ARNOLD MYTENS
D'après la sravure de H. Hondiiis.
désir d'étudier l'anatomie du corps humain. Le père se rendit alors chez le premier bourgmestre, qui était de ses amis, pour aplanir les choses.
Arnold fit de bonne heure le voyage d'Italie et travailla beaucoup chez certain Antoine Santvoort", qu'on appelait à Rome « Antoine le Vert », faisant de nombreuses copies sur cuivre de l'image de Sainte- Marie-Majeure; il se lia aussi avec Jean Speeckaert'.
S'étant ensuite rendu à Naples, il y travailla chez un autre Flamand du nom de Corneille Pyp ^ 11 se maria et peignit alors de nombreux tableaux d'autel, des sujets de fantaisie et des portraits, le tout à l'huile et avec beaucoup de talent.
Plusieurs années s'écoulèrent de la sorte ; il vit ses élèves devenir des maîtres et ses œuvres se répandre dans les églises du royaume et ailleurs.
Étant devenu veuf, Arnold confia ses quatre enfants à leur grand'mère et vint revoir ses amis à Bruxelles et son père à La Haye''. A son retour à Naples, il épousa la veuve de son maître Corneille Pyp.
Ce fut vers cette époque qu'il peignit une Assomption de la Vierge entourée de nombreuses figures d'anges et des apôtres, le tout plus grand que nature; il se tira avec honneur de l'entreprise. Le tableau est dans une église voisine de Naples^.
11 peignit, pour Naples même, les Quatre Évangélistes, figures isolées*^.
Parmi ses tableaux d'autel, il y a à Saint-Louis, près du palais du vice-roi de Naples, un Martyre de sainte Catherine, où la roue est en feu, et où l'on voit un fragment de l'instrument du supplice venir frapper un des bourreaux.
L'habile peintre a extrêmement bien rendu la terreur du blessé qui s'enfuit en criant, et la stupeur des témoins de la scène, les uns à pied, les autres à cheval.
I. On ne sait absolument rien de ce peintre que la plupart des biographes confondent avec A. van Santvoort le graveur, oubliant que ce dernier travaillait à Bruxelles au milieu du xvii" siècle.
■1. Voir la biographie de cet artiste, tome I", page 270.
'i. Totalement inconnu dans l'histoire de l'art; nous ignorons s'il e'tait parent de Pierre P3'pe, beau-frère de van Mander, mort à Courtray en i58i. (Voyez tome 1^', page 8.)