‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 108 sur 218 · I. Bruxelles, 1862, page cclxxxiv · texte numérisé non relu

I. Bruxelles, 1862, page cclxxxiv

de ce musée, le paysage serait seul de la main de Joachim. Enfin, van Mander, dans sa Biographie de Josse van Gleve, parle d'une Vierge de ce maître, dont le fond était peint par Patenier.

Les tableaux de Patenier ne sont pas communs, et ceux qui sont authentiqués par une signature ne sont qu'au nombre de cinq. Ce sont : 1° la Fuite en Egypte^ au musée d'Anvers (n" 64) ; 2° le Baptême du Christ^ au Belvédère de Vienne (2<= étage, 2" salle, n°48), œuvre hors ligne; 3° la Tentation de saint Antoine^ au musée de Madrid (n° i523) ; 4° Saint Jérôme dans un paysage, à Carlsruhe (n° 144) ^ ; 5° un paysage avec Diane et Acte'on, au musée de Lille, signé du monogramme J^ ^.

A ces ouvrages viennent, par analogie, s'en rattacher d'autres. Un des plus beaux se trouve au musée de Darmstadt, la Vierge et l'Enfant Jésus dans un paysage animé de nombreuses figures (n° 192 du catalogue), et non moins remarquable est le C/?rz's^ en cro/x du palais Liechtenstein à Vienne (n° 1082 du catalogue de M.Jacob de Falke). Cette œuvre est également admise comme originale par M. Woermann.

Le musée de Madrid ne possède pas moins de sept tableaux du maître [n°^ iSig k i525). M. Woermann, après une étude attentive, n'en accepte sans réserve que quatre, les nos iSig et 1522-24.

Le musée de Harlem possède un paysage avec Y Histoire de Tobie (n» 9g), que M. Taure] a gravé dans son livre sur ÏArt chrétien en Hollande. Mais, encore une fois, l'œuvre est douteuse.

On s'explique assez, d'ailleurs, la prédilection des catalographes pour certaines données dans lesquelles devaient se complaire un talent de la nature de celui de Patenier. Les Galeries publiques nous montrent jusqu'à cinq représentations de la Fuite en Egypte, et M. Woermann en ajoute une sixième de la collection Bernstein, à Berlin. Le nombre des représentations du Repos en Egypte n'est pas moins considérable.

Saint Jérôme faisant pénitence au désert devait être un thème également favorable au développement d'un vaste paysage. La collection Liechtenstein nous offre un très beau spécimen de l'espèce sous la signature fausse de Quentin Metsys (n° io85).

Il ne nous paraît pas invraisemblable que parmi les belles eaux-fortes publiées par Jérôme Cock il s'en trouve dont l'invention émane de Joachim Patenier. On pourrait croire que les sites ont été empruntés à la pittoresque contrée où le peintre avait vu le jour.

Dans le catalogue de la collection Camberlyn, M. Guichardot attribue à Patenier un paysage, gravé à l'eau-forte, où l'on voit, au premier plan, deux léopards ^. Cette planche, du reste fort curieuse, est datée de 1543 ; c'est assez dire qu'elle est d'un autre maître. Ce maître serait Etienne Dupérac, d'après le supplément du catalogue de son œuvre, dans le Peintre-Graveur français de Robert-Dumesnil ''.

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