Stradan finit efleclivement sa carrière en Italie
j!. L'e'pitaphe du maître à la Xim^iata de Florence, dit qu'il mourut le 4 des Nones de novembre, ■ — • c'est à dire le 2 novembre, — iGo5, ài^é de quatre-vint;t-deax ans. Il en résulte que Stradan naquit en 1.^2?. On va voir que cette date est absolument correcte.
4. Charles le Bon tut assassine- le premier vendredi du {^larème de 1127, par les vander Slraeteu qu'il avait contraints, en temps de famine, de vendre leur blé à prix raisonnable.
3. Raphaël Borghini (Il Riposo di Raffacllo ßorghini, Florence, 1584, page b-jcy, qui donna de Stradan une biographie dont plus d'un détail lui fut certainement communiqué par le maître luimême, assure que .Stradan eut d'abord les leçons de son père que, toutefois, il perdit à l'âge de dotize ;ms. Il eut ensuite pour professeur Maximilien Franco, c'est-à-dire Frans, né à Bruges vers 14(10, élève de .lean Prévost (i5o'J), et mort en 1547. (Weale, Beffroi, tome IV, pages 114, 97 et 20tj. > Il est clair que Stradan, s'il était venu au monde en i53(), n'aurait pu être l'élève d'un maître décédé en 1.^47. Borghini ajoute que Stradan fut ensuite à Anvers l'élève de Liinf;o Piero OUandcsc. Chose assez curieuse, personne ne s'est aperv'u que ce Lungj Piero, c'est Pierre .\ertssen, qui demeurait alors à
JEAN STRADANUS m
lie' et fit choix de Florence pour séjour. 11 y produisit nombre de belles choses tant à fresque qu'à l'huile -. Vasari trouva en lui un précieux collaborateur aux travaux dont il décorait le palais ducal et d'autres monuments, et Stradan devint ainsi un habile et excellent maître"'.
A Florence, pour l'église de la Nunziata, il a fait une grande et belle peinture, le Crucifiement, où les soldats trempent l'éponge dans le vinaigre^; composition qui a été reproduite en gravure^.
11 dessina pour le duc beaucoup de cartons de tapisserie, les Campagnes du duc Cosme'\ des Chasses'' très curieuses et d'une belle ordonnance, comme on peut le voir par les planches de Philippe Galle et d'autres graveurs.
On trouve en outre deux suites de la Passion ^ et plusieurs types de cheraux de différentes races''.
Anvers et, en effet, si nous ouvrons les Liggcrcn de Saint-Luc, nous y voyons figurer (Rombouts et van Lerius, tome I"'', page i51->) Hans vander Straten, peintre, rcv'u fianc-maitre en i545. 11 s'explique dès lors t'acileiiicnt que Stradan, comme le dit Borghini, a pu prodiiiie à Anvers de nombreux travaux malheureusement disparus ou attribue's à d'autres maîtres.
1. Selon Bori;hini, son se'jour chez Pierre Aertssen tut de trois ans; ensuite, d'après le même auteur, il se rendit à Lyon et travailla chez n Cornclio del Aia, peintre du roi Henri ». i\L Fètis {les Artistes belges à l'étranger, jHb-, tome I"', page i23) fait observer avec raison que ce Corneille n'est autre que Claude Corneille, tle La Haye, peintre des rois François L'', Henri 11, François II et (Lharles IX, mort à Lyon, ce qui est pleineiuent confirmé par les savantes recherches de M. Nalalis Rondot, avec cette restriction que le prénom de Claiule n'apparait dans aucun document ou il est question de l'artiste. {Les Artistes et les Alaitrcs de métier ayant travaillé à Lvon, Galette des Beaux- Arts. iS(S3. Tire à part chez Quantin.) Stradan partit ensuite pour Venise oii il travailla un temps sans maitie, et finalement pour Florence.
