‹ Le livre des peintres de Carel van Mander (volume 2)Chapitre 58 sur 213 · ARNOLD MYTENS S · texte numérisé non relu

ARNOLD MYTENS S

Dans la même église Saint-Louis, on voit de lui un autre tableau, Notre-Dame de Bon -Secours frappant à coups de bâton le diable qu'elle foule aux pieds ; il y a là aussi d'autres figures et des anges, le tout très bien traité'.

L'inconduite de la femme d'Arnold et des enfants de celle-ci donna lieu à une séparation, et le peintre s'établit alors avec ses enfants et ses élèves, travaillant avec ardeur et brossant plusieurs grandes toiles, entre autres V Adoration des Mages et la Circoncision, qui partirent pour Abruzzo. C'étaient d'excellentes peintures.

Plus tard, il alla lui-même s'établir avec ses enfants à Abruzzo et à Aquila, emportant une grande toile inachevée du Couronnement d'épines, un effet de nuit.

A Aquila, entre autres œuvres, il produisit une toile de dimensions extraordinaires, tapissant tout le fond d'une église. C'était un Crucifiement, composition de nombreuses figures, extrêmement bien agencée et peinte, quoique produite dans les conditions les plus défavorables avec l'emploi d'échelles, etc., une entreprise à faire reculer bien des artistes.

Revenu à Rome, il y termina le Couronnement d'épines cité plus haut et d'autres œuvres. 11 obtint alors la commande d'une grande peinture pour l'église neuve de Saint-Pierre et se promit de montrer ce que peut un artiste flamand.

Peu après avoir marié Tainée de ses filles, il mourut à Rome en 1602.

Le tableau du Couronnement d'épines dont il vient d'être question est encore à Amsterdam chez le peintre Bernard van Somer, le gendre de Mytens ^. (lest une page grandement peinte et essentiellement différente de la manière habituelle des Flamands.

1. Ces deux tableaux, que nous n'avons pu trouver à Naples, ne sont mentionne-s par aucun des écrivains qui s'occupent de la peinture en Italie. Nous n'avons même pu apprendre ce qu'e'tait l'e'glise Saint-Louis.

2. Il s'agit de Bernard van Sonier, admis comme élève chez Philippe Lisart, k Anvers, en i58S. Son frère, Paul van Somer (1576-1621), travailla beaucoup en Angleterre. Quant au tableau dont parle van Mander, il n'est signalé dans aucune collection hollandaise. Il importe d'ajouter qu'aucune des oeuvres inscrites sous le nom d'Arnold Mytens, dans le catalogue de Gérard Hoet, ne se rapporte à notre artiste. Sur les van Somer, voir ci-après, chapitre xliv.

Nous ne connaissons d'après Arnold .Mytens qu'une seule estampe : une Madone exécutée par Raphaël Sadeler.

Fin somme, Mytens fut un maître distingué, qui rendit les Italiens un peu plus réservés dans leurs propos en ce qui concerne Tinfériorité des Flamands dans la représentation de la figure. Il leur fournit de nombreuses occasions de se taire ou de parler de nous sur un ton moins dédaigneux.

JOSSE VAN WINGHEN

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