‹ Le livre des peintres de Carel van ManderChapitre 141 sur 218 · Jean Bol. \'oyez sa biographie, tome II, chapitre xii · texte numérisé non relu

Jean Bol. \'oyez sa biographie, tome II, chapitre xii

JEAN MOSTART

PEINTRE

De même que, dans Tancienne Grèce, Sicyone était célèbre dans les arts, qu'en Italie, Florence et Rome eurent en partage un égal renom, de même, en Hollande, la noble ville de Harlem a eu de tout temps le privilège de donner le jour à un nombre extraordinaire de génies éminents dans la peinture. C'est là également que naquit Jean Mostart, issu de noble lignage.

Très jeune encore , il fut mis en apprentissage chez Jacques de Harlem, assez bon peintre et l'auteur du tableau de l'autel des Portefaix'.

Jean Mostart avait eu, parmi ses ancêtres, un guerrier auquel sa famille et lui devaient leur nom. Ce guerrier avait suivi l'empereur Frédéric et le comte Florent à la croisade et assisté à la prise de Damiette en Egypte, l'ancienne Péluse, et, dans l'ardeur du combat, avait rompu trois épées près de la garde. Cela fit dire qu'il était fort comme la moutarde [niostaart] et le nom lui resta '~. L'empereur et le comte lui conférèrent, pour lui et sa descendance, le droit de porter trois épées d'or sur champ de gueules.

Jean Mostart, qui n'était pas seulement bon peintre, mais un homme de manières distinguées, d'un commerce agréable, beau, élégant et courtois, fut tenu en haute estime par les grands comme par les petits. Grâce à ses qualités nombreuses^ il devint le peintre de Madame Marguerite, sœur du comte Philippe, premier du nom, roi d'Espagne, et le père de l'empereur Charles-Quint ''.

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