LUCAS ET MARTIN VAN VALCKENBORGH
dateraient ainsi des premiers temps du maître. C'est encore au même temps que se rattache un petit tableau rond : Kermesse villageoise, daté de 1374, au musée de Gotha.
M. Edouard Fétis, dans Texcellent travail qu'il consacre aux van Valkenborgh\ tixe à l'année 1540 la date de naissance de Lucas. Cette version s'accorde parfaitement avec la date de l'inscription de l'artiste aux rôles de la corporation malinoise de Saint- Luc en i56o, et nous inclinons à l'admettre, tout en faisant observer que le musée Stasdel, à Francfort, possède une Vue d'Anvers avec des patineurs sur l'Escaut, signée et datée de iSSg-.
Un document du 19 juillet i585 établit que ni l'un ni l'autre des frères ne se trouvait à Malines cette année. En effet, Lucas avait suivi l'archiduc Mathias en Autriche et, qui sait? peut-être convoyé le Saint Luc de Mabuse. Martin, on l'a vu, était à Anvers, et sa nomination par le magistrat, en qualité d'ancien de la gilde des peintres^, suppose un séjour préalable d'une certaine durée.
A quelle date s'e.xpatria-t-il de nouveau, et cette fois définitivement ? Il serait difficile de le dire. Une chose paraît vraisemblable, la réunion tout au moins temporaire de Lucas et de Martin à Francfort, où Martin finit ses jours. C'est qu'en effet il résulte de documents authentiques que, de 094 à 1597, Lucas travaillait à Francfort et fournissait des tableaux à l'archiduc Ernest '.
C'est dans la même ville qu'il entra en relations, à ce que l'on croit, avec Georges Hoefnagel. 11 est beaucoup plus vraisemblable que les deux artistes se connaissaient de longue date. Quoi qu'il en soit, la Galerie d'Oldenbourg possède de Lucas van Valckenborgh une Vue de Lin\'' dont il existe une reproduction dans le livre du chanoine Braun : Civitates orbis Terrarum, 1572-1618, tome V, avec les mots Effigiavit Lucas a Walkenburgh coniniunicavii Georgii Huffnagelius i5()4.
M. Fétis, qui mentionne cette planche, en cite une seconde du même ouvrage : le Lac de Gmunden.
A l'époque dont il s'agit, les relations de Lucas van Valckenborgh avec l'archiduc Mathias avaient pris fin. Plusieurs peintures, conservées aujourd'hui au musée du Belvédère proprement dit et dans la collection d'Ambras (Belvédère inférieur , attestent le talent du maître et l'admirable façon dont il répondit à l'attente du prince qui l'avait choisi pour son peintre. Waagen cite avec raison comme une de ses plus belles œuvres la Fête champêtre, datée de i585 ". (Ambras.)
Non moins admirable est la suite des Quatre Saisons du Belvédère, surtout l'Hiver ", daté de i586. L'Eté et l'Automne sont de i585; le Printemps de 087. Un Paysage
I. Les Artistes belges à Vctrangcr, tome II, pat;e i3(j. i8(J5. ■2. Catalogue de i883, n" 120.
3. Rombouts et van Lerius, les Liggercn, tome I"', page 281).
4. Fétis, loc. cit., et Coremans : Bulletin de la commission royale d'histoire, tome XIII (1847), page 85.