent aussi le peintre vander Maes peignant, la même année, des armoiries et, en 1626,
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