Catalogue Fétis, 5° édition, n
G. Voyez la biographie d'Hubert Goltzius, chapitre xlviii.
7. Voir la note de M. le chevalier de Burbure, tome I"''', page 277 des Lig^ercn de la gilde de Saint-Luc, publiés par MM. Rombouts et van Lerius.
Qu'est devenue l'œuvre ?
Dans l'inventaire manuscrit des peintures appartenant, en 1682, à Diego Duarte, marchand de tableaux à Amsterdam, nous rencontrons sous le nom de Moro « un très grand tableau d'autel qui se trouvait précédemment dans la chapelle de Notre-Dame (d'Anvers), étant les ligures et la perspective du temple, exécutées par le vieux (Vredemani de Vries sur un épais panneau; cadre doré ». Duarte ajoute: « M'a coûté 400 florins et en plus la restauration, soit 600 florins. «
Né probablement en i5i2, Ant. Moro, conformément aux dires de van Mander, accomplit sa cinquante-sixième année.
Nous avons dit plus haut que Philippe Mor van Dashorst, chanoine d'Utrecht, fut également peintre. Il paraît n'avoir guère mieux réussi sous ce rapport que sous aucun autre, car il perdit son canonicat, fut mis en curatelle et flnit par aller mourir à Tanger où il avait suivi l'armée de Don Sébastien de Portugal '.
Moro a laissé plusieurs portraits de lui-même. Le plus beau est dans la Galerie de lord Spencer. Il provoqua, à l'Exposition de Manchester, en 1857, un enthousiasme incomparable. Bürger et, plus tard, Charles Blanc, le proclamèrent égal à n'importe quelle œuvre du Titien. Le peintre s'est représenté vêtu d'un pourpoint noir à manches violettes; une chaîne d'or brille sur sa poitrine, il a l'épée au côté. Près de lui est un grand chien sur la tête duquel s'appuie la main gauche du personnage. Un autre portrait est au musée de Bâie. Moro flgure aussi dans la Galerie des portraits d'artistes au musée des Oflices; il existe de lui un portrait gravé dans le recueil de Hondius, enfin une belle médaille qui servit sans doute de modèle à l'auteur de la planche gravée-.
Moro a eu l'honneur d'être copié par deux des plus grands peintres : Titien et Rubens.
Crowe et Cavalcaselle révoquent en doute l'assertion de Madrazo que le portrait d'Isabelle de Portugal, femme de Charles V, que le Titien peignit pour l'empereur, était inspiré d'une peinture d'Antonio Moro. Nous trouvons pourtant dans l'inventaire de Duarte, dressé en 1682, parmi les œuvres du maître : « Isabelle de Portugal, femme de Charles V; provient du cabinet de l'empereur Rodolphe de Prague. » Cette origine n'a rien d'extraordinaire, car, en 1648, les Suédois emportèrent de Prague 363 tableaux''.
Dans l'inventaire des tableaux appartenant à Rubens, nous trouvons parmi les copies du maître deux Portraits du roi de Thunis irl, copiés par lui d'après Moro.
M. Raczynski donne place, dans son livre des Arts en Portugal, à un extrait des mémoires de Cyrillo, concernant un certain Christophe d'Utrecht, élève d'Antonio Moro et qui travailla à la cour de Portugal vers le milieu du xvi<= siècle. Il résulterait de cette note que le peintre en question flt de charmants petits tableaux qui lui furent généreusement payés, et qu'il reçut, en outre, la croix du Christ de Portugal. Il mourut en Portugal en iSSj, âgé de cinquante-neuf ans.