Nous avons dit qu'il y fut reçu bourgeois en
2. On ne doit pas confondre Salomon De Vries avec S(imon) Frisius, également originaire de Leeuwarden.
3. M. Schoy les Grands Architectes de la Renaissance au.v Pays-Bas, Bruxelles, iSyf'i, page 'm) évalue à .14 la série des li\ res de \'redeman De \'ries.
io8 LE LIVRE DES PEINTRES
Magnifique Entrée de monseigneur Frcinçoj's, fils de France, et frère unicque du roi ;sici en sa très renommée ville d'Anvers. Ici sont retracés les estrades et les chars composes par De Vries avec cette exubérance de contours et cette puissance de saillie qui, de même que chez Pierre Coeck, caractérisent le peintre.
La nature de ces travaux, de même que la destination des autres œuvres peintes par De Vries, nous explique assez la rareté actuelle des créations picturales du Frison. Entre tous, les travaux décoratifs sont les plus éphémères.
A proprement parler aussi, De Vries se range à peine parmi les peintres. Il eût de notre temps été qualifié décorateur, car telle est réellement la position qu'il occupe dans l'histoire de l'art. Les trompe-l'œil que l'on cite de lui sont avant tout le fait d'un habile perspecteur.
Les peintures encore conservées du maître paraissent être les suivantes :
Malines (église de Saint-Rombaut'. La partie architecturale du tableau de Michel Goxcie : la Circoncision (iSSq .
Hambourg imusée). Vue intérieure de la cathédrale d'Anvers, n° 196.
Dantzig (hôtel de ville). Peintures allégoriques.
Dantzig (Bourse (Artushof). Orphée.
Stuttgart (musée'. Intérieur de l'église d'Aix-la-Chapelle, n" 611.
Vienne (Belvédèrel. Intérieurs d'architectures, n»^ i3y5, i3j6, \'i~~, ilîjS et iSjg.
Hampton Court. Jésus-Christ che^ Marthe et Marie (i566i, n" 648.
Londres (D^ Robinson), cité par Immerseel : la Salutation angélique.
(Euvrcs citées par Hoet :
Le Triumvirat de Rome avec beaucoup de beaux édifices et de nombreuses figures. Haut., 4 pieds ; larg., 6 pieds 7 pouces. (Vendu 60 ti. à la vente Fierens, à La Haye, en 1743.1 Gérard Hoet, tome II, page io3.
Société de cavaliers et de dames. Haut., i pied 11 pouces ; larg., 3 pieds. (Vendu i3o B., en 1763, à la vente Lormier, à La Hâve.! Gérard Hoet, tome III, page 334.
Nous avons cité les principales suites ornementales créées par le maître. Des nomenclatures très étendues de son œuvre paraissent dans le Kiïnstler-Iexikon de Nagler et dans les Martres ornemanistes de D. Guilmard, page 480. Paris, 1880. Il faut observer, toutefois, que, pour dresser avec certitude la liste de l'ceuvrede De Vries, il importerait d'avoir sous les yeux les diverses éditions de ses recueils. Plusieurs de ces belles suites ont changé de titres en passant par les mains d'éditeurs successifs et il n'est pas rare de trouver des pièces transportées d'une suite à une autre.
De plus, il existe des copies de certaines œuvres de Vredeman De Vries. Ainsi la Bibliothèque rovale de Belgique possède une suite de copies en contre-partie fort remarquables, et certainement italiennes, du recueil de 1567 : Variarum protract ionum. Les ombres y sont renversées. Il manque dans les cartouches les textes religieux que Gérard De Jode avait fait inscrire dans les planches sorties de sa boutique.
De Vries n'a certainement pas gravé lui-niême. M. Schoy' a cru devoir lui attribuer
I. A. F. Schoy, les Architectes de la Renaissance aux Pays-Bas. 1876.
JEANFREDEMANDEVRIES 109
le monogramme IH. W. inscrit sur une planche du Theatriim vitœ humanœ ; cette marque est celle de Jean Wiericx.
A en juger par la manière de procéder, P. vander Borcht et les Huys, d'Anvers, ont pu participer à l'exécution de certaines planches mises au jour par Gérard De Jode et Jérôme Cock. Philippe Galle disposait de ses fils, mais, en général, les ateliers d'Anvers comptaient de nombreux et habiles praticiens, absolument aptes au genre de travail exigé par la publication des (ouvres de Jean le Frison.
Outre ses fils Paul et Salomon, Vredeman eut pour élève Henri van Steenwyck le Vieux, peintre d'intérieurs d'églises '.
La date de la mort du maître n'a pu être établie avec certitude. Immerzeel le t'ait mourir à Anvers en i588, mais la requête même qu'il adressait à l'Université de Leyde, en 1604, ne permet pas de croire qu'il fût rentré dans les Pavs-Bas catholiques, puisque Maurice de Nassau était son protecteur.
Nous avoqs sous les yeux une estampe représentant l'autel érigé à Stanislas Kostka dans l'église de Saint-André, à Rome. Elle porte les mots : Joahes Vries excu. — Rama' superiorum pennissii, lO'oh ; c'est un travail médiocre.
Ce Jean De Vries était-il parent de Vredeman ? On peut le croire. Il était à Rome déjà en 1600 et eut maille à partir avec la police à diverses reprises, comme nous l'apprend M. Bertolotti. Artisti Bclgi ed Olandesi a /?07;m, pages 228 et 265. Florence, i88o.i
Au mois d'août 16 12, il était encore dans la Ville éternelle et y exerçait la profession de graveur. Cette dernière année il fut même grièvement blessé à la jambe dans une rixe avec le graveur Sébastien Fulcaro.
I. Voir ci-dessus, chapitre xv. Il naquit k Stecn\v\ck en i35o et mourut à Francfort-sur-le-Mein en iljol-!. (Gwinner, Kunst und Künstler in Francfiirt, page 80.)
JEAN STRADANUS