‹ Le livre des peintres de Carel van Mander (volume 2)Chapitre 2 sur 213 · I. Kunst Chronik, pai^e 91. Leipzig, i8'jtj · texte numérisé non relu

I. Kunst Chronik, pai^e 91. Leipzig, i8'jtj

•2. Anecdotes of Painting in England (cdition Dallawa)-), tome I"", page 255. 1828.

ce qui est le cas, notamment, pour le portrait de sir Anthony Denny, à Longford Castle*.

En somme, il est sage de n'accepter que sous toutes réserves l'idée d'un premier séjour du peintre en Angleterre. Pour ce qui concerne les travaux qu'il fit en France, aucun document ne les a fait connaître jusqu'à ce jour.

Restent les œuvres connues.

L'église de Saint-Bavon, à Gand, possède un tableau de Salomon et la reine de Saba signé Lucas Derus et daté de iSSg. Cette œuvre, dont une gravure au trait se rencontre dans le travail de M. Blommaert et dans celui de M. De Busscher, est conçue absolument dans l'esprit des créations de Frans Floris et exécutée avec une moindre correction. Elle avait, croit-on, fait partie d'un ensemble décoratif érigé dans l'église à l'occasion du Chapitre de la Toison d'or, tenu par Philippe II, précisément en iSSg, et dont la distribution générale avait été confiée à Jean De Heere, le père du peintre. — Le roi Salomon rappelle les traits de Philippe IL

M. De Busscher nous apprend, en outre, que les écus d'armes des chevaliers de la Toison d'or qui, aujourd'hui encore, figurent au-dessus des stalles du chœur de l'église, procèdent également du pinceau de Lucas De Heere.

La même année iSSg il donna, pour une des nefs de la cathédrale, des modèles de verrières, verrières qui, du reste, ont dès longtemps disparu.

Enfin, la salle du Chapitre conserve une Vue perspective de l'abbaj^e de Saint- Bavon, vaste toile reproduisant, dans un format plus grand, une œuvre antérieure.

A côté de ces peintures dont l'authenticité est absolument établie, la ville de Gand possède un précieux recueil de Costumes de tous les peuples, ensemble d'aquarelles fort bien exécutées.

Il n'y a pas moins de cent quatre-vingt-neuf études disposées, pour la plupart, à deux figures par page, figures en pied, d'un dessin généralement correct, et surtout dignes d'être consultées lorsque l'auteur reproduit des types qu'il a pu étudier sur nature. Comme, d'autre part, Lucas De Heere ne se borne pas à représenter les costumes de son temps, il fait largement emploi d'œuvres de ses prédécesseurs, et nous voyons, par exemple, utilisés tous les costumes orientaux de Pierre Coeck. Il y a plus; à la page III ce maître lui-même est représenté dans son costume turc, sans que De Heere le désigne autrement que soldat turc.

Le recueil de costumes fut acquis par les archives gantoises en i865, à la vente Chedeau, à Saumur. Il avait appartenu au peintre Louis David, lequel, dit-on, l'avait reçu, pendant son exil, de M. De Potter, de Gand.

Nous avons pu, grâce à ces dessins de Lucas De Heere, restituer au maître un tableau du musée de Lille : Saint Amand et un abbé (n° 692), que le catalogue attribue à l'école de Lambert Lombard. Un évoque et un abbé, représentés à la page 92, offrent une si grande analogie de type et de caractère avec les figures du panneau lillois, qu'une communauté d'origine entre les deux œuvres nous semble en quelque sorte prouvée. Un document publié par M. De Busscher fait connaître que

I. A. Woltiiumn, Zeitschrift für bildende Kunst, tome 1°'', page 200.

Lucas De Heere peignit, cn i5(35, pour une église de Saint-Paul Flandre Orientale), un Christ entre les larrons. Ce tableau existe toujours mais fort endommagé par des retouches.

