Jeu de mots sur le nom de Razet, de rancit, rager
Sa P\)i robuste lui dit que Dieu n'oublie point
Et le constant Espoir lui montre après la présente une lueilleiire ^ .
Ketel peignit, en outre, pour Razet, deux petits tableaux : Tun d'une Vierge avec l'Enfant Jésus qui refuse le sein et se retourne vers la croix que lui apporte un ange ~ ; Tautre tableau, représentant un Christ assis sur une pierre près de deux anges ëplorés. Ce dernier fut cédé par Razet à De Jode et se trouve à présent à Anvers ^
Enfin, Ketel exécuta, sans le secours d'aucun outil, une figure d'homme de grandeur naturelle, ayant pour seul vêtement une peau de bœuf et tenant un marteau. C'est le Travail. Au-dessus du personnage planent deux enfants, dont l'un est le Génie et l'autre le Goût. Le Génie inspire l'idée de peindre des pieds et des mains sans ■ pinceaux. L'autre enfant, qui procède de la pensée, excite le pinceau à l'aide d'une plume et montre un miroir, donnant à entendre que pareille entreprise doit être réalisée par l'intelligence et la raison.
L'Amour, tenant une flamme de la main droite, semble pousser au travail, et de la main gauche il frappe le cœur d'une flèche d'or. L'Intelligence dirige le pied avec le concours de la vue, symbolisée par le miroir, attendu que l'Intelligence sans la Vision et la Vision sans l'Intelligence sont également impuissantes.
La Peinture, tenant sur ses genoux un panneau, et la main gauche armée de la palette, permet que l'Envie soit peinte du pied, laquelle Envie se ronge le cœur de dépit.
La Peinture a pour compagnes l'Application et la Patience, qui permettent de réaliser bien des choses par le concours du Temps, représenté ici avec son sablier d'une main et une faucille de l'autre. Le peintre explique son œuvre dans le poème suivant :
Où le Génie et le Goût excitent le cerveau, Où l'Amour intervient de ses traits de flamme Et l'Intelligence pousse l'homme.
L'impossible se montre possible.