I.A FILLE DE J El' H TE
Par Fraiiçuis Crabbe, dit le maitre à rKcrcrisse. — Passavant, n» 26.
Marc Willems. — 11 y eut aussi un certain Marc Willems, élève de Michel Coxcie, qui fut l'auteur de beaucoup de belles choses', et peignit, notamment, pour Téglise de Saint-Rombaut, une Décollation de saint Jean. Le bourreau tenait la tête et la présentait au spectateur de telle manière qu'elle semblait sortir de la toile. On ne voyait qu'une partie du bras, en raccourci.
Willems dessinait beaucoup pour les peintres verriers, les tapissiers et les peintres. Il y avait de lui une Judith qui avait décapité Holopherne, figure de grandeur naturelle et très bien traitée.
Pour la Joyeuse entrée du roi Philippe, en 1549, il peignit, à Malines, un arc de triomphe avec un épisode de VHistoire de Didon, celui où elle coupe la peau de bœuf, etc.
Willems aimait à rendre service à ceux qui recouraient à lui, comme dessinateur ou pour tout autre motif, car il était d'un naturel très obliß-eant. 11 mourut en i56i.
Jacques De Poindre. ■ — ■ Jacques De Poindre était élève de Marc Willems, qui avait épousé sa sœur ; il était surtout bon portraitiste -•'. 11 était l'auteur d'un tableau d'autel du Crucifiement., dans lequel il avait introduit de nombreux portraits. Ayant fait un jour Teffigie de Pierre Andries, un capitaine anglais qui était un grand vantard, Jacques De Poindre se vit dans Timpossibilité d'obtenir le paiement de son travail. A bout de patience, il s'avisa de peindre à la détrempe des barreaux devant le personnage, de sorte que le capitaine se trouva comme en prison ; le portrait fut alors exposé aux refjards de la foule.
Apprenant ce qui se passait, le capitaine vint demander au peintre quelle espèce de maraud il était pour se permettre pareille chose. Jacques répondit que le personnage ne serait rendu à la liberté que
I. Né à Malines vers i.Vjj. On ne possède rien de lui. Waipole prétend, sans aucune preuve, qu'il travailla en Angleterre.
■2. Né à Malines en 1527. Il eut pour élève, en i55(), Guillaume De \'us dont van Dyck nous a laissé le portrait à l'eau-forte. On ne connaît jusqu'ici qu'une seule peinture de Jacques De Poindre, un Portrait d'évêqae, appartenant à M. le comte de la Béraudière. L'ieuvre est datée de ibù'i. (N'oyez le Courrier de l'Art, iSH'.\ page ■•>5i.)
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lorsqu'il aurait intégralement payé son portrait. Le capitaine finit par s'exécuter, en exigeant que la grille disparût ; ce qui fut fait sans peine à laide d'une éponge.
De Poindre a laissé beaucoup de bons portraits. Il a voyagé en Orient et en Danemark, et est mort en 1 170, ou vers cette époque.
Grégoirk Beerings. — Grégoire Beerings, autre Malinois et peintre à la détrempe '. Il excellait à peindre des ruines, ayant été à Rome. Se trouvant dans la ville éternelle et à court d'argent, il prit une toile sur laquelle il représenta un Déluge^ où l'on ne voyait autre chose que le ciel pluvieux et l'eau sur laquelle voguait l'arche. Quelqu'un lui ayant demandé ce que cela représentait, il répondit : « Le Déluge. — Mais où sont donc les hommes? lui dit-on. — Tous noyés; si l'eau baissait, vous les verriez, les seuls survivants sont dans l'arche. »
Tout le monde en voulut, et comme cela allait vite, l'escarcelle du peintre fut bientôt garnie.
Il mourut à Malines en iSyo-.
J'ai groupé ici quelques-uns des plus célèbres Malinois, laissant à part Coxcie^ et Bol'', dont il sera parlé plus au long. Pour les autres, ils ne se présentent peut-être pas dans un ordre rigoureusement chronologique, mais il me peinerait d'omettre quelque homme de valeur, alors même que Je ne serais en état de lui consacrer, faute de renseignements plus amples, qu'une notice de quelques lignes.
I. Beerings, Bcrincx, né à Malines vers i52Ô, agrégé à la gilde de Saint-Luc le 17 septembre i553.
ï. Sans doute en iSyS, car le i5 juin de cette année une messe est célébrée pour le repos de son àmc. lient des tils également peintres, Paul et Grégoire. On ne connaît aucune œuvre de Beerings qui peignait surtout à la détrempe.
On trouvera la généalogie des Beerings dans VHistoire de Li Peinture et de Li Sculpture ä Malines d'E. Neefs, tome I"', page 198.