Les Arts en Portugal, page
8. Tableaux et Sculptures de Marie de Hongrie [Revue Universelle des Arts, i85(3, pages i 34-1 3 3). Tableaux et Sculptures de Charles-Quint (page 225).
périt dans l'incendie du Pardo de 1608, avait, ditCéan Bermudez, été peint en Flandre en 1557, à l'époque où le prince était de passage à Saint-Quentin, et nous avons relevé la même date sur un merveilleux portrait en pied du jeune Alexandre Farnèse, au musée de Parme.
Si nous suivons van Mander, nous voyons qu"après la conclusion de la paix entre l'Espagne et la France, c'est-à-dire en i55(j, Philippe II retourne à Madrid et y emmène son peintre.
Le départ du roi a lieu au mois d'août. En i558 la présence d'Antonio Moro est signalée à Utrecht par M. Kramm et, de la même année, datait le portrait de Jean Schoorel, l'ancien maître d'Antoine, qui faisait partie de la collection van der Marck, vendue à Amsterdam en 1773 ^.
M. Pinchart, dans un travail sur les Tableaux appartenant à Charles-Quint'^, cite une requête de Moro à Philippe 11 en faveur d'un rils qui était dans les ordres, et qui fut plus tard chanoine à Utrecht. La pièce est datée du mois d'avril i558 et, l'année suivante, au mois de juillet, « van Dashorst » est à Utrecht pour appuyer une demande de subside en faveur du même fils, subside destiné à lui faciliter « un voyage lointain ».
Le départ pour l'Espagne eut lieu au mois d'août suivant, et nous sommes, dès lors, autorisés à croire que le fils de Moro accompagna son père.
On a vu par suite de quelle algarade le séjour du peintre à Madrid fut très abrégé. Moro était sans doute revenu avant la fin de i56o, et l'on peut supposer que le portrait de lui-même et qui porte cette inscription : Ant. Monis Phi. Hisp. Régis. Pict. de Scorelio Pictori. A°. M. D. LX., fut peint à Utrecht. Cette effigie appartient à la Société des Antiquaires de Londres.
D'ailleurs, ce fut à Utrecht que le duc d'Albe alla chercher, pour l'attacher à son service, le peintre du roi d'Espagne. En 1564, il était dans sa ville natale (Kramm), et y faisait probablement le beau portrait d'homme du musée de La Haye •*. C'est également sous la date 1564 que fut peint le Portrait de jeune homme, portant au front une cicatrice, au musée du Belvédère à Vienne (2^ étage, salle III, n° 29I.
Une procuration délivrée à Anvers en i568, au nom de la fille de Moro, Elisabeth, et de son époux, Henri van der Horst, ci-devant avocat à la cour d'Utrccht '', donne à supposer qu'à cette date Moro était fixé à Anvers, et il y était certainement à demeure en 1572, car il fait alors inscrire un élève à la gilde de Saint-Luc : Guill. van V/yberghe. On s'explique ainsi qu'il put être chargé d'une commande pour l'église Notre-Dame. Joachim Beuckelaer était son auxiliaire à Anvers.
Le tableau du Christ ressuscité entre saint Pierre et saint Paul, décrit par van Mander, était, d'après Céan Bermudez, la plus grande des œuvres de Moro. Félibien
1. Le portrait de V Homme aux gants, par A. Moro, du inuse'e de Brunswick, n'est autre que l'effigie de Jean Schoorel, ce dont il est d'ailleurs facile de se convaincre par l'examen de la planche du recueil de Lampsonius.
2. Revue Universelle des Arts, iSdT), pages -225 et suivantes.
4. Vanden Branden, Gcschiedcnis der Antwcrpsche Schilder school, page 277.
rapporte que, de son temps, un entrepreneur gagna de l'argent en exhibant la toile à la foire de Saint-Germain, et qu'elle fut plus tard achetée par le prince de Condé. Bermudez appréciait le coloris de cette (cuvre, mais la trouvait sèche, et, si l'on en peut juger par une gravure des Annales du Musée de Landon', c'était un tableau de la plus froide symétrie.
Il est singulier qu'ayant été reproduite en 1807, à l'époque où elle était au Louvre, cette Résurrection soit aujourd'hui oubliée.
Quant à la copie de la Danaé du Titien, nous ne pensons pas nous tromper en l'identiBant avec une fort bonne toile qui fut exhibée dans quelques villes de France et de Belgique, entre autres, à Lille, à Bruxelles et à Anvers en 18-3, comme un original de l'illustre maître vénitien.
On disait, à cette époque, que l'œuvre venait d'être acquise pour la Russie, et que son possesseur était désireux d'atïecter le produit de l'exhibition à une œuvre de charité. En réalité la copie n'était point ordinaire, mais ne pouvait être confondue avec le merveilleux original du musée de Naples -.
Sous la date de i5j5 et non i5()5 comme le dit le catalogue), nous avons de Moro une merveille de peinture au musée du Belvédère''. C'est une dame tenant de la main gauche sa ceinture d'orfèvrerie. Les portraits des Del Rio au Louvre (collection Duchàteli '', d'Alexandre Farnèse à Parme, de Robert Dudley dans la Galerie Wallace, pourraient seuls supporter la comparaison avec cette page grandiose. Le vêtement noir fait ..lieux ressortir encore la délicatesse des chairs.
Le Portrait en buste d'Hubert Golt{ius, au musée de Bruxelles "', porte cette inscription qui en fait un monument de l'amitié du peintre et du modèle: Hubertus
GOLTZIUS HeKBIPOLITA VeNL0NU\NUS, CIVIS ROMANOS, HISTORICUS ET TOTIUS ANTIQUITATIS RESTAURATOR INSIGNIS AB ANTONIO MoRO, PhILHMM H HlSPANIARUM REGIS PICTORE AD VIVUM
DELiNEATus An. A- Chr. Nat. M.D.LXXVI. Ce portrait, peint dans l'espace d'une heure'', fut sans doute un des derniers de son auteur. On en trouve une très belle eau-forte dans la Sicilia et Magna Gra'cia de Hubert Goltzius (iSjbi.
Comme le dit van Mander, Moro travaillait à un tableau de la Circoncision, destiné à la cathédrale d'Anvers, lorsqu'il mourut. Demanda-t-on à un autre artiste de compléter l'œ'uvre ? Nous l'ignorons, mais il est aujourd'hui prouvé que la fabrique paya aux enfants du peintre une somme de vingt-cinq livres, pour la partie achevée. Ce payement est porté sur les comptes de la période i 576-1 578, et Moro y est mentionné comme décédé ".