‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 125 sur 218 · JEAN DE M ABUSE · texte numérisé non relu

JEAN DE M ABUSE

sont déposés des fruits. L'exemplaire d'Anvers est un des bons, quoique très inférieur à celui de Douai. Si réellement une de ces œuvres émane de Mahuse, le prototype devait être très célèbre, et peut-être serions-nous en présence du portrait de la marquise de la Vere, tant loué par van Mander.

L,' Homme de douleurs du musée d'Anvers \n° i8i!, sisné Joannes Malbodius, a également une haute notoriété, et nous l'avons rencontré plusieurs fois en copies plus ou moins exactes, notamment au musée de Gand n" 621.

\S Adam et Eve de Hampton Court et le Portrait des Enfants de Christian II i'ur :nt également copiés nombre de fois, preuve évidente de Timportance attachée aux créations originales.

Le musée de Madrid in° i3851 possède une jolie petite Vierge dans un fond d'architecture, ceuvre offerte en présent à Philippe 11 par la ville de Louvain en i588, avec une inscription votive '.

Vasari, et après lui van Mander, font observer que Mabuse fut des premiers à introduire dans la peinture flamande les sujets mythologiques, ce c^ui est vrai. Le musée de Berlin possède un groupe de Neptune et Ampliitrite (n" 648), authentiqué par une signature : Joannes Malbodius, i5t0, et la Danaé \n" 633), de la Pinacothèque de Munich, porte la même signature avec la date : i^2y.

Un inventaire anversois de i585 fait mention d'une tigure d'Hercule, datée de i53o, et existant chez un amateur du nom de Bonaventure Michaeli-. C'est peut-être ce tableau que rappelle l'estampe en bois attribuée à Mabuse par Bartsch Vil, 54(j, n" 3i, et Passavant [lll-, 22i.

Comme portraitiste, outre les images déjà indiquées de Hampton Court, Gossaert est magnitiquement représenté à Paris par le Portrait de Jean Carondelet, daté de i5 17 (Louvre, n» 277, école flamande), à Londres par deux Po)-traits d'hommes (National Gallery, Foreign Schools, n"'' 656 et g86i.

Quant au portrait de Marguerite d'Autriche, — parfaitement authentique comme effigie, — du musée d'Anvers (n^ 184', il ne nous parait pas devoir être admis dans l'œuvre de Mabuse. Disons pourtant que le peintre fut chargé de certains travaux pour la gouvernante des Pavs-Bas, en i523 ■'. Il avait reçu mission, dès l'année i5i6, d'exécuter pour le jeune Charles d'Autriche le portrait d' Eleonore de Portugal ''.

Que la date de la mort de Mabuse n'est point absolument établie par l'inscription de son portrait, nous l'avons dit plus haut. M. van Even, à qui l'on doit beaucoup de renseignements précieux sur l'ancienne école néerlandaise, a trouvé dans les comptes de Louvain quelques indications sur la famille du peintre. Mabuse, qui avait épousé Marguerite De Molenaer, eut un fils, Pierre, et une fille, Gertrude, qui fut la femme d'un peintre louvaniste, Henri vander Heyden, lequel rejoignit son beau-père à Middelbourg après i53o.

I. Catalogue du uiuséi; de Madrid, et van Even, Histoire de l'Ancienne Ecole de Luuv.iin. •2. F". J. vanden Brande 1, Geschiedenis der Antwerpsclie Scliilder.icliool, page qj.

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