Van Mander dit, k V Errata, i
TOACHIMO DIONATENSI PIC TORI
'nos mter omnes nutla quod viuacws, Joacmme, tmaao rermtur
J^xprefja, auam vultus hii, non nmc modo Toftum efn'auoiC lilam Curty
In a-ra aeiitra infialt. altérant Jwt Quip non ttniet nunc a-mulam.
Sed auoa. tuam Durerus aamtrans rmurvnt^ 'Dum rura pnais, H cajas,
0«m exarauit m jtafm^ßfco tuos 'Vultus anenà cußnefe :
Qj*aj ifinulacus lineas,Je Curttus , S^aum yraïuit ceteros ■
JOACHIM PATENIER.
D'après Albert Dürer. — Gravure de Corneille Cort.
journées entières au cabaret, dépensant ses écus jusqu'au moment où, poussé par le besoin, il reprenait ses pinceaux productifs. Ce fut chez lui que vint faire son apprentissage François Mostert que, dans son ivresse, il chassait souvent avec colère, en sorte que Mostert, très désireux d'apprendre, eut beaucoup à souffrir'.
Albert Dürer, pendant le séjour qu'il fît à Anvers, étant un grand admirateur de la manière de Patenier, fit son portrait sur une ardoise ou peut-être sur une tablette à la pointe de cuivre, une œuvre excellente ^
On voit chez divers amateurs de très jolis paysages de Patenier. A Middelbourg, chez Melchior Wijntgis, le maître de la monnaie de Zélande, il y a de lui trois œuvres remarquables, l'une peuplée de petites figures, une bataille, si bien et si finement traitée, qu'aucune miniature ne l'emporte sur elle.
Lampsonius s'adresse à Joachim dans les termes suivants, sous un portrait fort bien gravé par Corneille Cort de Hoorn (qu'il nomme Curtius), d'après l'œuvre d'Albert Dürer :
Qu'entre tous ceux-ci il n'en est point
De plus animé dans Texpression de son visage, de sa nature,
Que toi, Joachim, ce n'est pas uniquement
Parce que la main de Curtius t'a gravé,
Cette main qui ne redoute point qu'on la surpasse ;
Mais parce que Dürer, ayant vu des paysages, des cabanes, des rochers
Peints par toi, et s'en étonnant fort.
Du stylet de cuivre sur l'ardoise lit ton image;
Ces traits, Cort les suivit, et de la sorte.
Tous autres, non seulement, mais lui-même surpassa 'K
1. M. Pinchart a t'ait observer avant nous (loc. cit.) que François IVIostaurt n'a pu être l'élève de Patenier, attendu qu'il ne fut reçu franc-maître de la gilde de Saint-Luc qu'en i553. Nous ajouterons qu'il n'e'tait probablement pas ne' à l'époque où son prétendu maître cessa de vivre.
2. Albert Dürer se lia, effectivement, avec Patenier et assista même le 5 mai i52i à ses noces avec Jeanne Nuyts. Le portrait dont il s'agit ne fut jamais gravé par Albert Dürer, bien que, sous le n° loS, Bartsch le range dans l'œuvre de ce maître. Mais il existe un fort beau portrait dessiné de Joachim par Albert Dürer et daté de i32i, au musée de Weimar. C'est probablement cette œuvre dont parle Durer dans son Journal de voyage : « Ich hab maister Joachim mit den Stifft contcrfct » : J'ai fait le portrait de maître Joachim, au crayon. (Thausing, Dürers Briefe Tagebücher, etc., page 233, note 26. Vienne, 1872.)
3. Joachim Patenier mourut à Anvers en 1.^24, puisque le 5 octobre de la même année, sa femme est déclarée veuve dans un acte cité plus loin.
JOACHIM PATENIER 195
COMMENTAIRE
Nous croyons ne pouvoir mieux faire que de transcrire le passage suivant des Notes dont M. Alexandre Pincliart a accompagné la traduction des Anciens Peintres flamands de MM. Crowe et Cavalcaselle ^ .
a Les investigations auxquelles M. le chevalier Léon de Burbure se livre avec tant d'ardeur, depuis plusieurs années, dans les archives communales d'Anvers, lui ont fait découvrir deux pièces où figure le nom de l'artiste né sur les bords de la Meuse. L'une est un acte du 3i mars i520 (iSig, vieux style), par lequel Joachim le Patinier, peintre, et sa femme, Françoise Buyst, achètent une maison située dans la courte rue de l'Hôpital. L'autre date du 5 octobre 1524; c'est l'acte d'aliénation de la même propriété par Jeanne Nuyts, veuve du même Joachim le Patinier, qualifié comme plus haut; elle est assistée de Quentin Massys, Charles Alaerts et Jean Buyst, tous peintres, et de trois autres personnes, intervenant à titre de tuteurs des enfants du défunt. Il ressort de ce •dernier document que maître Joachim avait eu de son premier mariage deux filles, Brigitte et Anne, et de sa seconde union, une autre fille nommée Pétronille. C'est donc aux noces de Jeanne Nuyts que Dürer assista. On peut désormais placer avec certitude la date du décès de Joachim de Patenier à l'année 1524, et dire qu'il ne mourut pas à un âge avancé. De ces documents il résulte encore que Henri de Palenier ^inscrit à la gilde de i535l n'est pas le fils de Joachim, puisque celui-ci ne laissa que des filles, et de plus l'impossibilité de compter au nombre des élèves de Joachim le peintre François Mostaert, qui ne fut reçu franc-maitre qu'en i553. Ces constatations nous portent à croire que van Mander a été induit en errelir, et qu'il faut peut-être attribuer à Henri de Patenier la plupart des particularités biographiques groupées dans l'article de Joachim. Quoi qu'il en soit, il y a évidemmeijt confusion entre les deux artistes. »
En ce qui concerne la dernière supposition, elle est d'autant plus fondée que, précisément, notre auteur dit à Verrata que Joachim est entré dans la gilde d'Anvers en i535 et non en i5i5, comme il l'avait avancé d'abord.
Les registres disent précisément « Herry » de Patenier, sous la date de i535.
Une place très importante revient à ce maitre dans l'histoire de l'art; il est incontestablement de ceux qui ont puissamment contribué au développement du paysage, pris ■comme genre spécial. Tous les auteurs sont d'accord sur ce point, et peut-être est-il permis de se demander s'il ne s'est pas associé, dans une certaine mesure, aux œuvres de Quentin Metsys, dont les paysages accidentés offrent plus d'une analogie avec ceux de son contemporain et ami.
Remarquons, au surplus, que l'idée d'une intervention de Patenier comme paysagiste dans les œuvres d'autres peintres doit être admise.
Le musée d'Anvers possède des portraits de van Orley, dont on assure que les fonds procèdent du pinceau de Patenier, et M. Éd. Fétis, dans son Catalogue du musée de Bruxelles, envisage également comme probable que, pour la Vierge de douleurs ^n° 48)