2. Il s'occupa plus particulièrement d'abord — toujours d'après Borghini, — de faire des cartons de tapisseries dijnt la fabrication était alors confiée à deux Flamands, les vandci' Roost. (Wauters, les Tapisseries bruxelloises, 1878, page i()4, et E. Mûntz, la Tapisserie. [Bibliothèque de l'enseignement des beaux arts, page 2J0.) Borghini donne même les sujets de ces tentures destinées au grand-duc Cosme : les Quatre Saison:^, le Char du soleil, VHistoire de Josué.
i. \'asari lui-iuéme {Ragionamenti del sig. Cav. G. ]'asari sopra le inventwne da lui depiute in Firen^e nel Pala^^o, etc., i58iS, page 1821 fait un grand éloge de Stradan et dit que sans son concoiu's et celui de Naldini et de Zucchi il n'aurait pu finir ses peintures du Palais ducal, in iina vta.
4. Il existe une réduction de cette peinture au musée des Offices, n" 43.
b. Par Philippe Galle.
'). Medica: familiœ gestarum. victuria' et triiimp'.u, suite gravée en i58'3 par Philippe Galle.
7. Venationes ferarum, avium, piscium, pug}ia', 104 pièces gravées par Philippe Galle, Goitzius, etc., avec des vers de Corneille Kilian, de Düffel.
8. I" Passio, mors et resurrectio D. .V. Jesu Christi, 20 planches petit in-4* par les Galle, les Wiericx, les CoUaert et G. de Passe. 2" Passio, mors et resurrectio D. .V. Jesu Christi, 41 pages y compris le titre. Voyez Alvin, les Wiericx, n" 1820.
M. Equile Joannis Austriaci Caroli W Imp. F. Titri^ et 38 planches gravées par Wiericx (.Alvin, i5f)o-i573), Philippe Galle et Henri Goltzius. (Bartsch, 2CJO-298.)
Il compléta le recueil des Actes des Apôtres, commencé par Heemskerck', et créa beaucoup d'autres choses bien faites pour nous donner la preuve de son entente de la composition, de l'exécution et des diverses parties de Tart.
En la présente année 1604, c'est un célibataire âgé de soixantequatorze ans'% digne membre de T Académie de dessin de Florence et dont la vie s'écoule exempte de soucis.
Et si quelque jour l'Italie ou l'Étrurie doit nous ravir sa dépouille, du moins la Flandre pourra-t-elle se faire gloire d'avoir donné le jour à un Brugeois dont les œuvres auront contribué à enrichir encore la parure florale de la belle Florence ^
COMMENTAIRE
Il s'en faut de beaucoup que Thistoire ait ratifié les éloges que van Mander, Vasari, Borghini et tant d'autres ont donnés à Stradan.
« Brouillé avec tout ce qui porte le nom de distinction, élégance, sentiment décoratif, dit M. Eug. Müntz [la Tapisserie, page 235', s'il s'inspira des modèles italiens contemporains, ce furent les plus défectueux de tous, ceux des décadents florentins, qui fixèrent le plus son attention.
« Le nombre des cartons composés par le Stradan est prodigieux ; mais nous n'osons même pas qualifier de facilité cette production effrénée. Rien de moins nourri que ses compositions, rien de plus pauvre, de plus vide. Les tapissiers de la manufacture ducale, eussent-ils conservé intactes les traditions des Rost et des Karcher, auraient été impuissants à réagir contre de telles tendances; à plus forte raison, étant donnés les procédés de plus en plus expéditifs qui, sur les bords de l'Arno comme sur ceux de l'Escaut, avaient remplacé l'ancienne minutie, cédèrent-ils sans scrupules au courant. On pourra juger de l'abaissement de la manufacture florentine, pendant le dernier tiers du xvi'' siècle, par les Chasses qui déshonorent plusieurs des palais royaux de la Toscane. »
Ce jugement sévère, et en grande partie justifié, ne doit pas cependant nous faire méconnaître la très réelle habileté de Stradan et son extraordinaire puissance créatrice. Comme le dit très bien notre éminent confrère, ce qui entache tout l'œuvre du maiti;e
1. AciJ Apostolonim a duobus pictoribiis Bclgis a Martina Heemskerckio ncmpe qui ea
inchoavercit et Joliaïute Stradjuo qui ea absolvit. Éditij par P. Galle et plus tard par N. J. Visscher.