Nous avons dit, pour ce qui concerne les portraits des collections anglaises, que leur attribution à De Heere est souvent très risquée. La nomenclature de Wal pole ne peut donc être maintenue qu'en partie.

A Hampton Court, quatre portraits, dont deux de la reine Elisabeth, semblent procéder du pinceau de notre peintre.

Les figures de lord Darnley et de Charles Stuart enfants sont datées de i5()3, elles reproduisent une peinture plus développée qui existe au palais de Holyrood, à Edimbourg.

Quant au portrait d'Elisabeth portant le monogramme H F, et daté de iSôq, il figure déjà à l'inventaire de i65 2, sous le nom de « De Cheere » '.

Un portrait de Marie d'Angleterre, cité comme très remarquable, parut à l'Exposition de l'Académie Royale de Londres en 1877 -. C'est probablement le même portrait que cite Waagen [Art treasiires), comme faisant partie de la collection Labouchère.

Enfin, le catalogue du musée de Copenhague in° i3oj attribue à De Heere un tableau des Vierges sages et des Vierges folles signé H. E. et daté de 1570.

On a vu que les églises de Gand ne possèdent plus qu'un seul tableau de « Lucas Mynsheeren », comme l'appelle van Vaernewyck, son contemporain. Nous savons, par cet auteur, que le Serpent d'airain qui décorait l'église Saint-Michel, en i566, fut enlevé mais non détruit. D'autre part, longtemps après les dévastations du xvi'= siècle, il restait encore dans diverses églises de Gand des œuvres qui n'y sont plus aujourd'hui et dont voici les titres : la Résurrection, la Descente du Saint-Esprit sur les apôtres, les Disciples d'Emmaiis, le Noli me tarigere, la Foi, V Espérance et la Charité, le Christ au jardin des Oliviers, enfin le Jeune Tobie et l'Ange. On ne sait malheureusement quelles étaient les dimensions de ces peintures.

La célébrité de De Heere, attestée par tous les contemporains, lui attira de nombreux élèves qui, pour la majeure partie, n'arrivèrent pas à se faire un nom. En dehors de van Mander, le plus célèbre est Marc Gérard, plutôt Geeraerts, de Bruges, qui fut admis à la gilde d'Anvers en 1377, comme élève de Lucas De Heere, dit M. De Busscher. Nous devons ajouter toutefois que nous avons vainement cherché cette mention dans les matricules de la gilde publiées par MM. Rombouts et van Lerius. Marc est, au contraire, admis à l'apprentissage, à Bruges, en i558, comme élève de son père.

M. George Scharf, directeur de la Galerie Nationale des portraits, à Londres, a bien voulu nous faire connaître que le portrait de la reine Elisabeth, attribué à Lucas De Heere par Walpole (page i5 5, n» 6), est l'œuvre de Marc Gérard, le monogramme de ce maître ayant été retrouvé sur l'œuvre par notre honorable correspiondant.

I. Voir le catalogue de M. ErnesL Law, n"» 34Q, 572, 635 et ô3().

1. Kunst Chronik, 1877, page 441, article de M. J. Beavington .\tkinson.

lo LE LIVRE DES PEINTRES

Les illustrations de De Heere se rencontrent dans le livre d'emblèmes de Sambucus édité par Christophe Planlin. Nous devons à Textrême obligeance de M. Max Rooses le relevé des paiements faits à l'artiste en décembre i562, novembre i563, février et avril i5()4.

« Il parait, dit notre savant confrère, que Plantin ne fut pas satisfait d'une partie de l'ouvrage du peintre gantois, car il tit refaire quarante des Emblèmes par Pierre Huys. »

Lucas De Heere ne vint pas à Anvers, mais envoya de Gand ses illustrations qui étaient au nombre de i68. M. Rooses a joint la reproduction de quelques-unes de ces planches à son bel ouvrage : Christophe Plantin, imprimeui- anversois. (Anvers, 1882, grand in-folio, page 273.':

J ACQUES GRIMMAER'

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